CLOU
L'Église grecque met saint Pantaléon au nombre des grands martyrs (sous le nom de Pantalèèmon) , et l'Allemagne le compte parmi les xiv saints que j'ai appelés Auxiliaires (p. 102) pour approcher du mot qui désigne ce groupe célèbre (Nolhhelfer) de l'autre côté du Rhin».
Saint Julien d'Émèse, médecin aussi comme le précédent; 6 février, sous Numérien. On lui enfonça un clou dans la tête pour le punir du courage avec lequel il était venu saluer l'évêque que l'on entraînait au supplice. Outre cet horrible genre de mort, le Ménologe grec semble dire qu'il avait eu les pieds et les mains cloués, comme préparation au dernier coup1.
Saint Philomène, martyr en Galatie; 29 novembre, sous Aurélien. Les pieds, les mains et la tête percés de clous ; et forcé de marcher en cet état devant un soldat qui le suivait en le frappant. Il expira après une course de trente stades franchis de la sorte 3.
Les SS. Claude, Astère et Néon; 29 octobre, sous Dioclétien. Cloués par les pieds et les mains à des poteaux 4.
Saint Gémeau (Gemellus) de Paphlagonie ; 10 décembre, sous Julien l'Apostat. On lui enfonça des clous dans |e crâne, et il fut écorché vif; mais il termina son martyre sur la croix ».
Un saint Épimaque, martyr, est indiqué par M. Helmsdœrfer comme tenant un clou dans sa main. Cette donnée, répétée après lui par d'autres, ne s'éclaircit pas davantage pour moi qui ne sais où en trouver la preuve. Si c'est le saint que les menées grecs mentionnent rapidement le 6 juillet, les Bollandistes n'y ont pas vu beaucoup plus clair que moi6.
Saint Quentln, apôtre du Vermandois (Cf. Chaise de torture, p. 193; Broche, p. 148). Quoi qu'il en soit des différentes manières dont on a représenté le martyre de ce saint, il est constant que bien des fois, et surtout dans la ville qui porte son nom, des clous se voient enfoncés
dans ses épaules7. Et quand le saint est peint en buste, c'est à peu près le moyen le plus sûr pour le reconnaître. J'en ai, du reste, parlé suffisamment sous d'autres titres. Il arrive aussi qu'on le voit ayant des clous enfoncés dans les oreilles et au sommet du crâne, sans compter ceux qui lui percent les bras et les cuisses, ou les alênes qui sont enfoncées sous ses ongles. Par allusion abrégée à cette affreuse torture, quelques-uns se sont bornés à lui faire tenir trois clous dans la main8.
Saint Agricole, martyr. Cf. Crucifiés.
Saint Ferréol et saint Fergeux (Ferreolus et Ferrulius, etc.) martyrs, apôtres de la Franche-Comté; 16 juin, v. 212. Le premier est généralement regardé comme un simple prêtre, quoique son épiscopat ne soit pas improbable; et le second était son diacre. On raconte qu'après avoir été flagellés, ils eurent la langue coupée. Puis on leur enfonça des alênes ou des clous dans les mains, les pieds, la poitrine et la tête9.
Saint Piat (Piaton) prêtre et martyr, apôtre du Tournaisis; 1" octobre, v. 287. On le peint souvent décapité; mais la tradition rapporte qu'on lui avait enfoncé de gros c)ous dans le corps, et ils se retrouvèrent dans sa tombe lorsque ses reliques furent mises au jour par les soins de saint Éloi ,0. On le donne pour envoyé par saint Denis de Paris, ce qui n'est pas fort clair. Cf. Tète.
Saint Dagorert II, roi d'Austrasie et martyr; 23 décembre, 679. On le représente tenant un clou. Dire bien au juste ce que veut dire cet instrument, et si la mort lui a été donnée de cette manière, c'est ce que je laisserai chercher aux Bollandistes , qui ont déjà traité magistralement l'époque des rois de ce nom. Celui-ci fut tué près de Stenay lorsqu'il semblait près d'en venir aux mains avec Thierry 111, roi de Neustrie. Le meurtre, attribué à Grimoald, fut regardé comme le résultat d'un complot tramé par Ébroïn ; mais il faut se rappeler que le moyen âge avait coutume de nommer martyrs ceux qui terminaient une vie pieuse par une mort injuste.
1. A ce propos, puisque je n'y ai pas songé précédemment, it semble utile de faire observer qu'un village près d'Iéna porto le nom de Vieriehn-Heiligen. Cette dénomination maintenue après le luthéranisme, pourrait mettre sur la voie du lieu où prit origine le culte des quatorze saints associés par la dévotion des vieux Allemands.