COLLINE. - COLOMBE
Saint Nonnose , prieur sur le mont Soracte ; 2 septembre , v. 560. On raconte qu'il déplaça un rocher pour dégager l'espace où son monastère avait besoin d'établir un jardin.
On lit quelque chose de semblable dans la vie de saint Grégoire le Thaumaturge, évêque de Néocésarée1; 17 novembre, v. 271. Mais je n'ai guère vu qu'on représentât ce fait, et je crois bien qu'un artiste y serait très-embarrassé.
COLOMBE
Noé. Cf. Barque, Coffre, etc.
Saint Grégoire le Grand, pape; 12 mars 604. Une colombe près de son oreille, et quelquefois posée sur son épaule. A vrai dire, les artistes n'ont pas été chiches de cet attribut, quand il s'est agi d'exprimer une intervention divine dans les paroles ou les écrits d'un saint. Si cela voulait dire ici que saint Grégoire le Grand soit le premier des docteurs de l'Église, il y aurait beaucoup d'exagération. Saint Grégoire est plus grand comme administrateur que comme écrivain, bien que le moyen âge le plaçât très-haut et que ses livres fussent regardés alors comme le manuel nécessaire des évêques. Du reste, sauf restriction, la grande sagesse et la piété de ses ouvrages ont été reconnues par tout ce qu'il y a eu de sensé dans la postérité.
Cette caractéristique repose moins sur un symbole que sur l'histoire, puisqu'elle remonte au témoignage de l'un des secrétaires de saint Grégoire *. Il rapporte qu'écrivant un jour sous la dictée du saint docteur qui était séparé de lui* par un rideau, il eut la curiosité de regarder ce qui se passait au delà du voile. Perçant alors le rideau avec le stylet qui lui servait à écrire, il aperçut que le saint semblait conseillé par une colombe qui s'approchait de son oreille. 11 ne faut donc pas s'étonner si cela se voit représenté de très-bonne heure.
Un trait fort semblable est raconté de saint Basile le Grand (1/t juin, 379), par saint Éphrem3. Mais je ne sache pas que les artistes aient jamais tiré parti de ce témoignage.
Saint Fabien, pape et martyr; 20 janvier, 250. On lui donne pour attribut l'épée, en signe de martyre, car il parait avoir été décapité; et une colombe qui plane sur sa tête. On assure qu'il fut élu pape d'après ce signe
Hilaihe de Poitiers dans un prétendu concile romain. J'en ai parlé ailleurs (J. Foucquet, Heurts d'Estienne Chevalier) à propos d'une ancienne miniature; et je ne crois pas devoir reproduire ici ce conte qui est trop évidemment l'œuvre d'un étourdi des temps passés. D'ailleurs, outre que le récit en question ne se rencontre plus guère dans les œuvres d'art, Je ne me suis pas imposé d'interpréter toutes les drôleries anciennes qui peuvent absolument se rapporter à mon sujet. Cf. Ëvéques.
1. Brev. roman., lect. IV : «Montem qui ecclesiae «diflcationem impediebat, oratione alio transtulit. » Cf. S. Greg. Nyss., Vita S. Gregorii Thaumat. Opp. (Parisiis, 1638), t. III, p. 650. Là, il semble que ce miracle ait été produit à la demande d'un prêtre païen qui voulait être bien renseigné sur la mission divine de
qui attira sur lui l'attention du peuple et du clergé *. Saint Grégoire VU, pape; 25 mai, 1085. Une colombe
posant sur son épaule8. En cela on peut le distinguer de saint Grégoire le Grand, pour lequel la colombe se soutient
l'évêque. Peut-être qu'à la longue on aura confondu l'édification de l'église spirituelle avec la construction d'un temple matériel. Mais le prodige lui-même n'en est pas moins avéré.
2. Joann. Diacon., Vita S. Greg., libr. IV, cap. lxix.— Cf. AA.SS. Maii, t. V, p. 322.