‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 608 sur 1339 · Rosweyde, Vitt. PP., p · texte numérisé non relu

Rosweyde, Vitt. PP., p

ERMITES

Saint Macaire d'Egypte, l'Ancien; 15 janvier, v. 390. Il eut plusieurs disciples dans le désert de Scété ; aussi place-t-on à quelque distance de lui un certain nombre de moines ou d'ermites, dont il était comme l'abbé. Une lanterne dans son oratoire indique qu'il cherchait volontiers les antres les plus obscurs, pour y trouver le recueillement et dérober aux regards humains ses longues oraisons *.

Saint Macaire d'Egypte, le Jeune (ou d'Alexandrie); 2 janvier, v. 380. Il avait été formé par saint Pacôme, et vécut soixante-dix ans dans la solitude. On le peint souvent entouré d'animaux étranges, pour montrer qu'il s'était enfoncé très-loin dans le désert. On raconte aussi de lui qu'une hyène vint lui apporter son petit qu'elle jeta aux pieds du saint homme*. Celui-ci s' apercevant que le petit animal était aveugle, s'adressa au Ciel et lui rendit la vue. La mère apporta le lendemain une belle peau de brebis à son bienfaiteur, qui lui défendit de jamais faire tort aux pauvres gens à l'avenir3. Sainte Mêlante obtint, dit-on, du solitaire cette peau qu'il appelait le cadeau de la hyène ; mais il semble que dans ce cas on ait confondu l'histoire de saint Macaire avec celle d'un autre (Cf. saint Marc ermite, ci-dessous).

On le représente aussi portant un sac et une calebasse; parce qu'il se chargeait de sable (Cf. p. 363) pour dompter son corps par la fatigue, et avait soin de conserver de l'huile bénite qui lui servait à guérir les malades.

Saint Pacôme (Pachomius). Cf. Anges, p. 39. Il avait été païen et devint le maître de nombreux solitaires auxquels il donna une règle de vie. On lui attribue aussi d'avoir marché sans encombre parmi les serpents, et d'avoir traversé le Nil sur le dos des crocodiles4.

Saint Onuphke, solitaire en Thébaïde; 12 juin, v. 370. Il passe pour avoir été le fils d'un prince abyssin; aussi place-t-on volontiers près de lui un sceptre avec une couronne. Il avait été fait prisonnier par des nomades, et s'était enrôlé parmi les moines égyptiens ; puis voulant vivre tout à fait en solitude, il demeura plus de soixante années dans un isolement absolu, n'ayant pour tout vêtement qu'une ceinture de feuilles lorsqu'il fut rencontré par saint Paphnuce5. Aussi lui donne-t-on communément une barbe et une chevelure démesurées. J'ai suivi pour la gravure ci-jointe, le modèle donné parCallot dans ses images de tous les saints et saintes de l'année.

Saint Macaire de Rome, ermite en Italie; 23 octobre, époque fort douteuse. 11 arait été, dit-on, vicaire du préfet de Rome (ou d'Italie) et mourut dans une vieillesse avancée, après avoir passé ses dernières années dans une vie pénitente près de Bologne. On l'y invoque contre les orages et les dérangements de saisons, funestes aux biens

de la terre; et son corps est honoré à Plaisance6. Ce qui ne veut pas dire qu'il faille adopter pour incontestables toutes les merveilles rassemblées comme à plaisir par sa légende populaire \

Saint Piammon. Cf. Autel, p. 101; Barque.

Saint Jérôme, docteur de l'Église (Cf. Chapeau de cardinal, p. 199; etc.). On l'a souvent peint dans la grotte où il s'était retiré à Bethléem, unissant l'étude aux pratiques de pénitence qu'il avait admirées chez les solitaires d'Egypte.

Baint Onufrc.

Saint Josaphat et saint Barlaam, solitaires dans le désert de Sennaar (Cf. Couronne, p. 267). Saint Josaphat passe pour avoir été fils d'un roi de l'Inde; et saint Barlaam, dit-on, s'introduisit auprès de lui en se donnant pour un marchand de pierres précieuses. Il l'instruisit dans la religion chrétienne; et le jeune prince prit si fort à cœur les enseignements de l'Évangile, qu'il abandonna le trône après avoir converti son peuple, et se retira près

t. P»llad.,d> Vitis, PP., lib. VIII, cap. xix (ap. Rosweyde, p. 720).

2. Pallad., ibid., cap. xx (ap. Hoaw., p. 725). Selon d'autres, il s'agit d'une lionne.

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