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Il n’y a que deux inconvénients : les cellules sarcomatoïdes, d’après Bard, sont arrondies (1), les nôtres allongées; el la structure da la portion embryonnaire est dans notre tumeur pavimenteuse lobulée.
Ne considérerons-nous pas notre tumeur comme un €carcinome thyroïdien, pour ces deux raisons ? Supposeronsnous dans le corps thyroïde deux tumeurs différentes ? Non,
Nous avons déjà plusieurs fois montré les cellules jeunes reliées aux cellules différenciées de la portion adulle par une série de formes intermédiaires.
L'architecture pavimenteuse lobulée, la forme longue des cellules embryonnaires dans notre cas, sont les points obscurs que nous voulons élucider, mais auxquels nous ne sommes pas en état de répondre actuellement. Nous avons cependant une certitude, c'est que nous sommes en présence d’un carcinome thyroïdien jeune qui dévie des formes décrites classiquement.
Quant au cas n° 1, nous savons que c'est un carcinome à allures ectodermiques prononcées, qu'il ne subsiste que très peu de tissu thyroïdien et que nous n'avons pas découvert de transitions certaines entre les cellules thyroïdiennes et les cellules néoplasiques.
Sans formes de transition, ce cas ne peut évidemment pas être même soupçonné de nature thyroïdienne : nous l'avons plus haut rapproché de certaines tumeurs branchio-
gènes incomplètes.
(1) Bard ne décrit de tumeurs épithéliales embryonnaires à cellules allongées que dans la peau, pas dans les glandes ni dans les muqueuses à épithélium cylindrique, Krompecher, au contraire, a trouvé des carcinomes embryonnaires de la mamelle avec des cellules ovales, et presque longues « länglich ».
D. Carcinome sarcomatode du corps thyroïde. — Virchow désignait par cette association de noms deux genres de tumeurs : 1° celles qui ont ici une apparence carcinomateuse, là une apparence sarcomateuse : elles sont toujours d’origine endothéliale (von Hansemann) ; 2° celles qui sont réellement des carcinomes, mais dont le stroma dégénère en sarcome. Îl faut réserver à ces dernières le nom de carcinome sarcomatode. Elles sont rares, passent pour être d'une malignité extraordinaire et métastasent le plus souvent avec les deux facteurs composants. Le parenchyme a son apparence ordinaire ; la charpente, large et solide, est transformée en travées de cellules fusiformes disposées absolument comme dans un sarcome pur, elle prolifère activement à côté du tissu noble, sans se mélanger d'une façon notable avec lui.
Cliniquement notre fumeur n° 1, maligne localement, n’a pas fait de métastases éloignées, elle s'est propagée seulement par la Iymphe jusqu'aux ganglions péritrachéo-bronchiques.
Histologiquement les cellules fusiformes qui dans cette hypothèse représenteraient le sarcome ne sont pas la prolifération du stroma, elles sont incorporées au parenchyme dont elles font partie intégrante.
La fumeur n° 11 se rapprocherait plutôt d'une tumeur mixte maligne de ce genre,parce que les cellules embryonnaires fusiformes sont par endroits tellement prépondérantes qu'on pourrait voir en elles des travées conjonctives devenues sarcomateuses.
Mais tandis que le carcinome sarcomatode devrait con-
server, quoique épaisse et sarcomateusie, une charpente
distincte du parenchyme, nous voyons d'une part en [la des travées conjonctives d’un calibre nullement exagéré, dont les cellules se sont multipliées, mais sans perdre leurs caractères normaux, sans dépasser les limites d'une réaction naturelle, d'autre part,en [Ib des remous, des courants de cellules sarcomatoïdes qui sillonnent les nids carcinomateux et s’y fondent insensiblement, en formes de passage, et une charpente distincte fine et vasculaire.
Le cas IT demandait à être étudié avec attention et nous n'avons écarté le diagnostic de carcinome sarcomatode qu'après des examens soigneux, non seulement parce que les cellules sarcomatoïdes appartiennent au parenchyme, mais parce que le squelette conjonctif a partout l'aspect habiluel et que s’il fait preuve, en un endroit, de surexcitation c’est exclusivement aux dépens de l'élément vasculaire.
E. Epithélioma papillaire. — Nous avons finalement confronté les préparations Ia avec 3 cas d’épithélioma, que MM. Cornil et Marie ont présentés en 1898 à la Société Anatomique.
