‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 459 sur 1339 · ttreviar., 13 novemb., lect. vi · texte numérisé non relu

ttreviar., 13 novemb., lect. vi

Le bienheureux Laurent de Brindes (Cf. Apparitions de l'enfant Jésus, p. 55), comme saint Jacques de la Marche et autres, tient souvent une croix qui exprime ses travaux apostoliques parmi les troupes levées contre le mahométisme ou l'hérésie armée.

Sainte Thecle d'Icomum, vierge et martyre ; 2 4 septembre, temps apostoliques. Les Grecs la qualifient de protomartyre comme saint Etienne, quoiqu'elle n'ait pas été atteinte par les toitures auxquelles on l'exposa ; mais elle est regardée comme la première femme qui ait confessé Jésus-Christ au milieu des supplices. Aussi l'Église mentionne-t-elle la générosité de cette grande àme et le secours qui lui fut donné, quand elle appelle Dieu à l'aide des mourants 4. La petite croix qu'elle porte souvent pourrait bien indiquer qu'elle a été la première de son sexe à marcher sur les traces sanglantes de Notre- Seigneur.

Sainte Eulalie de Barcelone, vierge martyre ; 12 février, sous Dioclétien. Elle se distingue surtout de son homonyme martyrisée à Mérida, en ce qu'on la représente tenant une croix (qui a souvent la forme d'un sautoir) pour rappeler le supplice qui termina sa vie. Sainte Eulalie de Mérida, au contraire, mourut sur le chevalet après avoir eu la chair déchirée par les ongles de fer, puis brûlée avec des torches qui enflammèrent sa chevelure (Cf. Colombe, p. 243).

Sainte Léocadie. Cf. Fouet, etc.

Sainte Vénère , vierge et martyre (Cf. Chaudière, p. 216; Couronne, p. 208). Une croix en sa main annonce qu'elle avait prêché l'Évangile avant de confirmer son témoignage par sa mort '.

Sainte Justine, vierge et martyre de Nicomédie ; 26 septembre, 304. La petite croix qu'on lui met parfois à la main rappelle que Cyprien (magicien d'Antioche) épuisa en vain tous ses sortilèges pour lui faire abandonner la virginité. Le démon fut même forcé d'avouer à son adepte que toutes les ruses infernales ne peuvent rien contre qui s'abrite sous la croix de Jésus-Christ. En conséquence, Cyprien lui-même embrassa le christianisme, et souffrit le martyre avec celle qu'il avait voulu dévoyer*.

Sainte Marguerite d'Antioche (Cf. Ceinture, p. 181). Tenant entre ses deux mains une petite croix. Cet attribut sera mieux expliqué au mot Dragon.

Sainte Julie, vierge et martyre (Cf. Colombe, p. 143, etc.). La croix est le signe de son supplice.

Sainte Hélène, mère de Constantin (Cf. Clou, p. 233). La grande croix qu'elle semble arborer en la tenant droite,

3. ttreviar., 19 octobr., lect. vi. Cf. AA. bS. Octobr., t. Mil, p. 62i, sq. ; 058; CCI, sqq.; 702, sqq.; 708, 780.

4. Ordo commendalionis animât*,» Sicut beutissimam Therlam virgincm et martyrem tuam de tribus atrocissiniH turnici.tis libtirnsti, sic lilierarcdigneris aniinain hujus servi lui, et tecum facias in bonis congaudere orlestibus. »

5. Cf. Martinov., Ann. eccles. grœco-slavic, "28 oclobr., etc. 0. Cf. AA. SS. Septembr., t. Ml, p. 105, sqq.

CROIX EN MAIN

rappelle que nous lui devons la découverte de la vraie croix ; fait à jamais célèbre que l'Église rappelle chaque année le troisième jourdu moisde mai1. Aussi, recourt-on à la pieuse impératrice, en certains pays, pour retrouver les choses perdues.

Cependant nos aïeux préféraient peindre sainte Hélène agenouillée avec bonheur devant la sainte croix, après qu'on eut réussi à reconnaître ce bois sacré par les miracles qu'il produisit dès sa découverte.

Les fécits anciens, retracés par la vieille gravure que j'ai fait copier ici, disent que les trois croix du Calvaire furent trouvées ensemble dans la tranchée faite par ordre de l'impératrice d'après les données des témoins qui répondaient du lieu de l'enfouissement. Rien n'indiquant d'une façon bien nette quelle était celle du Rédempteur, on les apporta près d'une malade désespérée des médecins; et sa guérison, par l'application de l'une d'elles, fut prise comme arrêt de Dieu pour l'authenticité de la- grande relique cherchée par sainte Hélène s.

Sainte Marcelline sœur de saint Ambroise, vierge ; 17 juillet, 397. Une petite croix dans sa main peut avoir été empruntée à l'usage grec qui caractérise ainsi les personnes consacrées à Dieu , et une vie occupée de méditation et de pénitence (Cf. ci-dessus, p. 278, sv.). Elle avait reçu du pape Libère le voile des vierges à la fête de Noël 352, et fit l'éducation de ses deux frères qui sont honorés comme saints par l'Église. Plus tard retirée à Milan, elle devint la maîtresse des nombreuses vierges que les exhortations de saint Ambroise arrachaient au monde 3.

Une sainte Perpétue, sur laquelle nous manquons de renseignements, est citée par divers auteurs comme fondatrice des religieuses primitives de Saint-Augustin \ La règle attribuée à ce Père semble désigner la sainte sous le nom de sa soeur. C'est tout ce que nous en pouvons

dire, et le costume qu'on lui attribue semble un peu fait d'imagination ; mais la croix qu'on lui met parfois à la main est l'expression symbolique d'un fait rappelé précédemment à propos de sainte Marcelline.

Sainte Radegonde, reine de France (Cf. Apparitions de Noire-Seigneur, p. 55). Une croix qu'elle porte souvent, est le mémorial de la célèbre relique qui fit donner le nom de Sainte-Croix à la communauté de la pieuse reine dans la ville de Poitiers ; et pour laquelle semble avoir été faite l'hymne Vexilla Régis prodeunt, que l'Église a conservée dans ses offices.

Sainte Catherine de Sienne. Cf. Chapelet, p. 201 ; Stigmates, etc.

Sainte Marguerite de Cortone , pénitente (Cf. Chien, p. 218). La croix dans sa main ne rappelle pas seulement la profession qu'elle fit de pleurer ses péchés dès qu'elle fut revenue à Dieu, mais les grâces extraordinaires qu'elle reçut fréquemment en méditant la Passion de Jésus-Christ.

Sainte Madeleine dei Pazzi, carmélite (Cf. Banderole, p. 114; Cœur, etc.), embrassant une croix, ou recevant de Notre-heigneur les instruments de la Passion comme un merveilleux remède contre les attaques de l'enfer. On a vu d'ailleurs quelle était son ardeur à rechercher toute espèce de souffrances.

3° Saints crucifiés.

Le bon larron, généralement nommé saint Dismas (Cf. Anges, p. 35, etc.). Lorsqu'on le représente mourant près de Notre-Seigneur, on le met constamment à sa droite s. Plus d'une fois l'on a joint aux ressources des arts du dessin les paroles écrites, pour faire mieux entendre l'heu-

reuse impulsion de la grâce divine qui transforma subitement un supplicié en un patron de la bonne mort. Callot, par exemple, trace sur les lèvres de Dismas mourant la prière rapportée par saint Luc :

« Seigneur, souvenez vous de moi quand vous serez dans votre royaume; » et le Fils de Dieu oublie un instant ses propres douleurs pour lui répondre : « Sache que dès aujourd'hui tu seras

Page 1