‹ Carcinomes Pavimenteux Du Corps ThyroïdeChapitre 19 sur 44 · AN · texte numérisé non relu

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vasculaires, enfermant dans leurs mailles des cellules alignées le long des sepla, ordonnées en tubes creux (avec sécrétion muqueuse ou colloïde) à la périphérie, ou en tubes pleins dans le milieu des alvéoles, elle mentionne aussi au centre des segments glandulaires une grande masse protoplasmique avec des noyaux épars.

Benjamins décrit trois types de cellules et donne comme caractéristique des parathyroïdes une rangée de cellules en palissade à la face interne de la capsule et le long des grosses travées fibreuses. La disposition rayonnée et folliculaire des cellules serait fréquente, la sécrétion colloïde accessoire, les voies lymphatiques restreintes. Il serait toujours facile de distinguer les cellules paratbyroïdiennes, des cellules de la glande thyroïde.

Nous avons vérifié ces descriplions sur douze parathyroïdes, prises sur huit cadavres et avons constaté ce qui suil :

Squelette conjonclf el vaisseaux. — Les travées conjonctives qui partent de la capsule sont relativement solides, mais elles s’amincissent rapidement, et forment des mailles d'autant plus délicates que le sujet est plus jeune. Les vaisseaux el les capillaires sont abondants, le plus souvent situés dans la charpente, parfois entre les tubes épithéliaux.

Ordonnance cellulaire et sécrélion. — Nous n'avons pas retrouvé les hautes palissades de Benjamins, mais des cellules cubiques bien alignées le long des principaux soutiens conjonctifs. Des tubes cellulaires pleins, de 3 à 5 cellules d'épaisseur, quelquefois plus déliés, tassés à la périphérie, lâches au centre des lobules, s’enchevêtraient dans toutes les directions.

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Dans deux cas les boyaux cellulaires n'étaient pas reconnaissables, une masse non ordonnée de cellules à contours tranchés remplissait entièrement les mailles conjonctives. Des acini n'étaient dessinés que par ci par là; dans deux cas nettement, dans trois autres cas ils existaient assez difficilement reconnaissables, dans un cas il n'y avait pas trace de disposition en cercle. Sur quatre sujets les acini n'avaient pas de lumière centrale, pas de sécrétion visible ; sur un sujet ils étaient ou bien vides, ou renfermaient un produit de sécrétion homogène mais qui se colorait moins vivement que la substance colloïde thyroïdienne.

Morphologie cellulaire. — Le lype ordinaire était représenté par une cellule claire, polyédrique, grande (15-20 ,) finement granuleuse, à contours nettement marqués, avec un noyau de 74, foncé, dans lequel on distinguait les grains chromatiniens. Un second type de cellule, plus grand, plus clair, à noyau vésiculeux, pâle, dans lequel les nucléoles se détachaient vivement, était beaucoup plus rare, et remplissait les intervalles entre les boyaux cellulaires, sans prendre part à leur constitution. Dans un cas de maladie de Basedow, une grande quantité de cellules possédait un caractère embryonnaire marqué : noyau foncé, sans détails visibles, protoplasma granuleux, contours cellulaires fondus, substance intercellulaire nuageuse.

Avec l’âge (?) les cellules parathyroïdiennes sont remplacées par de la graisse, et en lieu et place des acini ou des tubes on voit de grands espaces limités par des mailles très délicates en toile d’araignée (1).

(1) Dans la Wiener Klinik de novembre 1903, Bum écrit que les parathyroïdes n'ont absolument rien d’analogue avec la thyroïde : travées

B. Pathologie. — Les tumeurs, la pathologie en général des parathyroïdes n'existent pas dans les livres. Mais il semble que ce chapitre ne tardera pas à s'ouvrir, aussitôt que la physiologie aura établi avec exactitude quelles sont les fonctions dévolues aux glandules parathyroïdiennes par rapport à la glande thyroïde et à l'organisme entier.

C. Discussion. — En l'absence de néoplasmes connus des parathyroïdes nous en serons réduits à confronter le tissu parathyroïdien sain avec le tissu de nos tumeurs.

