CHAPITRE PREMIER
De l’infiuence de la grossesse sur le cœur sain.
A. — Théorie de Larcher.
« De l’hypertrophie normale du cœur pendant la grossesse », tel est le titre d’un article que Larcher fit paraître en 1859 dans les Archives générales de médecine, notice dans laquelle Pauteur traduisait une opinion personnelle qui était destinée à provoquer de nombreuses recherches de la part des médecins et des accoucheurs. ;
Pour Larcher « le cœur, dans l'espèce humaine, est normalement hypertrophié pendant le cours de la gestation ».
L'hypertrophie créée par la grossesse disparaîtrait ordinairement et progressivement après l'expulsion du fœtus, mais elle persisterait parfois indéfiniment chez les multipares et principalement chez les femmes dont les grossesses se sont succédées à court intervalle ; il s’ensuivrait alors, outre des troubles nerveux tels que les palpitations, une hypertrophie pure ou avec dilatation.
L'augmentation d'épaisseur du cœur prédisposerait aux épistaxis, aux hémoptysies, aux métrorrhagies, à la congestion et à l'hémorrhagie cérébrales. Enfin son influence sur toutes les affections aiguës serait indéniable, si l’on admettait cette formule de Larcher : « Le cœur, normalement hypertrophié pendant la grossesse, exerce une notable influence et sur lintensité et sur la durée des congestions et des phlegmasies aiguës intercurrentes. »