Les trois cas provenaient du sein et présentaient des particularités telles que les auteurs en ont fait une forme d'épithélioma nouvelle. Le compte rendu est illustré de figures quimontrent immédiatement les détails caractéristiques.
En résumé, des tubes pleins et des lobules épithéliaux sont séparés par des travées conjonctives, et répondent tout à fail à lépithélioma pavimenteux tubulé-lobulé à cellules polymorphes. Mais les masses épithéliales apparaissent trouées d'orifices petits, réguliers, enveloppés d’une collerette cellulaire; et du bord des travées conjonctives se
détachent des coins fibro-vasculaires qui s'enfoncent droit
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dans le tissu néoplasique. Ce sont deux aspects d’une seule el même formation coupée en long ou en travers : des papilles très fines, pourvues d'un capillaire central, effilées, puis renflées à leur terminaison et recouvertes d’un manchon épithélial à cellules perpendiculaires sur leur axe. Souvent le capillaire constitue à lui seul la papille, du moins à quelque distance de la travée principale, et La coupe transversale montre alors un orifice à paroi circulaire endothéliale, entouré d’une couronne épithéliale.
Les cellules ainsi ordonnées en cercle sont cubiques ou allongées, mais perdent leur orientation dès la seconde assise et deviennent polymorphes. Les hémorrhagies sont relativement fréquentes et peu importantes.
La présence de vaisseaux embryonnaires dans les masses parenchymateuses et l'aspect rayonné des cellules autour des vaisseaux sont deux caractères qui n’existent pas dans l’épithélioma lobulé ou tubulé pur, mais appartiennent plutôt au sarcome. Pourtant les cellules en couronne sont incontestablement épithéliales, et les deu x éléments ne végètent pas côle à côte comme dans les tumeurs mixtes, mais ils sont liés l’un à l’autre, l’épithélium est subordonné à l’axe vasculo-conjonctif. C’est une forme d’épithélioma porté sur de minuscules papilles : épithélioma papillaire, tumeur maligne dont la gravité est moindre que celle des carcinomes .
Notre cas I n'entre pas en ligne : si on peut y remarquer une sorte de sériation des cellules néoplasiques en files per pendiculaires sur les travées conjonctives et à leur contact, si on peut rencontrer par ci par là des trous dans le parenchyme, il n’est pas difficile de se convaincre sur le champ
UOTE
qu'il s'agit non de papilles, mais de faisceaux conjonctifs amorphes subsistant encore dans une zone d'infiltration carcinomateuse, et que les trous sont irréguliers, sans capillaire et sans couronne épithéliale rayonnante, simples déchirures dues à l’action de l'alcool.
Pour le cas IE, il est nécessaire d’y regarder avec plus de soin. Dans sa portion [la relativement assez vasculaire et qui offre le type structural pavimenteux lobulé-tubulé, on voit sans doute des orifices dans le parenchyme, on y voit des vaisseaux tantôt entourés d’un fourreau fibro-conjoncüf, tantôt capillaires libres n'ayant que leur paroi endothéliale. Ces derniers sont reconnaissables, même coupés en long et parmi les cellules indifférenciées, par les deux lignes exactement parallèles et coupées d’intervalles que figurent les noyaux très minces des cellules endothéliales.
Cependant l'élément vasculaire est beaucoup moins développé que dans les tumeurs du sein décrites par MM. Cornilet R. Marie ; il ne paraît pas être un facteur prépondérant; en tout cas l'épithélium ne lui est nullement subordonné, car pas une seule fois nous n'avons pu voir les cellules épithéliales disposées en couronne radiée autour des trous, nien manchon autour des vaisseaux.
L'un des caractères capitaux des épithéliomes papillaires, l'ordonnance en collerette des cellules épithéliales autour des vaisseaux, manque tout à fait dans notre tumeur; l’autre, la présence de capillaires dans le parenchyme existe, il est vrai, mais ces vaisseaux sont relativement peu nombreux. Nous n'assimilerons pas, en conséquence, notre cas IT aux épithéliomes papillaires, mais nous retiendrons cette particularité qu'il a de posséder quelques vaisseaux en plein parenchyme néoplasique pavimenteux.
Nous avons déjà attiré l'attention sur l'énorme développement du réseau vasculaire en IT b. Cette tendance se répereule, miligée, Jusque dans la charpente de IT a, et peutêtre les vaisseaux du parenchyme représentent-ils là ce qui subsiste encore d’un envahissement rapide des territoires
conjonctifs par les masses épithéliales ?