L’abondante vascularisation parathyroïdienne est le point principal qui rapprocherait les glandules de notre deuxième cas. L’architecture ne nous apporte rien de nouveau et la morphologie cellulaire semble réellement être la même que celle des cellules thyroïdiennes en voie de différenciation chez le fœtus ; les grandes celivles pâles intercalaires n’ont pas les réactions de nos cellules type 3.

L'ensemble histologique d’une parathyroïde imite donc la glande thyroïde non pas embryonnaire, mais arrêtée dans son développement. Ce stade inachevé des cellules parathyroïdiennes est difficile à mettre en parallèle avec nos formes jeunes type 2, qui sont des cellules embryonnaires ; et les parathyroïdes ne renferment que très peu de ces dernières dont le rôle, probablement, consiste à remplacer les cellules de la masse.

L'hypothèse du point de départ de nos tumeurs dans une glandule parathyroïdienne incluse dans la thyroïde ne paraît pas se justifier: nous n'avons trouvé qu'une ressemcellulaires pleines sans follicules, mais avec un vaisseau central autour

duquel se range une couronne épithéliale. Nous n'avons pas pu confirmer cette dernière assertion sur nos préparations,

blance lointaine avec la glande thyroïde, et rien pour expliquer une disposition pavimenteuse,nila présence de cellules embryonnaires allongées.

TuyMUS ET GLANDULES THYMIQUES.

À. Anatomie. — Contrairement aux parathyroïdes, la structure du thymus est relativement peu discutée. De chaque côté, une glandule thymique pénétrerait avec la parathyroïde interne dans le corps tyroïde. Kohn décrit quatre glandules thymiques, qui se transforment et disparaissent, comme le thymus lui-même, avec l’âge.

Nous avons trouvé sur un cadavre de 13 ans un corpuscule de tissu thymique accolé à une parathyroïde ; cela nous prouve que des fragments encore assez importants du thymus ou de son corpuscule persistent parfois après l’atrophie générale de l'organe et qu'ils pourraient bien être chez l’adulte plus souvent qu'on ne le pense, le point de départ de cerlaines tumeurs du cou.

Le thymus est au moment de son apparition, un organe exclusivement épithélial (1), mais il se transforme rapidement par l'invasion de tissu Iymphoïde, et à l'apogée de sa croissance (2 ans), on ne retrouve plus déjà en fait de débris épithéliaux que les corpuscules de Hassal (His, Maurer) ; le reste n'est qu'un réliculum bourré de lymphocytes, et parcouru par quelques vaisseaux disséminés.

Les thymus que nous avons examinés n'avaient pas les vésicules ciliées signalées par Remak (2).

(4) Simon, in Porrier.

(2) Les vésicules ciliées que certains auteurs ont retrouvées aussi dans les glandules parathyroïdiennes, seraient un résidu de l’époque embryonnaire.

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Nous n'ajouterons que quelques observations aux descriptions courantes : les corpuscules de Hassal sont beaucoup plus nombreux au centre des follicules qu'à la périphérie chez les fœtus et les enfants nouveau-nés; mais chez les enfants de 1 à 2 ans l'inverse paraît être la règle. En dehors des corpuscules nous avons rencontré les cellules épithéliales en proportion plus grande qu'on ne l'indique d'ordinaire, isolées ou par groupes de ? à 4 éléments, quelques-unes énormes, à grand noyau pâle, quelques autres multinucléées.

Les cellules isolées nous paraissent être de même nature que celles qui entrent dans la composition des corps concentriques.

Elles sont d’origine épithéliale ; aucun intermédiaire ne permet de les faire dériver ou de faire dériver d'elles les lymphocytes (!) qui envahissent le thymus. Elles ne sont pas d'origine endothéliale, aucune relation directe et constante n'existe entre elles et les vaisseaux. Tout au plus pourralent-elles être de nature conjonctive, mais celte supposition est également insoutenable par le fait qu’elles contiennent de la kératine.

C'est sur le thymus, en effet, que nous avons essayé d’'abord la méthode d'Ernst (1), parce qu’il nous importait de nous éclairer sur la nature des corpuscules de Hassal, el que nous avions eu par nos coloralions au van Gieson et à l'acide picrique l'impression classique de leur analogie avec les globes épidermiques cornés des cancroïdes.

