‹ Cardiopathies Mitrales et GestationChapitre 39 sur 53 · ŒDÈME AIGU DU POUMON · texte numérisé non relu

ŒDÈME AIGU DU POUMON

(8 observations)

Obs. 34 (640 de 1921). — Rétrécissement mitral. Crises d’æœdème aigu du poumon au 4° mois.

Mme Ch..., 37 ans, {re gestation.

On ne trouve rien de spécial à noter dans ses antécédents héréditaires ou coilatéraux. se

Le rétrécissement mitral a été diagnostiqué au cours de l'adolescence : on ne retrouve aucune crise de rhumatisme articulaire aigu pour expliquer son étiologie.

Cette cardiopathie s'est manifestée à partir de l'âge de 20 ans par des signes légers de décompensation (dyspnée d'effort, bronchites à répétitions pendant l'hiver). Elle a même entrainé en 1911 des accidents plus sérieux qui semblent pouvait être rapportés à une décompensation cardiaque plus nette: pendant 3 semaines elle a été soignée à l'hôpital Necker pour des phénomènes de congestion pulmonaire, s'accompagnant d'un épanchement pleural du côté gauche, qui a été ponctionné. Elle a été en outre soumise à un traitement digitalique pendant son hospitalisation.

Pendant les années qui ont suivi, la cardiopathie ne semble pas avoir manifesté de nouveau son existence par des symptômes de décompensation.

La gestation a débuté au milieu de juillet 1920 et il sem-

ble bien qu’elle ait élé bien supportée pendant les 3 premiers mois: pas d'exagération de la légère dyspnée d'effort habituelle, pas de signes fonctionnels cardiaques.

À la fin du mois d'octobre, sans prodromes se déclanche brusquement une crise de dyspnée nocturne s'accompagnant d'expectoration mousseuse caractéristique.Cette crise d'œdème : aiqu du poumon a été traitée par ventouses scarifiées, morphine, et un traitement digitalique a été institué. Elle a été suivie à ce moment-là pendant 17 jours à l'hôpital Necker.

Cette crise paroxystique survenant au 4° mois de la gestation, chez une primipare, dont la gestalion avait été jusquelà admirablement tolérée, a laissé derrière elle des symptômes dé décompensation cardiaque, qui ont duré pendant toute l’évolution de la gestation : congestion passive des bases pulmonaires, cyanose des lèvres et des extrémités, œædèmes légers des membres inférieurs), mais le pouls est resté régulier, oscillant entre 80 et 100, la diurèse normale, la tension artérielle à 12/8.

Grâce à des mesures hygiéniques sévères, à des cures de toni cardiaques, celte malade a pu mener à terme sa gestation sans présenter des accidents plus sérieux. |

Elle est entrée en travail le 10 avril 1921 : Cette période à été assez bien supportée. Pour. lui éviter les fatigues de la période d'expulsion, on a pratiqué l'extraction du siège, suivie de délivrance artificielle immédiate.

Elle a pu quitter la clinique Baudelocque au {4° jour de suites de couches absolument normales.

Obs. 35 (1475 de 1920). — Maladie mitrale, Crises d’œdème aigu du poumon dans les suites de couches:

Mme De..., 38 ans, 8° gestation.

L'étude des antécédents héréditaires et collatéraux ne dé: cèle rien de spécial à noter.

LAENNEC A1

Elle a présenté à 26 ans une crise sévère de rhumalismé articulaire aigu, survenue au cours de sa 3° gestation : il semble que l’on puisse faire remonter l'existence de la cardiopathie à cette crise.

Cette maladie mitrale a été ignorée jusqu’à la gestation actuelle. Et cependant la malade avait présenté dans les suites de couches de ses 5°, 6° et 7° gestations des accidents impressionnants. Respectivement au 4°, î1° et 12 jours après ses accouchements, elle avait été prise brusquement de phénomènes dyspnéiques, paroxystiques, s'’accompagnant d'expectoralion mousseuse, que nous pouvons, semble t-il, authentifier rétrospectivement crises d’ædème aigu du poumon

Toutes les gestalions avaient été bien supportées.

La 8e gestation actuelle a été aussi bien supportée que les précédentes : aucun phénomène de décompensation cardiaque n'a été observé.

L'accouchement est survenu à terme: accouchement naturel d'un enfant vivant pesant 3500 gr. Délivrance normale.

Le 6° et le 9° jour des suites de couches, la malade a été prise brusquement d’une crise dyspnéique paroxystique, s'accompagnant d'une toux quinteuse, et d'une expectoration mousseuse et rosée caractéristique. Les deux crises d'œdème aigu ont été traitées suivant la technique habituelle ; elles n'ont laissé derrière celles aucun symptôme de défaillance myocardique, et la malade a pu quitter l'hôpital le 48° jour après l'accouchement en excellent élat.

Obs. 36 (1738 de 1921) — Rétrécissement mitral. Œdème aigu du poumon pendant l’accouchement.

Mme Me..., 23 ans, 1e gestation.

Rien de spécial à noter dans ses antécédents héréditaires. L'interrogatoire ne révèle dans l'enfance que la scarlatine, qui semble avoir été peu grave, on ne retrouve dans les an-

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