‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 40 sur 1339 · Première année (1844-45), deuxième partie, p · texte numérisé non relu

Première année (1844-45), deuxième partie, p

s'y sont-ils crus autorisés par l'usage qui avait prescrit de faire supporter les armes de France par deux anges. Mais là, on avait du moins le prétexte d'une légende qui faisait descendre du ciel les fleurs de lis après le baptême de Clovis(Cf. Armoiries). En conséquence, nous n'adopterons pas comme véritable attribut d'un saint, tout ange dont quelque peintre moderne l'aura gratifié.

Le roi David, agenouillé pour demander à Dieu la cessation du fléau qui faisaitpérir son'peuple, aperçoit un ange qui remet le glaive dans le fourreau ( I Paralip. xxi, 1-27).

Adam et Eve chassés du paradis terrestre par l'ange au glaive de feu, qui devait leur en interdire l'accès à l'avenir (Gen. m, 24). Il me sera bien permis à cette occasion de relever la remarque bizarre d'un historien moderne qui voit dans cette épée flamboyante l'âge des révolutions plutoniques sur notre globe !

Le prophète Habacuc. Cf. Pain.

Saint Pierre, apôtre, délivré de sa prison à Jérusalem, par un ange (Act. xh, 1-11). Cf. Clés, Croix, etc.

Saint Mathieu, évangéliste. Cf. Èvangèlisles.

Saint Dismas (nom présumé du Ron Larron). Cf. Croix. Le moyen âge représentait volontiers un ange recevant de la bouche d'un moribond l'âme prédestinée, ou le démon s' emparant, à la mort, d'une âme vouée au malheur éternel (Cf. Ame). La gravure ci-jointe, empruntée à la

Revue archéologique3, doit avoir été renversée par le copiste; car constamment le bon larron est à droite, et le mauvais à gauche. Quant au nom de Dismas, nous le donnons sans autre garantie qu'une tradition populaire conservée pieusement en Allemagne surtout4, et qu'expriment ces vers léonins du moyen âge au sujet du Calvaire :

« Imparibus meritis pendent tria corpora malis : Dismas, Gestasque, in medio sedet ima potestas; Gestas damnatur, Dismas super astra lcvatur5. »

Éoêques.

Saint Grégoire le Grand, pape; 12 mars, 604. Durant

4. Au fond cela remonte jusqu'à l'évangile apocryphe qui porto le nom de Nicodème. Cf. Thilo, p. 584, sqq.

5. Ces vers ont pris une forme quelque peu différente dans l'espèce

ANGES

une procession, pour obtenir la cessation de la peste à Rome, il voit un ange remettant l'épée dans le fourreau, et divers esprits célestes qui chantent dans les airs. On prétend qu'il faisait porter dans cette supplication publique l'image de Notre-Dame qui est honorée encore à Sainte-Marie-Majeure; et que l'ange qui rengainait son glaive apparut au sommet du môle d'Adrien, qui prit dès lors le nom de château Saint-Ange. Cf. Colombe, etc.

Saint Magloire, évêque de Dol; 24 octobre, v. 405. Communié en viatique par un ange qui vient lui annoncer sa mort prochaine. On rencontre plusieurs gravures où la représentation de ce fait a fini par se transformer en un ange recevant la communion de la main du saint ; ce sont des niaiseries d'artistes modernes qui reproduisaient étourdiment les légendes sans avoir pris la peine de les comprendre, et nous aurons encore plus d'une fois occasion de remarquer des bévues semblables.

Saint Séverin, évêque de Cologne; 23 octobre, v. 405. Un concert d'anges lui fait connaître la mort de saint Martin de Tours. Ce fait semble rappelé par le graduel delà messe du H novembre', mais saint Grégoire de Tours le raconte tout au long en ces termes1 : « Le bienheureux Séverin se trouvant au milieu de ses clercs un dimanche matin, à l'heure où saint Martin mourut, entendit une musique dans l'air. Appelant son archidiacre, il lui demanda s'il entendait les voix. Celui-ci répondit que non ; et quelque attention qu'il y mît, il ne parvenait à rien distinguer. Sans doute Dieu ne le trouvait point digrie de cette faveur. Alors le saint évêque et lui se prosternèrent pour demander au Ciel que cette merveille eût plus d'un témoin. Comme ils se relevaient, le saint vieillard lui demanda : Qu'entends-tu ? Ce sont, dit-il, des voix qui semblentvenir d'en haut, mais je n'y comprends rien. — Eh bien, je te l'expliquerai, reprit l'évêque. Monseigneur Martin vient de quitter le monde, et ce sont les anges qui l'emportent au paradis en chantant. Etc. ». Le souvenir en a été conservé dans la mémoire populaire par les proses de saint Martin 3 et de saint Séverin *.

Une autre circonstance dans la vie de saint Séverin n'a pas été beaucoup représentée, que je sache ; mais rappelons-la pour qu'elle soit comprise, si on la rencontrait dans

de prière employée jadis contre les larrons, et que l'abbé ïhiers taxait de superstition assez brusquement selon sa coutume :

• Imparibus mentis pendent tria corpora ramis; Dysma» et Gestas, média est d ivina potestas ; Alta petit Dysmas, infelix infinia Gestas. Nos et res nostras conservet summa potestas. Hos venus dicas ne tu furto tua perdas. >

1. Beatus vir sanctus Martinus, urbis Turonis episcopus, requievit; quem susceperunt Angeli atquo Arcliangeli, Tlironi, Dominationcs, et Virtutes.

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