‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 88 sur 1339 · ARBRE, ARBUSTE. — ARGENT · texte numérisé non relu

ARBRE, ARBUSTE. — ARGENT

beau de saint Servais (à une lieue et demie de son ermitage), ou à Notre-Dame d'Aix-la-Chapelle le samedi.

Saint Herb^and (Herbaut, Erbland, Hermelandus), abbé ; 25 mars, v. 720. Étendant la main vers des arbres pour chasser les chenilles qui couvraient le lieu de ses prières et tombaient sur son livre *. Il était né dans le Noyonnais et quitta son pays pour aller en Bretagne chercher une retraite où il voulait vivre inconnu. Il devint le fondateur d'Indret, qui est maintenant tout autre chose qu'un lieu de recueillement. Cf. Poissons, Baril.

Saint ZÉnAHD, ou Zoérard {Andréas Zoerardus), ermite; 1 mai ou 17 juillet, v. 1020. Le tronc d'un chêne lui sembla quelque chose de trop commode pour la vie pénitente qu'il prétendait mener; il voulut en garnir l'entrée de chevilles aiguës dont les pointes tournées à l'intérieur ne lui permettaient pas de s'appuyer quand il aurait cédé au sommeil. On croit qu'il était Polonais ; mais il se rendit au monastère de Zobor en Hongrie, près de Neitra. Là il demanda la grâce de pouvoir vivre en solitaire dans une forêt près de Trenczin. On ajoute quelquefois à l'appareil que nous venons de décrire, un cercle de bois suspendu au-dessus de sa tête et d'où descendaient de grosses pierres destinées à lui heurter le crâne s'il se fût laissé aller à l'assoupissement. Zérard , homme du peuple, voulait ainsi suppléer à ce qu'il lui semblait ne pouvoir obtenir de son esprit inculte pour plaire à Notre-Seigneur *. Souvent on peint à quelque distance de lui un compagnon de ses austérités; c'est le bienheureux Benoît, lequel fut tué par des voleurs qui s'étaient imaginé trouver quelque trésor dans son pauvre réduit.

Saint Couian (Colomannus, Colmanus), pèlerin; 13 octobre, 1012. Pendu à un arbre, parfois avec deux autres compagnons. Il était Irlandais ou peut-être Écossais, et s'en allait en pèlerinage à Jérusalem à travers l'Europe, lorsqu'il fut pris pour un espion par les gens de Stockerau près de Vienne en Aulriche. On le pendit sans plus d'information, et sa légende raconte qu'on avait choisi un arbre mort pour lui servir de potence. Bientôt cet arbre se revêtit de verdure (quelques-uns veulent même que ce fût un gibet), et la conservation du cadavre attira en outre l'attention du peuple. On connut ensuite l'injustice de la mort qu'il avait subie, et son corps fut porté à Mœlk où le saint était révéré comme patron du pays3.

Sainte Théodule d'Anazarbe, martyre; 18 janvier, v. 303. Suspendue par les cheveux à un cyprès, et les pieds traversés par des clous, elle fut ensuite jetée (encore vivante) dans une fournaise avec deux hommes que sa constance avait amenés au christianisme 4.

Sainte Zoé, martyre à Rome; 5 juillet, v. 300. Suspendue par les cheveux à un arbre, et étouffée par la fumée d'un feu lent que l'on entretenait sous ses pieds. Elle avait été convertie avec son mari par saint Sébastien; et saisie par les persécuteurs pendant qu'elle priait au tombeau de saint Pierre , elle mourut dans le supplice que nous venons de décrire.

Sainte Couronne, martyre en Syrie; 14 mai, v. 150. Écartelée par des arbres. Elle était femme d'un soldat, et pour avoir loué la constance d'un martyr, elle fut attachée à deux arbres courbés violemment qui la démenbrèrent en reprenant leur situation antérieure. Cf. Couronne.

Sainte Stéphamde; 11 novembre, sous Maximien. Attachée à deux palmiers pour être déchirée comme sainte Couronne '.

ARGENT (Monnaie).

S'il s'agissait d'argent distribué aux pauvres, il faudrait recourir à l'article Aumône. Il ne sera question ici que d'argent manié, trouvé, refusé, etc.

Joseph le patriarche, fils de Jacob. On le représente souvent, surtout comme figure prophétique de Notre- Seigneur. au moment où il est vendu par ses frères; et ceux-ci reçoivent alors des marchands madianites le prix de la vente, pendant que l'enfant est livré à la caravane des acheteurs pour être conduit en Egypte.

A vrai dire, il se peut fort bien que la monnaie ne fût pas alors en usage, surtout d'Hébreux à Madianites, et qu'on se servît d'argent ou d'or pesés par les contractants. Mais nous parlons de ce que représentent les artistes, qui n'y regardent pas toujours de si près.

Saint Matthieu, apôtre; 21 septembre, v. 70. Une table chargée de pièces de monnaie. On sait qu'il était receveur des impôts (ou du moins péager), et que Notre- Seigneur, Jésus-Christ lui fit quitter son comptoir pour l'associer au collège apostolique '. C'est pourquoi des artistes lui ont mis une bourse à la main, voulant désigner son ancienne profession. Cf. Êoangélisles, Apôtres.

Saint Cyprien, évêque de Carthage. Cf. Epie.

Saint Aimé solitaire, et abbé de Remiremont; 13 septembre, v. 617. Jetant de l'argent dans une rivière. On lui attribue ce que d'autres rapportent de saint Éphestion ermite lequel, pressé par sainte Mélanie de garder l'argent qu'elle lui avait apporté, se reprocha bientôt d'avoir manqué de confiance en Dieu , et jeta dans l'eau cette somme qui pouvait le tenter d'avarice. C'est ce que raconte son plus ancien biographe (AA. SS. Srptembr., t. IV, p. 104).

I. Non contents de raconter que ces chenilles nombreuses disparurent dans une nuit, quelques narrateurs plus dévots au saint qu'au \rai veulent que ces bestioles se soient changées eu fleurs. C\st enchérir sur rhagiofçraphe Albert le Grand qui ne reculait pourtant pas devant les miracles de la légende celtique.

•1. Calendar. heneilicl., I maii.

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