‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 415 sur 1339 · COSTUMES ECCLÉSIASTIQUES · texte numérisé non relu

COSTUMES ECCLÉSIASTIQUES

beaucoup aux artistes qui, ne les ayant plus sous les yeux tous les jours , risquent fort de rendre un saint méconnaissable en choisissant mal à propos la forme ou la couleur de ses vêtements: Plus d'une fois ce sera le moyen de reconnaître un évêque entre bien d'autres; les prélats pris dans l'état régulier étant presque tou-

Saint Augustin terrassant Aristote.

jours peints avec l'habit de leur première profession sous la chape éjpiscopale. En voici un exemple (du xve siècle) sur

1. Cf. Sarnelli, Lett. eccles., t. VIIJ, lctt. xxm; et t. H, 'ett. xxvn.

2. Par exemple, dans le saint Benoit que l'on vient de voir (p. 254), les manches larges indiquent la coule (cuculla) qui ne se porte que dans les cérémonies ; et l'on voit sur ses épaules ce qui s'appelle en style monastique la patience, sorte de supplément au scapulairo, laquelle n'était guère usitée chez les Bénédictins que dans les provinces germaniques.

Si quelqu'un plus habile, ou plus près regardant que moi, voulait me faire quelque querelle à ce sujet, il peut consulter le Dictionnaire

lequel je reviendrai plus tard. Son utilité pour le moment se réduit à ceci : que le grand docteur d'Hippone y paraît vêtu de la robe des Augustins ; et c'est tout ce qu'il nous faut pour la question présente.

Il est d'ailleurs de droit ecclésiastique que ni l'épi— scopat, ni la dignité de cardinal ne dispensent un moine de la règle qu'il avait embrassée, toutes les fois qu'il s'agit d'obligations compatibles avec ses fonctions nouvelles. C'est pour cela, disent les canonistes, que l'habit (ou du moins la couleur) de leur Ordre les suit à la sortie du monastère, comme un souvenir persistant des observances qui continuent à les assujettir '. De là vient que les évêques réguliers ne portent pas le rochet, mais seulement la mozëtte, parce que le vêtement de leur Ordre est un habit de chœur.

Quant à la forme générale des habits religieux, on la trouvera communément indiquée dans les dessins joints à notre texte, qui en contient une certaine variété*. Pour la couleur, il peut absolument suffire de faire remarquer que dans l'ordre même de Saint-Benoît certaines branches (comme on dit) ont substitué le blanc au noir. Tels sont les Cisterciens, par exemple (mais avec le scapulaire noir), et les Camaldules; tandis que les Bénédictins proprement dits n'ont aucune partie blanche dans leurs vêtements extérieurs. Ce n'est pas qu'il en fût ainsi dès l'origine, où le noir paraît avoir été réservé pour le scapulaire3. Les moines irlandais de Saint-Colomban pouvaient en cela se confondre quelque peu avec les disciples de saint Benoît, bien que la règle fût tout autre4.

Les Franciscains de diverses branches sont un peu plus embarrassants; et pour donner une idée sommaire de ce qui les distingue, indiquons cette formule reçue en Italie : « Barbe et pièce (Capucins), pièce sans barbe (stricte observance, Zoccolanli, etc.), barbe sans pièce (Récollets), ni barbe ni pièce (Conventuels). » C'est-à-dire que pour deux de ces branches, une pieuse affectation de pauvreté exige quelque pièce, même dans le vêtement neuf. La ceinture de corde, plus ou moins grossière, est commune à tous; au lieu de cette lanière de cuir qu'on avait employée ailleurs jusque-là. Le reste s'entend assez, ou nécessiterait une énumération de particularités qu'on n'a pas le droit de demandera ce livre. Ainsi les diverses nuances de gris ou de brun clair, le collet ou pèlerine, le capuchon, etc., varient plus ou moins selon les groupes. Il va sans dire que le capuchon le plus grand est celui des Capucins, qui en ont reçu leur nom".

de Trévoux (V. Coule et Froc) ; sans compter les auteurs auxquels ce livre renvoie, et les Bollandistes qui n'ont pas laissé que d'eu parler avec des monuments à l'appui.

3. Cf. Hélyot, liist. des Ordres monastiques, t. V, p. 12, etc.

4. Cf. Longueval, Histoire de l'Église gallicane, t. III, p. 289; t. IV, p. 138, 120. — AA. SS. Mari., t. II, p. 577.

5. C'est pourquoi saint François d'Assise, même chez les siens, est peint de diverses manières; chacun le tirant à soi de son mieux. Cf. Hélyot, loc. cit., t. VII, p. 35-37.

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