‹ Cardiopathies Mitrales et GestationChapitre 16 sur 53 · LA · texte numérisé non relu

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Les battements cardiaques sont toujours accélérés :

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100, 130, à peu près constamment irréguliers, soit que le rythme du cœur soit troublé par des extra-systoles isolées, soit qu’il y ait tachy-arythmie complète. La matité transversale du cœur est augmentée : organe dépasse nettement le bord droit du sternum ; la dilatation des cavités droites est accentuée.

Le foie est hypertrophié, régulier, sensible ; on note du subictère des conjonctives, de l’urobilinurie, des troubles digestifs (anorexie, nausées).

L’atteinte rénale est manifeste : il y a oligurie plus ou moins accentuée (250 gr. à 1 litre) hypochlorurie et albnminurie légère ou moyenne (quelques centigrammes à D gr.).

Mais les phénomènes les plus marquants se produi-: sent au niveau de l’appareil respiratoire : l’asystolie gravidique est une asystolie pulmonaire. Il existe :

— de la dyspnée, intense et continue, revêtant la forme d’orthopnée ; |

— une toux, inconstante, ramenant une expectoration muco-purulente ou rosée, quelquefois franchement sanglante, parfois constituée par des crachats noirâtres ;

— des lésions de bronchite diffuse avec foyers congestifs, ou disséminés ou massifs, localisés surtout à la partie basse du poumon ; ces lésions se traduisent par des râles de bronchite, des râles sous-crépitants et crépitants, quelquefois de la bronchophonie localisée ;

— souvent un épanchement pleural du type hydrothorax soit unilatéral, et dans ce cas le plus souvent localisé à droite, soit bilatéral, presque silencieux bien quesouvent abondant,

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I! faut signaler encore les altérations de l’état général des malades ; les œdèmes masquent un amaigrissement rapide (cachexie cardiaque) ; les femmes ressentent une fatigue extrême et se plaignent d’insomnie, signe de mauvais augure.

Cette asystolie pulmonaire peut évoluer de deux façons :

1° Tantôt elle s'améliore sous l’influence du traitement

digitalique ; il ne s’agit que d’une amélioration, et non

de la disparition des accidents. [Il peut se produire, et l’observation 25 en offre un magnifique exemple, des fluctuations dans l’état de la malade, des alternatives d'amélioration et d'aggravation ; la gestation se poursuit jusqu’au voisinage du terme ; l’accouchement (forceps) est bien supporté ; il est suivi d’une amélioration sensible, mais rapidement, les manifestations asystoliqués reprennent avec intensité, irréductibles, et la femme meurt ;

2° Tantôt l’asystolie résiste à la thérapeutique et reste stationnaire ou s'aggrave ; il ne reste qu’une ressource : l'évacuation de l'utérus. Il en a été ainsi dans cinq de nos observations. L’interruption de la gestation a été pratiquée :

une fois au cours du 3° mois (laminaires) ;

>) deux fois au cours du 4° mois (laminaires-ballon) ;

une fois au cœur du 5° mois (hystérotomie corpo-

réale) ; une fois au cours du 7° mois (hystérotomie corporéale).

Dans deux cas, il s’est produit après l'évacuation de

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l'utérus une amélioration rapide de l’état des malades (obs. 47 et 44) dans un troisième cas, une amélioration partielle, coupée par une crise de dyspnée nocturne survenue 14 jours après l'intervention (obs. 46). Une femme, dont l’état était particulièrement grave au moment de l’avortement thérapeutique, est morte douze heures après la pose des laminaires (obs. 26). Une malade enfin est morte 25 jours après l'intervention, celle-ci semblait provoquer une amélioration des symptômes quand le rc° jour après l'opération, il s’est produit une hémiplégie, dont la cause semble avoir été une embolie cérébrale,

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