Les Vies d?s Saints de la llretagne, p
FOl.'DRE. —FOUET ET VERGES.
Saint Isarn (ou Ysarn) , abbé de Saint-Victor de Marseille; 24 septembre, v. 1057. Par aspersion de l'eau bénite, il délivra de fréquents orages une bourgade que le danger habituel de la foudre menaçait de faire déserter1.
Sainte Eurosie (ou Orosia), vierge et martyre; 25 juin, viue siècle. Ses Acte» ne sont pas faciles à éclaircir; mais les Aragonais l'invoquent contre la foudre, et pour obtenir de la pluie dans les temps de sécheresse. Cette dévotion peut avoir été portée par les Espagnols dans le Milanais, où la sainte est implorée aussi contre les orages*. C'est ce qui l'a fait souvent représenter avec un geste qui semble écarter la foudre éclatant près d'elle.
Sainte Barbe, vierge et martyre (Cf. Artillerie, p. 86; Fenêtre, etc.). D'après sa légende, ce fut son père qui voulut la décapiter lui-même, et à peine eut-il abattu la tête de la sainte, qu'il fut frappé de la foudre3. C'est ce qui a fait choisir sainte Barbe pour patronne contre la mort subite, et partant, pour protectrice des professions qui exposent à ce danger.
Sainte Catherine d'Alexandrie, vierge et martyre (Cf. Êpèe, p. 371, sv.; etc.). On raconte qu'une machine préparée pour la tailler en pièces fut brisée par la foudre au moment où l'on voulait soumettre la sainte à ce supplice4.* D'après la légende, les fragments de cette machine volèrent au loin avec tant de violence, qu'une multitude de spectateurs en furent blessés ou même tués.
FOUET ET VERGES
A propos de Bâton, Baguette, Discipline, etc., l'on a trouvé déjà plusieurs indications qui pourront simplifier notre tâche en ce moment \ Cependant il resterait plus d'une difficulté à lever si j'avais la prétention d'éclaircir la forme des instruments de supplice employés contre les martyrs par la rage des persécuteurs. Qu'était-ce, par exemple, que les scorpions, les plombeaux, etc., dont il est fait mention dans le récit des tortures ? Quand la question archéologique en elle-même serait mieux vidée qu'elle ne l'est réellement, nous aurions encore à compter avec les artistes, qui ne se sont pas toujours mis fort
en peine d'être d'accord avec l'antiquité. Un petit manuel comme le dictionnaire publié par M. Anthony Rich, n'était pas entre leurs mains; et même aujourd'hui cette ressource ne répond pas encore à tous les problèmes que la pratique peut amener. En somme les différentes manières de représenter une flagellation ne dépendent pas seulement de l'époque où le fait a eu lieu, mais aussi du siècle où vivait celui qui s'est chargé de la peindre. Fouets en peau d'anguille, en corde, en lanières de cuir, ou même en chaînes; verges de baguettes ou de brins ligneux, etc., tout cela s'est trouvé livré à la double fantaisie des peintres et des bourreaux.
Quant aux plombeaux (plumbatx) , qui semblent avoir été des baguettes alourdies par une adjonction de plomb (peut-être une lame de plomb roulée à leur extrémité) pour les rendre plus contondantes, quelques-uns en ont fait des balles de plomb armant les courroies d'un martinet. D'autres ont cru les reconnaître dans des chaînettes terminées par une petite poire de bronze; en quoi ils pourraient bien avoir pris pour instrument de supplice ce qui n'avait été que des pendeloques {phalerx), destinées à battre les flancs d'un cheval durant sa course. Enfin vers les dernières années du xvie siècle, certains graveurs ont imaginé d'en faire quelque chose comme un sac étroit et long, en manière de boyau dont le fond aurait retenu un globe en métal; le tout présentant l'apparence d'une longue larme fort disgracieuse et dont l'aspect surprend la vue par sa singularité. Quelquefois on le prendrait pour une fronde grossièrement dessinée.
Saint Marcellin, pape et martyr; 26 avril, 304. Comme son ancienne légende prétendait qu'il avait apostasie d'abord et n'avait été réélu qu'après avoir abdiqué le pontificat pour se punir lui-même6, on le trouve quelquefois représenté avec un fouet qui est censé exprimer sa prétendue pénitence (dont le souvenir se conserve encore dans le Bréviaire romain). Ce qui est certain, c'est qu'il mourut décapité pour la foi.
Saint Grégoire le Grand, pape (Cf. Colombe, p. 239; etc.). On le voit, quoique assez rarement, ayant près de lui une sorte de férule ou de fouet. C'est que pour exciter la bonne volonté des petits chanteurs de l'église, il assistait