‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 679 sur 1339 · Reinsbecg, Calendrier belge, t. II, p. 275, sv · texte numérisé non relu

Reinsbecg, Calendrier belge, t. II, p. 275, sv

ou encore des superstitions celtiques, qu'il aurait converties en dévotions chrétiennes?

Saint Omer, évêque (Cf. Buisson, p. 151). Faisant sourdre une fontaine pour baptiser un enfant maladif el aveugle qu'on lui présentait, mais qui recouvra la vue avec la santé en recevant le sacrement. Cette fontaine, à Lambres-lez-Aire en Artois, est encore visitée par les pèlerins; et l'on assure que l'enfant guéri devint saint Lambert évêque de Liège*. Aussi saint Lambert était-il jadis représenté là, tenant une béquille; soit pour rappeler qu'il > avait été guéri de son état chétif, soit à cause des malades qui se rendaient à sa fontaine pour recouvrer la santé.

Saint Servais, évêque de Tongres (Cf. Clef, p. 225; etc.). Même attribution que pour saint Wolfgang, saint Liévin, etc.

Saint Boniface, archevêque de Maïence (Cf. Épie, p. 365). Une source jaillit aussi sous sa croix archiépiscopale ou sa crosse.

Saint Honorât évêque d'Arles, après avoir été abbé de Lérins ; 16 janvier, v. 430. Il n'était encore qu'abbé lorsqu'il fit sortir une source d'un rocher dans son île ; et n'aurait-on pas voulu dans une peinture de ce genre, donner à entendre qu'il avait comme fait fleurir ce désert, en y fondant l'abbaye où se formèrent tant de saints? Du reste le nombre des miracles de saint Honorât était si grand, qu'il en faisait même à son insu. Aussi pria-t-il Dieu de lui retirer un don qui amenait trop de visites.

Saint Antide {Antidius, saint Tude à Lisbonne) évêque, tué par les Vandales à Besançon ; 25 juin, 111. Une statue de ce saint, apportée à Lisbonne vers le xne siècle, y est vénérée pour la guérison des fièvres -, et l'on puise à ce dessein l'eau d'une fontaine qui surgit près de son autel1.

Saint Egwin, évêque de Worcester-, 11 janvier, 720. 11 fit sortir de terre une fontaine pour abreuver ses compagnons épuisés de besoin pendant une marche pénible.

Saint Apollinaire, évêque de Valence en Dauphiné; 5 octobre, v. 520. On rapporte que, marchant près du Rhône dont l'eau était si tiède que ses compagnons de route ne pouvaient en boire, le saint se fit donner un hoyau avec lequel il creusa la terre. 11 en sortit une eau fraîche qui tarit après avoir rendu le service que le saint lui demandait.

Prêtres el simples fidèles.

Sunt Engelmund (iiigs/niuiu/u.?), prêtre et abbé; 21 juin, v. 680. 11 est un des Saxons d'Angleterre qui évangélisèrent la Frise; et c'est près de Velsen dans la province de Harlem, qu'il fit, dit-on, jaillir une source.

Saint Adelbert diacre, l'un des apôtres de la Hollande; 25 juin, v. 740. Lorsque (à Egmond) l'on exhuma son

5. AA. SS. Mart., t. I, p. 43. Sur le caractère et la popularité de ce saint, on peut consulter les Moines d'Occident, t. III, p. 48-55. 0. Dancoisne, Numismatique béthunoise, p. 115, svv. 7. Georg. Cardoso, Agiot. lusitano, t. III. p. 710, sg.; et 727.

FONTAINE

corps pour le transporter dans une église bâtie sous son nom, il sortit de son tombeau une source où quantité de miracles s'opérèrent. Comme ce saint passe pour avoir été fils d'un roi de Northumberland, on met quelquefois à ses pieds une couronne.

Saînt Landehn abbé (Cf. Armes, p. 73; Église). Une source jaillit sous sa crosse abbatiale l. Je ne réponds pas d'une crosse entre les mains des abbés à cette époque, mais c'est l'expression des artistes.

Saint Alton abbé (Cf. Couteau, p. 274). Une source obtenue par ses prières1.

Saint Ansanus (Ansano) martyr, honoré par les Siennois comme leur apôtre; 1 décembre, 303. On raconte aussi de lui qu'une fontaine marque l'endroit où tomba sa tête; et le peuple y va puiser de .l'eau par dévotion pour le saint 3.

Saint Codrat médecin, et martyr à Corinthe; 10 mars, 258. Une fontaine parut, dit-on, au lieu où il fut décapité ; mais il faut bien convenir que ses Actes sont sujets à caution.

