‹ Cardiopathies et GrossesseChapitre 7 sur 51 · BR · texte numérisé non relu

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penser à la compression de l’aorte qui, nous le savons, est entourée d’une riche atmosphère cellulo-graisseuse et qui ne saurait être fortement comprimée par le fondus utérin qui s’est élevé dans l’abdomen, par suite de l’antéflexion normale que les ligaments ronds et surtout utéro-sacrés imposent à l'organe. L’utérus gravide ne pourrait, pour les mêmes raisons, rétrécir le calibre de la veine cave inférieure. Du reste, l'œdème ct les varices des

femmes enceintes ne résultent pas de la compression de ce vais-

seau ; en effet, l’œdème des membres inférieurs, comme l’a démontré M. Porak, s’explique bien mieux par l’hydrémie et la pesanteur ; d’autre part, les varices surviennent souvent dans les premiers mois, alors que la veine cave ne peut être comprimée, et diminuent souvent vers la fin de la gestation.

D’après Lash, c’est dans l'augmentation générale et progressive de la pression vasculaire abdominale qu'il faut chercher la cause de l’augmentation du travail du cœur pendant les derniers mois de la grossesse (Lash, Vorérdge und Abhandlungen, p. 31). Nous ne rejetterons pas de parti pris la possibilité de ce dernier fait, qui d’ailleurs n’est pas en contradiction avec nos opinions personnelles, et qui même s’il existait n’entraînerait pas nécessairement l’hypertrophie du ventricule gauche. Maïs nous le rapprocherons, pour en faire ressortir la bien minime importance, de la dernière cause que les défenseurs de l’hypertrophie ont alléguée ; la formation d’un nouveau réseau vasculaire. Pour prouver l'influence de la néoformation vasculaire utérine sur l’hypertro phie cardiaque, on s'est appuyé sur le phénomène de la diminution de la quantité d'écoulement d’un liquide parcourant un tube régulièrement calibré, lorsqu'on incurve ou allonge ce tube, ou lorsqu'on le rétrécit et qu’on le distend alternativement. Or ces résistances n'existent pas dans l'utérus gravide, car elles sont

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compensées par l'augmentation de calibre de tous les vaisseaux qui irriguent l’utérus normal. — A la suite d'expériences faites avec des tubes de formes variées à travers lesquels il faisait écouler de l’eau sous une pression constante, Fritsch conclut que l'écoulement diminuait de plus en plus lorsqu'on se servait de tubes de plus en plus longs, à moins qu'on n’augmentât la pression. Ceci est vrai, mais cette autre conclusion ne l’est plus : « L’utérus gravide me paraît exercer une influence semblable. » — On né peut pas comparer les tubes de Fritsch au système vasculaire de l'utérus gravide. Bien que, surtout à la fin de la gestation, il se développe dans l’utérus un abondant réseau de vaisseaux allongés, flexueux, irrégulièrement calibrés et anastomosés entre eux, ce système intermédiaire ne modifie pas les conditions d’écoulement du sang qui passe de l’aorte dans l’utérus, ni de celui qui passe de l'utérus dans la veine cave inférieure. Les expériences de Lash, et surtout celles d'Engelstrôm ont prouvé que l’interposition de canaux collatéraux sur le parcours d’un liquide annihile la résistance évidente des irrégularités de calibre, même si les canaux collatéraux sont peu favorables à l'écoulement.C’est ce qui a permis à Engelstrôm de dire que : « Quand le parcours intermédiaire d’un courant est prolongé par l’adjonction de conduits collatéraux, la quantité de liquide écoulé augmente et la résistance au courant diminue, alors même que les obstacles que créent les conduits collatéraux par leur longueur, leur bifurcation à angle droit, leurs brusques variations de calibre, sont considérables, beaucoup plus même que dans les conduits principaux. »

Pour se rapprocher davantage des conditions physiologiques, Engelstrôm interposait sur un des tubes collatéraux un volumineux tuyau rempli d’éponge, imitant ainsi, mieux que Fritsch dans ses expériences, les conditions normales de la circulation, utérine pendant la grossesse. Ses expériences ct celles de Lash

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