P. 4e Natalib., libr. V, cap. LttX
2. P. do Natalib., libr. VIII, cap. lxxv. — Proso (Renés nostros prcecingamtu), ap. Neale, Séquentiel :
i Slant parantes expectantes Nato, sacrum per lavacrum, Fidei caracterein ;
Dum ad horam facit moram Vir beatu», recens natus Pœnam eolvit veterem.
Sibi caaum yit adacribit) Bai judei, se proscribit,
Jdox per clavcs revocatur, Amissarum conseilla. Etc. •
Cf. AA. SS. Septembi ., t. IV, p. G7, sq. Je ne saurais dire quel rapport peut avoir avec nos clefs ou bagues repêchées, lVpéc (Durandal) de Charlemagno perdue dans l'Elbe et retrouvée par un pécheur. Mais la chanson de Doon de Mayence n'aurait-elle pas été Inspirée en ceci par quelque souvenir semblable à ceux que nos saints font connaître?
3. AA. SS. ./un., t. III, p. 150, 107, 108, 204. — Caltndar. benf dict., lOjun.
CLEF
Dans sa main un poisson et une clef; ou bien le poisson semble en train de dégorger une clef, tandis que sa bouche ou ses branchies paraissent en retenir une autre encore. Cf. Grenouille (crapaud).
On raconte aussi de lui qu'il avait quitté son siège épiscopal, se rendant à Rome pour éviter les persécutions de l'empereur Henri IV; et avait ordonné de jeter dans l'Elbe les clefs de sa cathédrale, lorsque Henri serait excommunié. A son retour il les retrouva engagées dans les ouïes d'un poisson.
On peut voir dès maintenant que ce signe, devenu mystérieux pour nous autres modernes , indiquait pour les gens d'autrefois une sorte d'appel au jugement de Jésus-Christ, et une interruption des solennités ecclésiastiques par suite de quelque chose comme l'interdit *.
Saint Hubert, évêque de Liège (Cf. Cerf, p. 18â, sv. ; Chien, p. 215; etc.) On lui donne quelquefois une clef qu'il est censé avoir reçu de saint Pierre à Rome, en visitant le tombeau du prince des apôtres. Là, dit-on , une clef d'or lui fut apportée du ciel pendant qu'il célébrait la messe, pour lui annoncer qu'il devait succéder à saint Lambert son maître, dont il ignorait encore le décès. J'espère que les Liégeois ne m'en voudront point si je propose de substituer aux détails de cette révélation, le fait d'une peinture symbolique qu'on aurait traduite en histoire lorsque la première intention s'était perdue peu à peu. La clef pourraitbien avoirsignifié d'abord, soit le pouvoir épiscopal tout simplement, mais reçu à Rome immédiatement de la main du pape, soit l'entrée de saint Hubert dans la série des évêques de Tongres et de Maestricht ; c'està-dire dans la succession de saint Servais, que nous avons vu caractérisé lui-même par cet attribut traditionnel. Quoi qu'il en soit, la clef demeure dans les emblèmes de saint Hubert; et l'on donne même ce nom à divers instruments qui, sans avoir guères la tournure d'une clef, s'emploient dans la chapelle du pèlerinage, pour cautériser les gens menacés d'hydrophobie *.
Saint Bénigne prêtre, apôtre de Dijon (Cf. Chien, p. 216).
On lui donne assez souvent une clef, peut-être pour indiquer la mission qu'il avait reçue d'évangéliser la Bourgogne. Cependant ses historiens ne semblent pas tenir à le présenter comme envoyé directement par le Saint-Siège ; il passe plutôt pour disciple de saint Polycarpe, et l'on expliquerait ainsi pourquoi il n'était pas revêtu de la dignité épiscopale s. Il venait donc quasi directement de l'Asie Mineure, sans avoir pris langue à Rome.
Saint Riquier , abbé du monastère qui a pris^ son nom dans le Ponthieu; 26 avril, 6Z|5. On le voit représenté avec deux clefs. Cela voulait-il dire primitivement qu'il avait donné la liberté à ses esclaves, et ouvert par ses largesses la porte des prisons à bien des captifs * ? Le fait est qu'on lui attribue une apparition de saint Pierre, dont je ne vois pas qu'il soit fait mention dans ses anciens biographes. Je serais assez porté à ne tirer de cette représentation que le souvenir d'un autel dédié par le saint au prince des apôtres dans son église de Centule B.
Une peinture murale de l'ancienne abbaye donne à la figure de saint Riquier cette inscription que je ne suis pas bien sûr de comprendre :
« Petripari... rutilans virtute Richari. a
Si par hasard l'on y a voulu dire qu'il a égalé saint Pierre en mérites, je suis obligé de confesser que je me l'explique encore moins. A la vérité Hariulfe et Alcuin, racontant un de ses miracles, rappellent la préservation de saint Pierre quand il enfonçait dans les eaux6. Partir de là pour le comparer au chef du collège apostolique, ce serait abuser énormément des licences que l'on accorde à l'art ou à la littérature pour embellir un sujet. Mettons néanmoins que l'on aura voulu dire : Il fut sauvé du péril que courut Pierre sur le lac de Tibériade.
En somme , les premiers historiens du fondateur de Centule nous renseignent assez peu sur le détail de son origine et de ses actions. Ce n'est sûrement pas chez eux qu'on l'a trouvé désigné comme comte de Ponthieu et membre de la maison mérovingienne : titres qui lui
t. Qui s'étonnerait de la forme étrange qu'aura ainsi revêtue un fait très-facile à rendre avec la plume, mais bien peu abordable au pinceau, pourra tout au plus se plaindre de ce que le peintre a voulu se substituer au narrateur. Mais cette prétention une fois constatée, qu'y faire? Nous savons, par exemple, qu'un artiste de Fulde avait traduit l'histoire du régime tyrannique de l'abbé Ratgaire (au ixe siècle), en peignant un troupeau qui fuit éperdu devant 'une licorne; et cela était compris, grâce aux souvenirs locaux. J'avoue cependant que c'est une méthode peu recommandable à l'avenir. Dans le passé, il ne s'agit que d'en tirer des inductions raisonnables.
i. Cf. Célestin, abbé de Saint-Hubert, Histoire de la vie de saint Hubert; et manière de faire la neuvaine. — It. Supplément ri la vie de saint Hubert. — Je ne sais si l'on n'avait pas l'intention de rappeler cette clef quelconque de saint Hubert, dans une prose (Gratuletur chorus iste) du Missel de Cologne ( 1520 ) :
■ Hune Lambertus instruebat, Hic instructus adimplebat Sui patris m on i ta.
Post hœc Romam est profectus, In doctrinis jam provectus Lamberti solertia.
Apostolos visitavit, Quibus suos mancipavit Actus et officia.
Tune Lamberti magnifici Mortem summo pontitiri Angélus aperuit,
Qui divino miraculo Cura pastorali baculo Eidem apparuit.
Moi defuncto aubrogatur, Et in ejus collocatur Hubertua regimine.
Hic Tungrorum plebem rexit. Etc. •