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Il est certain que la plupart de ces causes d’endocardite n’ont pas été recherchées par les auteurs qui ont présenté des observations de cardiopathies d’origine gravidique. Nous trouvons cette lacune chez tous. C’est ainsi que De Lotz présenta en 1857, à l’Académie, cinq observations qui n’obtinrent qu’une désapprobation complète de la part de Bouillaud et d’Hervieux. D’après Hervieux, des cinq observations qui font la base du travail de De Lotz, deux se rapportent à des accouchées ayant eu des hémorrhagies internes abondantes, puis des signes de chloro-anémie pris par l’auteur pour des phénomènes d’endocardite ; la troisième était cachectique ; la quatrième avait eu un érysipèle de la face.
« Mais, ajoute Hervieux, si on considère que tous les prétendus signes d’endocardite avaient disparu au bout de quelques jours, on aura peine à croire à la réalité de cette assertion. »
Les cas cités par Ollivier, Istria, Guyot sont aussi dépourvus d'assises solides ; les antécédents n’y sont pas scrutés à fond, pas plus que l’histoire obstétricale de la femme ; pas un mot ne nous signifie l’état de ses viscères.
Notons en passant, qu’il y a 20 et à plus forte raison 30 ans, les suites de couches étaient bien plus souvent pathologiques qu’elles ne le sont aujourd’hui, et que l'infection puerpérale n’était pas encore très rare.
Il nous reste maintenant à examiner le second argument de la théorie d'Olivier : la contestation d’une cardiopathie pendant la grossesse au moyen de l’auscultation.
2 cas se présentent : Dans le premier, les signes stéthoscopiques ne correspondaient pas à des lésions organiques du cœur; nous connaissons, en effet, la fréquence chez la femme enceinte des souffles anémiques, des souffles extra-cardiaques ; M. Potain a
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aussi signalé l’accentuation du second bruit de l’artère pulmonaire et le dédoublement du second bruit de la base, tous phénomènes essentiellement physiologiques qui ont pu parfois tromper une oreille distraite ou non prévenue et être pris pour des phénomènes morbides.
Dans le second cas, l’auscultation a abouti à un diagnostic exact, l’autopsie a pu parfois le prouver. Mais cette constatation exacte a-t-elle été faite dès le début de la grossesse ou à une époque quelconque de la gestation ? Dans les deux circonstances, la femme examinée pouvait avoir depuis plus ou moins longtemps une cardiopathie latente et légère, qui ne s'est révélée que sous l'influence de la grossesse. D'autre part, lorsque l’examen du cœur n’a été fait que par hasard, vers le quatrième, le cinquième ou le septième mois par exemple, comment peut-on affirmer que la malade n’était pas cardiaque avant de devenir enceinte ; cardiaque avant la conception, son endocardite ancienne a, sous une influence quelconque, donné naissance à une nouvelle poussée ; telles sont les observations incontestables de Ramsbotham, Simpson, Hecker et Buhl.
En dernier lieu, si tous les accoucheurs examinaient systématiquement le cœur de toutes les femmes enceintes qu’ils soignent, ainsi que le fait M. Vinay danssa maternité de Lyon, ils seraient étonnés de la forte proportion de cardiopathes qu'ils rencontreraient. M. Vinay a, de cette façon, trouvé 29 cardiaques sur 1700 cas, soit presque 2 0/0. On ne s’étonnerait plus alors, vu la latence de certaines affections du cœur, de constater au cours d’une grossesse des signes certains de lésions cardiaques organiques qui, sans la grossesse, ne se seraient peut-être pas révé-
lées.