LIVRE
un support quelconque pour d'autres attributs; de même que le blason s'est permis à la longue de faire soutenir les
Saint Benoit. Cf. p. 523.
écus féodaux non-seulement par des hommes sauvages, des griffons et autres fantaisies, mais par des anges même1.
i. On a pu voir ailleurs (Cf. Armoiries, Crapaud) quo pour l'écu de France il y avait au moins un motif légendaire, puisque l'on faisait descendre du ciel les fleurs de lis, comme la sainte ampoule, afin d'exalter la royauté très-chrétienne.
2. Cf. Breviar., 13 jun., lect. t et vi.— AA. SS. /un., t. II, p. "08, 733. Profitons de cette occasion d'indiquer la célébrité du saint comme patron pour retrouver les choses perdues. Cf. AA. SS., loc. cit., p. 752.
Quand Je justifie les artistes pour ces peintures de saint Antoine de Pailone. Je ne prétends pas dire que jamais livre employé comme support ne manque de très-bonnes raisons fondées en histoire. Ainsi l'on comprend bien, il est vrai, pourquoi un évoque aura son attribut spécial joint à la caractéristique commune de sa dignité. De cette façon s'expliquera sans peine pourquoi saint I.iboire porte de petits cailloux sur un livre (Cf. Cailloux); de même
11 faut cependant instruire la cause avant de prononcer une sentence si sévère , et peut-être que certains cas s'expliqueront alors d'une façon pour le moins plausible.
Servons-nous d'un exemple, saint Antoine de Padoue. On va le voir (p. 525), d'après une ancienne gravure, tenant l'enfant Jésus assis sur un livre. On pourrait dire absolument que l'office de prédicateur est représenté par ce livre, mais il y a une raison plus recevable, et d'ailleurs certaine : c'est que les Franciscains honorent dans saint Antoine de Padoue le premier de leur Ordre qui ait enseigné la théologie, faculté où ils ont eu depuis maint docteur éminent*.
Le B1 Eugène III cistercien, pape (mort en 1153) et dont la béatification n'est pas très-constante. Je le trouve ayant près de lui le livre De consideratione que saint Bernard écrivit à sa demande afin de le diriger dans le gouvernement de l'Kglise.
Saint Cymlle patriarche d'Alexandrie (Cf. Image de la sainte Vierge, p. 483). On le peint quelquefois tenant soit un livre, soit un écrit quelconque où se lit le mot e«oîo'xc«, pour rappeler le décret du concile d'Éphèse présidé par lui, et qui déclara que Marie était véritablement mère de Dieu. D'autres fois il est représenté jetant des livres dans un brasier, pour marquer la condamnation des doctrines de Nestorius, qu'il anathématisa au nom du pape dans cette grande assemblée.
Saint Dictinus (ou Diclinius), évêque d'Astorga; 2 juin, v. 410. On le voit également jetant un livre dans le feu, parce qu'il s'était laissé entraîner à l'hérésie de Priscillien. Aussi joint-on quelquefois à cette représentation le texte : Eramus aliquando tenebrx, emprunté à saint Paul (Eph. t, 8) lorsqu'il rappelle aux Grecs que toute leur science ne les avait pas empêchés d'être plongés dans les ténèbres du paganisme jusqu'à ce que l'Évangile les éclairât».
Saint Héliodore, évêque d'Altino; 3 juillet, v. 390. Le livre ou l'écrit qu'on lui met souvent à la main pourrait indiquer les lettres que lui adressa saint Jérôme, dont il était le compatriote et l'ami*.
Saint Boniface évêque de Lausanne, après avoir été abbé de Haute-Combe (Cf. Image de la sainte Vierge, p. 484). A ses derniers moments il se fit remettre l'Évangile entre
pour les trois boules d'or que l'Italie donne a saint Nicolas de Myre (Cf. Boules, etc.); de même encore pour certains autres que nous avons eu occasion d'indiquer. Mais quand sainte Agathe tient de la même façon ses mamelles tranchées par le bourreau, ou sainte Odile ses deux yeux, j'avoue ne pouvoir plus défendre le peintre; ou du moins je ne le comprends plus. Le livre même sur lequel saint Jean- Baptiste, ça et là, porte l'agneau, ne me parait pas très-Justiflé par les motifs qu'en ont voulu donner certains auteurs. Cela peut, il est vrai, former un petit socle sur lequel l'agneau s'agence mieux, et ce sera sans doute l'excuse du parti pris si fréquent chez les Grecs; mais à cette convenance quasi architecturale, je préfère la forme adoptée par le moyen âge latin.
3. Les Bollandistcs d'aujourd'hui (AA. SS.OcJoftr., t. VIII, p. 850- 854) sont revenus sur l'histoire de saint Dictinus, un peu négligé par leurs prédécesseurs. — 4. Hagiol. italic, t. II, p. 7, sq.