Revue archéologique, 1" année (I8t4-t5), p. 462, svv
4. Cf. Brautii Marturolog. poeticum ( 8 oct. ). — Hagiologiinn Italie. (Bassano, 1773), t. II, p. 22 1. Etc.
Lièvre, à Bethléem.
à Venise une pierre où était restée l'empreinle de ses genoux depuis qu'elle s'y était prosternée en fuyant les poursuites du gouverneur, qui la recherchait* pour ses richesses et sa beauté.
Le lièvre, comme symbole de fécondité naturelle, et même de lubricité, a été pris par certains admirateurs de Raphaël pour une invention de ce grand maître, lorsqu'il a placé un lièvre ou un lapin sous les pieds d'Adam et Eve; afin, dit-on, de donner à entendre la parole duCréateur : « Croissez et multipliez5. » Mais l'antiquité avait
déjà considéré cet animal comme un attribut de Vénus, et les vieux graveurs sur bois antérieurs à Raphaël mettent plus d'une fois le lapin ou le lièvre sous les pieds des vierges, pour exprimer la victoire qu'elles ont remportée sur les tentations de la chair.
L'admirable artiste d'Urbin ne faisait donc ici, comme en bien d'autres cas, que recueillir les traditions de ses prédécesseurs. Les portes de bronze qui décoraient la basilique de Saint-Paul-hors-des- Murs, à Rome, avant le grand incendie de 1823, et qui passent pour avoir été exécutées à Constantinople vers 1070, ont fait figurer cet animal à l'étable de Bethléem (i xpia«s •ftmmj). On y voyait la sainte Vierge couchée, comme le moyen âge la représente constamment dans cette circonstance; mais de la main droite elle chasse un lièvre ou un lapin, qui s'enfuit tout effaré, pour faire comprendre au spectateur que la fécondité naturelle n'a rien à faire ici8.
Le P. A. Martin, dans nos Mélanges d' Archéologie1, a montré l'emploi des animaux emblématiques comme ex-