‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 6 sur 1339 · ABEILLES. — AGNEAU · texte numérisé non relu

ABEILLES. — AGNEAU

un grave témoignage contemporain, il y aurait lieu de soupçonner que c'est d'un côté comme de l'autre une allusion à la douceur du langage (le tout en fables plus ou moins helléniques) ; le chant des poètes ayant été comparé jadis au miel des abeilles1. Cette expression a dû surtout se maintenir dans la Grèce chrétienne, où nous voyons saint Basile le Grand (de Néocésarée) nommé par les auteurs de son office : « Divine abeille de l'Église1. » Mais il semble que l'Occident latin, peutêtre avec ses souvenirs classiques, aura volontiers employé la même figure, puisque le même récit a été fait au sujet de saint Isidore de Séville [k avril, 636). Là, si ce n'est plus précisément l'éloquence que l'on a voulu symboliser, ce sera le travail infatigable qui butine partout diligemment. Car les compilations laborieuses de ce saint ont été l'encyclopédie de nos écoles au moyen âge. La liturgie latine revient volontiers sur cette activité de l'industrieuse abeille 3 : et c'est probablement ce qui faisait dire au poète Arator que les petites créatures ont reçu en partage la finesse empressée, comme supplément de la force*. Saint Grégoire de Nysse, dans son panégyrique de saint Éphrem , recourait à la même image littéraire pour annoncer que les documents de cet éloge avaient été réunis avec le plus grand soin.

Au surplus, je ne vois pas que cette façon de peindre le docteur d'Espagne ait obtenu fort grand crédit parmi les artistes5; et c'est fort bien fait, car son moindre inconvénient serait de le faire confondre avec le docteur de Milan.

Quant à ce dernier, nous le retrouverons encore aux mots Fouet, Docteurs, etc.

Saint Jean Chhysostome, évêque de Constantinople ; 27 janv. 409. M. Helmsdœrfer dit qu'on trouve ce saint avec une ruche et des abeilles à ses côtés. Si ce n'était le nom de saint Ambroise qui fait songer à Yambroisie, le docteur grec pourrait, sans doute, lui disputer le symbole du doux parler ; mais , j'ignore tout à fait le fondement historique de cette attribution, qui doit être au moins fort rare, car il ne m'est pas encore arrivé d'en rencontrer un exemple.

Saint Bernard, abbé de Clairvaux; 20 août, 1153. On lui donne parfois une ruche, comme allusion, sans doute, à son surnom (jadis fort usité) de Doclor mellijluus. Mais je doute fort qu'aucune légende ait jamais cherché à faire passer cela dans quelque circonstance de la vie du saint, et l'histoire (vraie, ou tenue pour telle) paraît bien avoir été la base générale que cherchaient nos vieux artistes. Aussi, cette représentation n'est-ulle pas assez

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