‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 84 sur 1339 · Brautii Marlyrolog. poeticum, 28 januarii · texte numérisé non relu

Brautii Marlyrolog. poeticum, 28 januarii

< Martyris ex cœso collo lac fluxit, et arbos Floruit et subito mitia doma dédit. »

0. Plomba historiés trouvés dans la Seine, 2' part. (Pèlerinages), p. 172, srv.

ARBRE, ARBRISSEAU, ARBIJSTK.

parait que dans le pays on a perdu la mémoire de ce que signifiait ce pendu , si ce n'est que saint Eutrope avait la réputation d'être particulièrement secourable aux condamnés à mort '.

Pour moi, je proposerais de voir dans cet arbre un souvenir de la vieille légende du saint*. Elle n'est pas trèsgarantie en histoire, mais enfin elle a eu son temps; et le saint passait pour avoir été un des enfants qui jetèrent des palmes sous les pas de Notre-Seigneur à soti entrée dans Jérusalem le jour des Rameaux. Or le moyen âge a coutume de montrer ces petits garçons de Judée grimpant comme les nôtres dans le feuillage, et lançant des branches sur la voie. Ne serait-ce pas là, originairement, la vraie signification de l'arbre qu'on place près du premier évêque de Saintes?

Saint Amatre (Amator), évêque d'Auxerre; 1 mai, 418. Une hache à la main et un arbre renversé devant lui. Le saint voyait avec peine que Germain, l'un des premiers seigneurs de son diocèse, s'opiniàtrait (malgré bien des réprimandes) à suspendre ses trophées de chasse aux branches d'un grand chêne. Cela semblait entretenir des superstitions païennes qui devaient opposer bien de la résistance dans le peuple, si les grands s'y attachaient; et pour mettre fin à un abus qu'il avait blâmé inutilement, il alla couper de sa propre main et faire brûler l'arbre tandis que Germain était absent. Terrible colère du grand chef gaulois, et menaces furieuses de sa part contre l'évêque; brouillerie même fort compromettante, devant laquelle saint Amatre fut obligé d'aller se réfugier hors de sa ville épiscopale pour éviter une rencontre qui pouvait tourner en voies de fait. Ce qui n'empêcha pas saint Amatre de comprendre que son ennemi avait du bon (tout Celte qu'il était), et de l'indiquer en mourant comme celui qui devait succéder à l'évêché, si l'on tenait à vivre sous la conduite d'un homme de Dieu vraiment capable. Par le fait ce seigneur violent devint saint Germain-l'Auxerrois (Cf. supra, p. 31), qui ne laissa pas que de porter assez bien la mitre (s'il y avait des mitres à cette époque). De quoi l'on peut conclure qu'il y eut des temps où les saints prélats ne pensaient pas qu'on fût un homme damnable pour n'avoir pas toujours été complètement de leur avis.

Saint Zénobe (Zanobi), évêque de Florence; 25 mai, v. 450. Un arbre reverdit sur le passage de ses reliques3.

1. La main céleste qui se voit au-dessus de saint Kutropc est (p. 05), une main gauche, contrairement à la pragmatique habituelle (Cf. supra, p. 22, 63; et ci-dessous, article intitulé Main divine). lUppclons-iious que les artistes populaires du moyen age se trompent souvent dans le calcul du résultat que devait donner un creux destiné à couler le métal.

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