‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 634 sur 1339 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

• Rictus bovis Lucas datur, In qua forma fîguratur Nova Christua hostia ;

Ara crucis mansuetus Hic mactatur, aie et vêtus Transit observantia. •

5. Vitraux de Bourges, n" 106 (p. 191). 0. Prose déjà citée :

f Pellens nubem rosiras mentis.

Intuetur jubar solis Joannes in aquila; Supra cœlos dum c.nscendit,

Sinu Patris deprehendit Natum ante sarcula. * Tout cela est exprimé beaucoup plus brièvement par le même Adam de Saint-Victor dans sa prose Jocundare, plebs fcleUs : • Quatuor describunt isti Paradisus his rigatur,

Quadriformes actus Chrisli, Viret, florct, fœcundalur;

Et figuram (fguranlT) ut auriisti, His abundat, his lœtatur

Quisque sua formula. Quatuor flurainibus.

Natus homo declaratur, Fona est Christus, hi sunt rivi ;

Vitulus sacrificatur, Fons est altus, hi proclivi ;

Léo mortem depnedatur, Ut saporem fontis vivi

Et ascendit aquila. Ministrent fid.elihus. •

On voit que ce grand poCte (je ne relire pas le mot) s'accordait avec les artistes des catacombes. Mais citons deux autres strophes de la même prose qui développent davantage le même symbolisme : « Formam viri dant Matthwo, Marcus leo per desertum

Quia scripsit sic de Deo, Clamans, rugit in apertum :

Sicut descendit ab eo Iter liât Deo certum,

Quem plasmavit homlne. Mundum cor a crimi:ie.

Lucas bos est in figura, Sed Joannes ala bina

Ut prœmonstrat in Scriptura Charitatis, aquilina

Hosliaruro tangensjura l-'nrma, fertur in divina

Legis sub velamine. Puriori lumine. »

Le moyen âge, à l'imitation de Sedulius, s'efforça souvent de condenser en quelques vers ces caractéristiques des quatre évangélistes. On a pu quelquefois réussir h être plus bref qu'Adam de Saint-Victor rarement à être aussi plein en si peu de mots.

7. Au iv« siècle il y avait encore dissentiment, et l'on prétend que l'Espagne conserve plusieurs monaments (mais de quel »gc?) qui donnent le biruf à saint Marc.

ÉV ANGE LISTES. 395

lérise par un petit tableau emprunté surtout aux faits qui montrent la divinité de Notre-Seigneur d'une façon

plus saillante1. Ce sera, par exemple, l'ascension, quoi- qu'il ne la rapporte point dans son évangile*; ou la

I. Nul plus que saint Jean n'insiste sur la personnalité divine de Notrc-Scigncur.

2. Cependant remarquez ce qu'il rapporte de la conversation entre Nôtre-Seigneur et Nicodènic (m, 13).

ÉVANGÉLISTES

transfiguration, dont il ne parle pas davantage1; soit saint Jean-Baptiste déclarant qu'il ne doit pas être pris

pour celui qu'attendait Israël*. Ou bien encore près de saint Jean, on tracera Jésus-Christ adoré par la terre et

la mer, comme étant celui à qui le Père éternel a dit : « Tu es mon fils, je t'ai engendré avant que naquit le jour3. » Je trouve même cet évangéliste accompagné d'une représentation de la crèche où l'enfant Jésus est réchauffé par le bœuf et l'àne; non pas que le Disciple bien-aimé ait dit un seul mot sur les détails de cet événement, mais il a écrit dans son premier chapitre (Joann. i, 14-17) : « Le Verbe s'est fait chair, et nous avons vu sa gloire, etc.... La loi avait été donnée par Moïse, la grâce et la vérité ont été réalisées par Jésus-Christ. » Or les saints Pères voient dans les deux animaux de la crèche un symbole des deux Testaments, qui n'ont leur unité que dans l'Enfant de Bethléem; d'autres veulent que ce soit la figure des juifs et des gentils qui doivent s'accorder à reconnaître dans ce nouveau-né l'attente des siècles 4. Il est donc aisé de s'expliquer pourquoi l'enfantement de la très-sainte Vierge et l'hommage rendu sur le

Pupitre de sainte Radcgonde, a Poitiers.

Thabor au Fils de Dieu par le législateur du Sinaï, peuvent servir à désigner le Disciple que Jésus aimait".

I. Mais il avait é>é l'un de» témoins de ce prodige. Cf. Matth.xvn, 1-9; Marc, ix, t-9; Luc. ix, 28-36.

S. Joann. i, 10-34. Cf. ibid.. 15.

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