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CHAPITRE IV

Développement de quelques dérivés de l'intestin céphalique.

Lorsque la gouttière digestive s’est fermée à ses deux extrémités et représente un tube endodermique emboîté dans un fourreau cctodermique, on voit le feuillet externe se déprimer en forme de fossette exactement en regard du cul-de-sac aveugle de l’intestin céphalique ; cette fossette buccale, de plus en plus profonde, s'applique finalement sans interposition de tissu mésodermique sur l’extrémité du tube intestinal. La fossette buccale et la cavité de l'intestin ne sont plus séparées que par une mince membrane didermique qui se résorbe progressivement pour faire place à lorifice buccal primitif. L'orifice buccal définitif est situé plus en avant : il sera constitué par le rebord circulaire de la fossette buccale, que vont encadrer les quatre bourgeons maxillaires et le bourgeon frontal.

Mais déjà la tête de l'embryon a commencé à se courber vers la face ventrale, élargissant ainsi la cavité buccale dans sa partie supérieure, et les premiers rudiments de l'appareil branchial ont fait leur apparition sur les faces latérales du cou. Des évaginations linéaires épithéliales de l'intestin céphalique s'enfoncent à la rencontre d'invaginations correspondantes de l’ectoderme, jusqu'à n'être plus séparées

les unes des autres que par une membrane d’occlusion réduite normalement aux deux couches épithéliales. Ce sont là les sillons branchiaux internes et externes (improprement nommés fentes branchiales chez l’homme) au nombre de quatre chez l’embryon humain : ils sont séparés les uns des autres par les arcs branchiaux. Sur la ligne médiane antérieure ils sont interrompus par la soudure des 2°, 3 et 4 arcs, non seulement avec ceux du côté opposé mais en une masse unique qui sera le plancher de la bouche.

Au niveau de la fusion des 2 et 3° arcs, se soulèvent dans la cavité pharyngienne deux saillies paires, les ébauches de la racine de la langue ; elles se confondent en une seule, puis se soudent avec le tuberculum impar, ébauche du corps et de la pointe de la langue, apparu entre les bourrelets maxillaires inférieurs encore désunis. Une légère dépression, le foramen cæcum, se creuse entre les ébauches postérieures et le tuberculum impar (entre les deux ébauches de la racine, suivant His); elle prend la forme d'une vésicule épithéliale de plus en plus profonde, qui ne conserve après la réunion des ébauches linguales qu’une communication étroite avec la surface de la langue: le canal thyréo-glosse.

C'est en effet ce bourgeon médian qui représente l’ébauche impaire de la glande thyroïde. Il s'enfonce dans la paroi ventrale du pharynx, se pédiculise et se divise en deux lobes latéraux, tandis que le tractus épithélial thyréo-glottique qui le reliait au pharynx disparaît, ne laissant subsister que son point d'attache supérieur, le foramen cæcum, parfois quelques fragments creux ou pleins de sa portion sus- ou

sous-hyoïdienne, et son attache inférieure, la pyramide de Lalouette.

Très peu de temps après l'apparition de l’ébauche impaire, se montrent dans la partie ventrale du 4° sillon branchial interne à gauche et à droite de la ligne médiane, deux évaginations creuses de l’endoderme : ce sont les ébauches paires de la glande thyroïde. Elles se détachent de leur épithélium d'origine, descendent sur les parties latérales du diverticule aérien du pharynx (larynx, trachée, bronches, etc.) et se fusionnent avec les lobes latéraux de l’ébauche médiane, sans que d’ailleurs les auteurs les plus autorisés (Kastschenko, His, Prenant, etc.) aient pu se prononcer sur la part qu'elles prennent réciproquement à la formation de la glande unique et définitive.

Les ébauches paires émettent, selon Prenant, chacune au temps où elles sont encore reliées au 4 sillon branchial un bourgeon, appelé glandule thyroïdienne ; l’ébauche thyroïdienne paire et la glandule correspondante cheminent ensemble et s'incorporent aux lobes de la glande thyroïde médiane, ou bien la glandule reste accolée à la surface extérieure.

Pour Benjamins, Tourneux et Verdun, Schreiber les glandules thyroïdiennes (parathyroïdes), naissent indépendantes des ébauches paires, non dans la partie ventrale, mais dans la partie dorsale du 4° sillon endodermique ; elles se diviseraient pour donner chacune deux glandules, ce qui porterait leur nombre total à quatre, une glandule externe et une interne de chaque côté. Les glandules internes (1nnere Epithelkorperchen de Kohn), inconstantes pour Benjamins, pénétreraient dans le parenchyme de la glande thyroïde (Kohn), et s'y résorberaient totalement (Tourneux

et Verdun); les glandules externes, au contraire, constantes,

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