‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 350 sur 1339 · Matth. xvi · texte numérisé non relu

Matth. xvi

0. Cf. Recueil... de la Société de sphragistique, t. III, p. 157. 7. Aux lecteurs que ma déclaration désappointerait, je puis du moins indiquer le mémoire de M. le comte Aug. de Bastard Sur let

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clefs. En le quittant il dit : « Je vais à Coïmbre, que je livrerai demain au roi don Fernand1. »

Saint Servais, évèque de Tongres (Cf. Aigle, p. 24; etc.). Sa légende et même son époque sont sujettes à bien des

contestations. Mais on s'accorde à lui mettre en main une grosse clef*, comme dans le sceau de Maestricht que voici.

Que signifie réellement cette clef? C'est là que l'embarras commence. Ce peut bien être le symbole du pouvoir spirituel comme le glaive en main d'un évêque annonce le pouvoir temporel réuni à la dignité ecclésiastique. Mais pour saint Servais, il est tout à fait reçu que c'est le souvenir d'un fait historique qui lui serait propre, et non pas un simple emblème. La ville de Maestricht conserve encore une grande clef dont je vais donner la réduction d'après le P. A. Martin qui l'a dessinée sur les lieux.

A vrai dire , j'en ai vu à Liège une assez semblable dans l'église de Sainte-Croix, si je ne me trompe; et qui servait tout simplement au sacristain , sans que l'on parût prendre grand souci de son origine. A Maestricht, c'est une autre affaire. La clef de saint Servais passe pour rapportée de Rome par lui-même3, au retour d'un voyage où saint Pierre lui aurait fait connaître que la ville de Tongres allait être ruinée par les Huns. Dans le fait, le

Crosses (Éullttin du comité... des Arts..., t. IV), p. 882-886. — Alemanni, De lateranensibus parietinis, passim. — Buonarruoti, Vetri. — Pistolesi, Vaticano, t. II, 45. — Cenni, Sopra l' elezione di Martello in Patriiio dei Romani. — Boldetti, Cimiteri, p. 729, 731, 507. — Etc., etc. Ce qui n'empêche pas qu'un bon mémoire sur ce sujet ne puisse Être encore très-bien reçu, si l'on se donne la peine de le rédiger à loisir.

1. Ferreras, Synopsis historica... de Espafia, A. C. 10i5. — • Romancero gênerai, t. I, p. 491 (n° 749) :

c Cercada tiene  Coimbra Aquese buen rey Fernando, Siete afios durô el cerco,

renversement de cette cité fit transporter le siège épisccpal à Maestricht, d'où il passa ensuite à Liège. Mais des clefs analogues à celle-ci semblent avoir été

Que jamas le kubo quitado Porque el lugar es muy fuerte De muros bien torreado.

Un romero habia llegado Que viene de alla de Qrecia Al apostol Santiago.

Astiano habia por nombre, Obispo es intitulado.

Faciendo cstaba oracion Ante el apostol muy santo.

Astianos oyô decir Que el apostol Santiago Bntraba en las grandes lides Armado, y en un caballo A pelear con los Moros.

£1 obispo que le oyô

Mi y mucho le habia pesadj.

— Non le digais caballero, Pescador era llamado. —

Y con esta grdn porfia Dormido se habia quedado.

Santiago se le aparece Con Hâves en la su mano,

Y con muy alegre rostro Dijô : — Tu faces escarnio Por llamarme caballero.

Caballero soy de Cristo, Ayudador de Cristianos Contra el poder de los Moros.

Y con estas lia vos misrnas, Dijô, que llevo en mis inanus, Abriria yo el lugar Manana, el dia llegado.

Daréselo yo al rey

Que lo ha tenido cercado. —

Y en aquesta propia hora Al rpy la habia entregado «

données par les papes aux pèlerins de distinction, ou envoyées aux princes (comme à Recarède et à Charles Mar-

2. Messager des Sciences historiques... ( Gand ), 1851, p. 223-227.

3. AA. SS. Ataii, t. III, p. 212, 215. — Supplément à la Légende dorée ( Louvain, 1 485) : « Beatus Petrus clavem ei tradidit divinitu» fabricatam, quae usque liodie ostenditur in Trajecto. »

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tel ) en souvenir du tombeau de saint Pierre. Les témoignages n'en manquent pas dans l'histoire, il suffît d'avoir indiqué cette question que d'autres pourront traiter à loisir s'ils veulent.

Saint Germain, évêque de Paris-, 28 mai, 576. Une clef à la main. Ce pourrait être, comme les chaînes qu'on lui fait quelquefois tenir, pour exprimer la grâce qui lui fut donnée de délivrer les prisonniers malgré le refus de leurs gardiens ; mais un fait plus positif en rend mieux raison. Les historiens racontent que, trois ou quatre ans avant son épiscopat, il vit en songe un vieillard (saint Pierre sans doute) qui lui remit les clefs de Paris, annonçant qu'il était destiné à sauver cette ville'.

Saint Maurille, évêque d'Angers; 13 septembre, v° siècle. 11 est un des évoques que l'on représente avec des clefs sortant de la bouche (ou des ouïes) d'un poisson-, et ce n'est pas chose facile que d'en donner une bonne raison historique. Tel est, du reste, le récit des légendes pour celui-ci. Notre saint crut avoir manqué à son office de pasteur en laissant mourir sans baptême (d'autres disent sans confirmation) un enfant qu'on lui amenait durant des cérémonies publiques, et qu'il avait en conséquence différé d'admettre au sacrement. Il quitta donc son église, se reprochant cette faute; et passant la nier pour se retirer dans la solitude*, il jeta dans l'Océan les clefs de sa cathédrale (ou des reliquaires) par manière de renonciation irrévocable. Ceux qui s'étaient mis à sa recherche péchèrent durant leur voyage un poisson qui se trouva avoir avalé les clefs en question, si bien qu'on les trouva dans ses entrailles. Lorsque le saint fut rencontré, il eut beau dire qu'il s'était interdit tout retour, la vue de ses clefs lui persuada que Dieu l'absolvait de son engagement.

Launoy s'est donné carrière sur ces circonstances de la légende, pour dire que toute la vie du saint est sans valeur. Les Bollandistes conviennent que les Actes ont été interpolés, mais ne rejettent pas les autres circonstances qu'ils trouvent suffisamment établies. Le singulier retour même des clefs et du poisson dans l'histoire de plusieurs saints, annonce qu'il devait y avoir là-dessous une énigme dont nous avons perdu le mot;- mais qui, pour le peuple du haut moyen âge, présentait un sens généralement admis. Nous en reparlerons à l'occasion des faits analogues que ramènera le titre Poisson. Donnons cependant encore un autre saint évêque gratifié des mêmes caractéristiques, afin que l'on voie dès mainte-

nant le rôle que ces attribuls ont joué dans le symbolisme populaire vers le xi' siècle.

Saint Bennon, évêque deMeissenenSaxe; 16juin,il06'.

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