Nous avons ainsi pu constater que les corpuscules con-

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gr. Ve.

centriques, composés de cellules imbriquées à la périphérie, polyédriques au centre, et de divers débris cellulaires de nature indéterminée, réagissaient à la méthode de la kératine. Sans insister sur les variations que présentent les corpuscules dans leur conformation extérieure et l'agencement de leurs éléments, nous décrirons seulement les principaux aspects sous lesquels nous apparaissent les cellules constituantes, lorsque la kératine qu’elles renferment est mise en évidence.

Parakératose. — Dans les corpuscules de Hassal la kératinisation ne suit pas les étapes bien connues pour l'épiderme et les perles du cancroïde ; il s’agit de parakératose. Nous ne reviendrons pas en détail sur l'ensemble de ce processus dont nous avons exposé les caractères plus haut.

Les cellules, généralement en forme de croissants aux environs du pourtour, sont très peu serrées dans le milieu du corpuscule ; là elles ont abandonné souvent leur individualité et figurent des conglomérats informes dans lesquels elles peuvent rester vivantes mais où elles ont fréquemment déjà perdu leur noyau. A la périphérie comme au centre la kératinisation est évidente, elle ne suit aucune marche régulière, elle se retrouve dans les cellules vivantes ou mortes, indépendantes ou conglomérées.

La coloration par le Gram fait apparaître dans les corps cellulaires tantôt des granulations excessivement fines, mais fortement teintées, tantôt (moins souvent) un délicat chevelu onduleux, tantôt (le plus ordinairement) un contenu plus où moins homogène qui forme des lamelles,

des écailles assez comparables à celles de la couche cornée de l’épiderme.

Il n’y a pas de succession régulière entre ces différents modes qu'on peut trouver tous réunis dans une ‘zone quelconque du corpuscule de Hassal. C’est ainsi qu’on rencontre des cellules homogènes à la périphérie, des cellules granuleuses au centre ou réciproquement ; ailleurs telles cellules du bord n’ont plus leurs noyaux, celles du milieu, kératinisées, ont conservé les leurs ; souvent dans la région marginale la kératinisation est plus accentuée que dans la région centrale ; certains corpuscules se kératinisent légèrement, à moitié ou pas du tout, d'autres sont tranformés en un bloc opaque.

Nous avons constaté les mêmes phénomènes de parakératose dans les cellules isolées du thymus, avec cette différence qu'elles adoptent plus volontiers que les cellules des corps concentriques les modes élégants, c'est-à-dire fibrillaire, réticulé.

L'évolution des cellules parakératosiques dans le thymus a l'air de se faire plus lentement que par exemple dans notre cas |; nous n'avons pas pu déterminer d’une façon certaine la destinée que subissent les corpuscules Kératinisés, mais il nous semble qu'après avoir atteint un degré variable de kératinisation, ils pâlissent et se dissolvent peu à peu. Les groupes de cellules bleu-pâle homogènes représentent probablement un état régressif, et si nous n’avons pas découvert le plus petit résidu d’un foyer hassalien dégénéré, cela peut très bien tenir à la résorption active qui s'exerce sans obstacle dans ce milieu lymphoïde.

Enfin nous pourrions nous demander si nous avons affaire à de la kératine ou à de la kératohyaline? La morphologie du produit élaboré indique que c’est au moins en grande

partie de la kératine (filaments, masses homogènes) ; il n'y aurait de kératohyaline en tous cas que parmi les granulations, et nous n'avons pas tranché la question. D'ailleurs la kératohyaline n'est pas incompatible avec la parakératine et sa présence n'empêcherait pas le processus d’être irrégulier, parakératosique.

Nous n’entrerons pas dans de plus longs détails au sujet du thymus, car ce qui nous importait, c'était d'y trouver de la kératine et de pouvoir considérer ce fait comme habituel. Six thymus nous ont fourni à ce point de vue les mêmes résultats positifs.

