‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 349 sur 1339 · Ibtd., p · texte numérisé non relu

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nerai les clefs du royaume des cieux ; » et pour qui connaît le langage de l'Écriture sainte, il n'est pas aisé d'imaginer l'expression d'un plus grand pouvoir confié par Dieu à un homme. Aussi ce symbole de la puissance remise entre les mains de Pierre accompagne-t-il communément la représentation du prince des apôtres.

La grande abbaye de Cluny, dédiée aux saints Pierre et Paul, se contentait de placer les clefs de saint Pierre et le glaive de saint Paul dans les sceaux* de sa congrégation.

Cela parlait suffisamment à tous les yeux, comme on le voit encore par ce contre-scel d'Etienne, abbé de Pouthières, vers 1270, dont le monastère avait pour patron le prince des apôtres. Les deux clefs avec une crosse faisaient entendre au premier venu qu'il s'agissait d'une abbaye placée sous lej vocable de saint Pierre.

Le but que nous nous proposons i n'exige pas plus de détails sur un sujet aussi populaire. Que s'il s'agissait de rédiger une monographie de saint Pierre, nous aurions à développer bien des observations sur le nombre, la forme, la couleur même des clefs que divers artistes ont cru devoir donner à saint Pierre, selon le symbolisme dont ils s'inspiraient. Mais il ne s'agit pas, dans un ouvrage général, de fermer la route à tout travail ultérieur. Ne cherchons donc point à dire tout ce qui pourrait être dit, et laissons les questions spéciales à ceux qui voudront les étudier isolément. D'ailleurs un livre comme celui-ci, où les détails ne sont peut-être que trop accumulés, gâterait comme à coup sûr les aperçus qu'il doit laisser aux soins d'hommes concentrés dans un sujet restreint. Si je ne me trompe, ce ne seront pas les gens habiles qui me reprocheront d'avoir accepté des limites , ils souriraient plutôt si je leur prêtais à croire qu'une demi-page va me suffire pour expédier pareille affaire.

Quant à ceux qui se seraient attendus à me voir éventrer tout débat iconographique, je ne puis être flatté de l'honneur qu'ils pensent me faire par cette confiance T.

Saint Jacques le Majeur, apôtre et patron de l'Espagne (Cf. Armic, p. 69; etc.). On le représente quelquefois avec des clefs à la main pour rappeler la prise de Coïmbre par le roi de Castille et de Léon Ferdinand I", au commencement du xi* siècle. Le récit en serait long, mais on peut le voir dans les historiens espagnols. Qu'il suffise de dire qu'un évoque étranger s'étant pris à penser que l'on faisait du saint un chevalier plutôt qu'un apôtre, saint Jacques lui apparut prêt à monter à cheval et tenant des

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