COSTUMES ECCLÉSIASTIQUES
11 peut être bon cependant de faire observer que le capuchon quelconque n'est entré dans le costume de presque tous les ordres religieux, qu'à l'imitation d'un vieil usage répandu surtout parmi les indigents. Nos relations récentes avec des peuples arabes nous l'ont fait reprendre (dans le caban) après un long oubli; mais les campagnards n'en avaient pas laissé tomber entièrement l'usage. C'est donc assez gratuitement que certains antiquaires ont cru voir des satires contre les moines dans toutes les sculptures d'églises où ils trouvaient quelque personnage encapuchonné jouant un rôle plus ou moins bizarre. Saint Bonaventure semblait deviner d'avance cette bévue assez commune au xixe siècle, quand il recommandait à ses novices de ne pas donner à leur capuce une certaine tournure qui les ferait confondre avec des séculiers1.
Dans la figure de saint François d'Assise qui sera donnée au mot Croix, nous avons fait copier une peinture de Giunta qu'il exécutait vers 1230. On peut donc y voir un renseignement historique à peu près certain sur la forme et la couleur primitives du costume. Le vêtement y est bis foncé. D'ailleurs le cardinal GarampP fait observer que saint François porta des vêtements gris, cendré ou bis: et l'on voit bien des peintures du xiii" siècle, où il est vêtu d'étoffe gris cendré noirâtre.
Pour les évêques, il y aurait fort à dire au sujet des ornements qui leur sont propres, et surtout de ceux qui indiquent leur juridiction locale. 11 est tout à fait reçu en droit canon, que la mozette ne peut être portée par l'évêque hors de son territoire, s'il n'y est autorisé par l'Ordinaire du lieu. Auquel cas il doit couvrir son rochet avec le manlellello3. Quant à ceux qui la portent aujourd'hui, même sans être évoques, j'aime à croire qu'ils possèdent à ce sujet une concession papale dont je ne suis pas chargé de vérifier les titres.
La oappa magna des cardinaux, beaucoup plus ample que le camail proprement dit, a d'ailleurs un large capuchon, fourré d'hermine pendant la saison des froids. Ce vêtement est rouge, sauf certaines circonstances que je laisse apprécier aux liturgistes; quoique, faute d'être complet, je pourrais bien induire en erreur quelques artistes. Mais on ne peut pas absolument tout dire dans un livre comme celui-ci. Qu'il suffise d'avoir déterminé les points culminants. Cf. Religieux.
Vouloir pousser plus loin les spécifications, ce sérail prétendre substituer quelques pages à des livres tout
entiers qui traitent celte matière. Si Bonannî, Hélyot, et autres, dans leurs ouvrages ad hoc avec texte et plan-
Saitit Kplirem.
ches, ne satisfont pas à toutes les questions curieuses
I. Spéculum ditciplinm, cap. xxv: «... verhi grntia, si rapntiicollarinm quadam in gyro replicatione, ju tla mundanorum consuetudinem coaptelur; aut curiose ipsum replicetur caputium circa gênas. » Ce peut < tre par suite de cet avis que 1rs capucins ont simplifie fin • sertinn du rapuce sur la robe; tandis que chez les récolleta on aperçoit quelque chose comme ce tour de cou qui déplaisait à saint Bonaventure.
Dj reste l'intention des premiers fondateur* d'Ordres parait bien avoir été de donner à leurs disciples le vêtement des pnuvres du
pays. Cf. Labus, Fasti, t. I, p. id'2-KH; et l. Il, p. 303. — Hélyot, /. c, t. I, 58-01. C'est re qui aura dés lors donné au capuchon, ou même au froc, une extension géographique si considérable. Car une forme d'habit trés-approrhnnte servait dés l'antiquité en Syrie aussi bien que dans les Gaules. Les matelots de la Méditerranée avaient dès lors quelque chose comme le paletot on le caban. C.'esi même de làquenouscst vcnulc mot paltoquet, pareequcl'on écrivait paletoc.