Saint Antonin martyr, patron de Pamiers (Cf. Épèe. p. 367). Les gens de Pamiers qui lui attribuent leur conversion, racontaient aussi qu'il avait fait jaillir une source avec son bâton *.

Saint Venant martyr, patron de Camerino; 18 mai, sous Dèce. On raconte que pendant son martyre, il fit sourdre une fontaine pour désaltérer les soldats que tourmentait la soif s.

Donnons à ce propos la gravure d'une médaille populaire un peu fruste, tirée des sables de la Seine. J'en suis redevable à M. A. Forgeais ; et il est facile d'y reconnaître le souvenir de quelque pèlerinage fait à Rome. Quand le style ne sentirait pas son xvne siècle italien, on sait assez que saint Venant de Camerino n'a jamais tenu grande place dans les dévotions françaises. D'ailleurs, Y avers portait la tête de saint Anasase (ad aquas salvias), souvenir romain encore sans contredit. La légende n'y est pas très-complète, ni très-lisible à cause de l'oxydation; mais ort peut affirmer qu'elle disait S. Venantius M. P [atronus] Cam[erinï\.

Saint Alban de Vérulam martyr, considéré comme le premier qui ait versé son sang pour Jésus-Christ en Angleterre; 25 juin, v. 286. Sa légende dit aussi que près de souffrir la mort, il fit jaillir une fontaine en priant Jésus-Christ de montrer la sainteté de sa cause 6.

Saint Éric roi de Suède, honoré comme martyr, parce qu'il fut tué dans une guerre contre des rebelles; 18 mai, 1160. Une source jaillit du lieu où il répandit son sang, et devint célèbre par la guérison des malades qui la visitaient7.

Saint Botvid, martyr en Suède; 28 juillet, xne siècle. Même récit que pour saint Éric *.

Saint Fursy (Cf. Bœufs, p. 138; etc.). Faisant jaillir une source en enfonçant son bâton dans le sol. Le souvenir de ce miracle se conserve encore à Lagny.

Saint Gengou [Gangulfus), martyr; 11 mai, v. 760. On le représente en costume de baron , armé de toutes pièces ; souvent avec une croix sur son écu, la main posée sur la garde de son épée dont la pointe fait sortir de terre une source. Comte en Bourgogne, il passe pour avoir été chargé par le duc des Francs de prêter le secours du bras séculier à la prédication de l'Évangile dans la Frise. Aussi l'appelle-t-on quelquefois le compagnon de saint Vulfran ; soit qu'il assistât ce missionnaire, soit parce qu'il aida à la continuation de son œuvre. Car l'époque de sa vie n'est pas facile à déterminer. La part qu'il aurait prise à la conversion des Frisons, me semble avoir pu influer sur le choix de cette fontaine pour caractériser le saint. Mais il a été construit sur ce fondement, des récits qui touchent au comique , et que l'on peut voir par exemple chez Vincent de Beaùvais', lequel ne rapporte pourtant pas la forme la plus étrange. Il est honoré comme martyr pour avoir été tué à l'instigation de sa femme dont il avait découvert la mauvaise conduite.

Saint Colomban abbé de Luxeuil, etc.; 24 novembre, 615. Un jeune religieux était chargé de lui apporter de l'eau sur une montagne où le saint se retirait souvent pour vivre plus recueilli. Comprenant bientôt que cette tâche n'agréait guère au jeune homme, le saint lui ordonna de creuser un rocher voisin, et se mit à prier Dieu pendant que son disciple obéissait à cet ordre. Après quelques instants ', une source se fit jour dans l'endroit où l'on venait de travailler.

t. Sa prose que j'ai déjà citée en partie (Cf. Église, p. 341 ; etc.), fait mention spéciale de ce miracle :

« Mosis instar, ut induxit

Homo virgam, fons effluxit

Crispans in Crispinio. »

Cf. AA. SS. Belgii, t. IV, p. 458, 461.

2. Cf. AA. SS. Februar., t. H, p. 360. Le Calendarium benedicttnum (9 febr.) veut que cette fontaine soit miraculeuse; elle semblerait n'avoir été que curieuse, parce que l'entrée en était interdite aux femmes, en vertu de la volonté expresse de saint Bouiface, consécrateur de l'église du monastère.

3. Manni, Osservationi istoriche sopra i sigilli antichi, t. IV, Sig. 7. — Hagiolog. italic, t. Il, p. 319.

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