‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 81 sur 1339 · Bngatta, Admiranda orbis, t. I, libr. Vil, cap. i · texte numérisé non relu

Bngatta, Admiranda orbis, t. I, libr. Vil, cap. i

ARBRE, ARBRISSEAU, ARBUSTE

considérations mystiques, surtout quand elles reposent sur la pointe d'une aiguille, je pourrais absolument introduire ici d'assez belles choses sur le palmier, l'amandier, l'olivier, le cyprès et autres arbres mentionnés dans l'Écriture. Mais je serais le premier à n'être pas convaincu, et ce serait un mauvais moyen de convaincre les autres ; ou du moins il me répugnerait de prendre des airs persuadés quand je ne me sens pas très-bien fixé moi-même sur ce qu'il faut croire de ce que j'exposerais avec plus ou moins d'enthousiasme. Tenons-nous-en donc aux faits historiques assez bien constatés, sans nous laisser entraîner jusqu'aux régions d'un symbolisme un peu arbitraire. De plus, pour sortir entièrement d'un idéal trop tendu, nous admettrons sous le titre qui domine cet article tout ce qui n'est pas simple poteau. Mais s'il était question de croix, de gibet, de potence ou de bûcher, ce ne serait pas ici qu'il faudrait | chercher des renseignements.

Adam et Eve. Nul n'a besoin sans doute d'une indication détaillée, pour reconnaître nos premiers parents sous l'arbre de la science du bien et du mal dans le paradis terrestre, que le serpent y figure ou «on. Nous n'avons donc qu'à indiquer ce sujet, pour l'acquit de notre conscience ; tout développement serait superflu, et le lecteur ne nous en saurait pas gré.

Abraham. L'Église grecque adopte fréquemment, comme symbole de la Très-bainte Trinité, l'apparition des trois anges au père des croyants sous l'arbre de Mambré ', et le repas qu'il leur servit avant d'entendre la promesse de voir Sara lui donner un fils. L'Occident latin n'est pas aussi familiarisé avec l'interprétation orientale de ce fait; quoique Raphaël l'ait reproduit, d'accord en cela avec le Bréviaire (dimanche de la Quinquagésime, premier nocturne, deuxième répons) : « Dum staret Abraham ad ilicem Mambre , vidit très viros ascendentes per viam; très vidit, et unum adoravit.» Il est donc utile de signaler ce symbolisme où toute la tradition chrétienne est d'accord au fond, quoique les artistes occidentaux l'aient rarement employé.

Le prophète Jonas, se reposant à l'ombre du lierre (ou plutôt du calebassier) qui avait formé un abri sur sa tête (Jon. iv, 1-11) pendant qu'il regrettait la trop grande réussite de sa prédication à Ninive. Les antiquaires chrétiens depuis deux siècles ont suffisamment expliqué ce fait d'art et de philologie *. Remarquons seulement qu'ils n'auraient pas dû avoir si grand besoin de remonter aux anciens textes puisque les sculpteurs de la cathédrale d'Amiens au xiir* siècle s'inspiraient encore des formes primitives, tout cqmme la lampe ci-jointe. Si peu qu'on ait examiné les monuments du moyen âge, on aura remarqué plus d'une fois la généalogie de Notre -Seigneur sculptée ou peinte sous la forme de ce que l'on appelle VArbre de Jessè.

Jessé (ou Isaï) était le père de David (1 Reg. xvi; Matth.

i, 5; Act. xin, 22, etc.), et c'est de lui qu'il est question quand le Prophète dit (lsai. xi, 1-10) : « Une souche s'élèvera de la racine de Jessé, et une fleur sortira de sa tige, etc. » Pour tracer donc l'arbre généalogique de Notre -Seigneur à partir du père de David , on a imaginé une souche qui semble prendre sa racine dans le corps de l'aïeul, et dont les rameaux portent comme fleurs ou fruits les autres ascendants du Sauveur.

Le sommet est occupé par la très-sainte Vierge portant l'enfant Jésus qui est comme la fructification suprême de tout l'arbre.

Le prophète Isaïe (Cf. Scie) , montrant l'arbre de Jessè; pour prophétiser l'Incarnation.

Les SS. Gervais et Pbotais, martyrs, frères jumeaux; 19 juin, v. 168. Entre eux deux un arbre (au moins dans beaucoup de gravures françaises ou parisiennes). On pourrait croire que c'est une indication de la stérilité de l'Église milanaise, qui retrouva sa gloire par la confession de ces deux frères ; car les Milanais ne jouissent pas en Italie d'une réputation héroïque. Mais cette représentation est trop fréquente (au moins chez nous autres Parisiens) pour ne pas se rapporter a quelque fait positif qui ait son fondement dans l'histoire. On prétend que cela auraii pris naissance à Paris, où le fief du Monceau-Saint-

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