Oregor. Nyss., Vita Ephrem; opp., t. III, p
4. P. de Natalib., libr. II, cap. cv. Cf. Anguissola, Ephemerid., 1828, p. 61, sg. Hugues Rigault, qui ne faisait pas profession de trop pencher du côté des vieilles légendes, dit dans ses Autissiodo* remis ecclesiœ Fasti ( p. 22 ) :
c Ense périt sœvo Fabianus ; prœsul habenas Ut tractet summus, visa columba jubet. » 5; Calendar. benedict., 25 mai.
COLOMBE
ordinairement sur ses ailes , comme on vient de le voir dans le dessin que nous avons emprunté à Gioanni Angelico.
Saint Pierre de Morone (saint Pierre-Célestin), pape-, 19 mai, 1296. Je le trouve plusieurs fois peint avec une colombe près de son oreille. Serait-ce une manière d'expliquer, par le conseil de Dieu , son abdication de la papauté? Du reste, on raconte que le Saint-Esprit lui apparut sous cette forme.
Saint Ambroise, évoque de Milan (Cf. Abeilles, p. 19). Une colombe que Ton représente parfois près de lui, indique-t-elle la singularité de son élection à l'épiscopat ', ou l'inspiration divine qui se reconnaît dans ses écrits? Nous verrons, sous le titre Docteurs, que des symboles non moins étranges ont été donnés à plus d'un docteur latin par quelques artistes. Mais il faut convenir que la colombe n'est pas l'attribut ordinaire de celui-ci.
Saint Jean Chrysostome, évêque de Constantinople ; 27 janvier, 407. Une colombe voltigea, dit-on, sur sa tête, lorsqu'il reçut l'ordination. Que ce soit un fait réel, ou une manière de le montrer comme docteur comblé des dons de l'éloquence et de la sainteté , on peut dire que l'art ne s'en est guère emparé, même chez les Grecs.
Saint Augustin, évêque d'Hippone (Cf. Cœur, p. 234). En qualité de docteur, la colombe lui a été donnée parfois; mais c'est un symbolisme de mauvais aloi, si je ne me trompe, et certainement il n'est point populaire.
Saint Antonin , archevêque de Florence (Cf. Balances, p. 110), a été peint de même dans certains tableaux ; mais je ne sais si ce ne devrait pas être mis sur le compte d'un parti pris propre à quelque école particulière, car divers saints de l'ordre des Frères Prêcheurs ont reçu le même attribut*. Tels sont, entre autres, saint Thomas d'Aquin, saint Vincent-Ferrier, les Bienheureux Ambroise Sansédoni et Jacques Salomoni 3. L'emblème une fois admis, la légende le suit aisément par une pente trop naturelle pour n'être pas suspecte, quand le point de départ prête au doute.
Saint Hilaire, évêque d'Arles-, 5 mai, 449. Une colombe sur sa tête peut faire allusion au choix unanime (et comme inspiré) qui fut fait de lui, malgré sa jeunesse, pour remplacer sur la chaire épiscopale son maître saint Honorât. 11 est encore reçu aujourd'hui d'appeler élection par inspiration celle qui réunit d'emblée tous les suffrages; et il y a lieu de croire que ce langage ecclésiastique aura
1. On sait que ce choix Tut déterminé par l'acclamation d'un enfant qui, le voyant entrer dans l'église au moment de l'élection, s'écri» : «Ambroise, évêque! » — La prose sur les quatre docteurs latin* (Sancli vitu colombino), dans le ms. 132 d'Amiens, dit a propos du grand évêque de Milan :
i lofus te saDctum tesUtur. Etc. >
2. On serait tenté d'en dire autant pour les ailes qui n'ont pas été épargnées aux saints dans l'ordre de Saint-Dominique. Outre saint Thomas d'Aquin et saint Vinccnt-Ferricr, plus d'un bienheureux dominicain a reçu cet emblème qui risque ainsi de perdre sa valeur en se multipliant; et le spectateur y regarde a deux fois ou n'y re-
été jadis traduit par les artistes, à propos d'autres prélats encore. De là sera née aisément la similitude de plusieurs légendes établies sur ce fondement commun.
En outre, s'il a plu à divers peintres de désigner par la colombe un docteur de l'Église, bien que cela n'ait point passé comme chose généralement reçue, nous pourrions supposer avec quelque fondement que saint Hilaire d'Arles l'aurait empruntée à son homonyme du Poitou. 11 lui a bien dérobé quelque autre caractéristique, à ce qu'il paraît, comme les serpents chassés par saint Hilaire de Poitiers avec son bâton.
Quoi qu'il en soit, notre saint évêque d'Arles, tout homme de Dieu qu'il était, ne fut pas exempt d'exagération dans sa lutte avec le Saint-Siège; et montra contre les papes un peu de cette fougue qu' Hilaire de Poitiers réservait pour les princes protecteurs de l'hérésie.
Saint Sévère, évêque de Ravenne; 1er février, v. 390. La colombe qui se pose sur sa tête signifie-t-elle que, quoique ignorant et longtemps occupé du travail des mains, il montra dans ses discours une assistance habituelle du Saint-Esprit? ou bien est-ce un souvenir de l'unanimité singulière qui réunit tous les votes sur un simple tisserand pour l'élever au trône épiscopal? J'aimerais autant m' arrêter à cette interprétation, que de croire, avec les vieilles légendes , à la coutume locale d'une élection faite ordinairement par ce moyen*. Si les Ravennais eussent adopté cette manière de se donner un pasteur, il leur aurait fallu une charmante confiance en Dieu, ou une merveilleuse envie d'échapper à tout danger de mésintelligence dans leur choix. Mais cela dit, il ne faudra plus s'étonner si l'on rencontre maint évêque de Ravenne caractérisé de la même manière; comme, par exemple, saint Marcien (22 mai), saint Acapit (16 mars), saint Adérit (27 septembre), saint Marcellin (5 octobre), saint Procule (1er décembre). A plus forte raison pour saint Libère (29 avril), que plusieurs ont voulu donner comme le premier pontife de ce siège.
Saint Sévère, évêque de Césène (6 juillet, v* siècle), passe aussi en Romagne pour avoir été signalé de même aux électeurs ".
Les légendes celtiques n'ont pas épargné la colombe aux évoques de leur race. Ainsi saint David, du pays de Galles (Cf. Colline, p. 238) fut désigné, dit-on, aux suffrages par une colombe8 dans l'assemblée de ses compatriotes.
garde guère, s'il vient à y soupçonner la manière d'un atelier spécial qui aurait ses conventions adoptéos comme loi du lieu.