Les corpuscules de Hassal sont des éléments normaux dans un organe qui provient du 3 sillon branchial. L'appareil branchial est tapissé à sa face interne par l'endoderme, et ce revêtement qui réapparaît dans le thymus sous forme de cellules épithéliales isolées ou groupées extériorise, en elles à un degré il est vrai imparfait, une propriété réservée dans les conditions physiologiques à l'ectoderme superficiel, Voilà ce que nous retenons.

À la suite de ce résultat seulement nous avons appliqué les méthodes de Gram et de Weigert à nos tumeurs thyroïdiennes, et pu affirmer dans le cas n° I que les îlots de grandes cellules claires polyédriques, à bords tranchés, finement granuleuses et à noyaux petits et foncés, étaient aussi des foyers de parakératose.

B. Pathologie. — La pathologie du thymus nous apprend que parmi ses tumeurs, qui sont rares, on rencontre le lympho-sarcome, le sarcome, le lymphome et aussi le carcinome ; quant à ses Llumeurs dermoïdes, exceptionnelles (?), on fait toujours remonter leur origine soit à une in-

ed.

clusion fœtale, soit « à la période où le thymus possédait encore une structure épithéliale prononcée » (?) (Marchand).

Mais de parakératinisation il n’est nulle part question, et nous sommes en droit de nous demander si les carcinomes thymiques, qui procèdent forcément des cellules épithéliales ou des corps concentriques, ne manifestent pas leur tendance naturelle par la présence de kératine, et s'ils n’ont pas été dans ce cas simplement confondus avec des tumeurs épidermoïdes d'origine branchiale {1).

C. Discussion. — Après ce que nous venons de dire, il n'est pas nécessaire d'insister davantage pour laisser entendre que nous serions enclins à attribuer un carcinome pavimenteux et parakératosique, tel que notre premier cas, tout aussi volontiers à une prolifération épithéliale d’un corpuscule thymique intra-thyroïdien persistant qu'à une inclusion branchiale.

Mais notre cas est, malheureusement, isolé et nous ne pouvons apporter aucune preuve en faveur de cette hypothèse, qui demanderait à être contrôlée par l'examen minulieux de nouveaux cas appropriés.

En outre, si notre tumeur [est un exemple typique de parakératose, notre tumeur IT ne l’est en aucune façon. Or, sans vouloir de parti-pris lier les deux cas l’un à l’autre et leur faire une destinée commune, nous sommes contraints

de nous rappeler qu’ils se ressemblent précisément par leurs

(1) La bibliographie du thymus ne mentionne pas, à notre connaissance, cette hypothèse, et toutes les tumeurs du type ectodermique dans cet organe (il est évident qu'elles doivent être rares en raison de la disparition normalement précoce du thymus) ont été attribuées à une inclusion fœtale.

particularités (type embryonnaire, architecture pavimenteuse tubulée-lobulée) et que dans le second cas, les cellules de la portion tubulée sont reliées par des formes de passage ininterrompues aux cellules de la portion adénocarcinomateuse.

Nous concluerons donc que le thymus nous paraît réunir des conditions amplement suffisantes pour être capable de produire un carcinome kératinisant et sans doute aussi de structure pavimenteuse. Nous réserverons, pour le cas n° Ï, l'hypothèse pathogénique thymique comme possible, mais nous ne l’adopterons pas franchement, parce qu'il nous est impossible de donner une preuve objective de sa descendance (1); pour le cas n° IL, nous repousserons cette hypothèse à cause des cellules de transition qui rattachent l'adéno-carcinome à la portion tubulée.

CORPUSCULE RÊTRO-CAROTIDIEN.

Nous abrégerons ce chapitre pour deux raisons : a) l'origine du corpuscule rétro-carotidien est très discutable ; b) bien que sa structure et ses tumeurs commencent à être objectivement connues, l'accord sur l'interprétation de ses éléments épithélioïdes est encore loin de se faire. Une très complète revue générale a été publiée sur cette question par Reclus et Chevassu dans la Revue de Chirurgie en 1903, et nous y renvoyons le lecteur pour les détails circonstanciés.

(1) Nous ne reprendrons plus l'hypothèse thymique même aux conclusions, et bien qu’elle nous paraisse réalisable, parce qu’elle est indémontrable et que l’hypothèse branchiogène avec laquelle elle a les plus grandes analogies est une notion courante.

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