‹ Carmel [microforme]Chapitre 2 sur 5 · ET · texte numérisé non relu

ET

La glorification de Dieu, e’est le but de toute la création. Dieu: a tout fait pour sa gloire. Unirersa propter semet ipsum operatus est Dominus. (Prov. XVI: Cette fin les religienses l'at. teisnent plus excellemment, Elles méritent donc la louange pour l'acte qu'elles accomplissent, celles qui laissent aujourd’hui le monde, pour se consacrer à Dieu !

Mais, enlevées à la société, est-ce qu'elles ne sauraient plus dé sormais lui être utiles? Loin de là, elles lui rendront plus de services que si elles étaient restées dans le siècle,

Qui ne reconnait l'efficacité de la prière même dans l'ordre purement naturel ? Partout lorsque l'on a une faveur à obtenir est-ce qu'on na pas recours à l'intervention des personnes que l'on sait être agréables à celui de qui on espère ? On emploie de toutes parts des lettres de recommandation qui ne sont qu'une prière faite par celui qui les donne de bien accueillir l'ami en faveur de qui elles sont adressées. Voyez-vous ces requêtes qui

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se signent d'un grand nombre de noms, pour solliciter des auto rités compétentes un emploi avantazeux, où la grâce d'un crimi uel ? Ce sont encore li des supplications dont l'efficacité a d'autant plus de valeur que eeux qui les expriment ont un plus grand mérite p:rsonnel, où une plus haute position sociale.

Transportons-nous maintenant dans l'ordre surnaturel : élevons. uous à la contemplation de la sagesse et de la miséricorde du Neigneur,

Le Verbe divin Sincarne. Pourquoi ? C'est afin de pouvoir intercéder auprès de son Père en faveur des hommes devenus ses frères, offrant pour eux ses prières et les mérites des travaux et des souffrances que lui permet de subir la nature humaine qu'il ad prise.

Sur la terre il donne les sublimes enseignements de son Evan sile qui ont fait luire une si salutaire lumière pour. le monde assis à l'ombre de la mort. Oiue TL.)

Rempli de bonté, il guérit tous les malades, console les affivés. exerce partout les œuvres de miséricorde spirituelle et corporelle.

Mais vovezle maintenant sur la croix. En proie à touts les tortures, il offre le Sans qu'il verse pour le salut du moude: et cest de ectte prière, de ce sacrifice que découlent pour nous le pardon de nos fautes, et toutes les srâces qui doivent procurer notre sanctification.

Or, par quoi le Christ a-til été Le plus utile aux hommes ? Estce par l'enseignement de sa prédication, par ses actes de bienfai. sance, Où par cette Immolation qui à opéré notre salut éternel ? Toute l'efficacité de l'intervention de Jésus en notre faveur est dans le sacrifice de la Croix.

Entendez-vous maintenant ces prières qui montent de toutes parts en accents suppliants, vers Celle qui s'appelle le refuge des pécheurs, le salut des infirmes, la consolation des afisés ? Sur quoi se bâse l'espérance qui les anime ? Nur les vertus éminentes de Marie, et surtout sur les mérites acquis au pied de ja croix qui l'ont fait associer à l'œuvre de la rédemption.

Quelle est! <olennité que l'Eglise célèbre en ces jours ? C'est la fête de tous les Saints. Elle nous les montre intercédant pour nous auprès de Dieu, au nom de tout ee qu'ils ont fait, de tout ec qu'ils ont souffert pour sa gioire.

Ecoutons..…., Voici que des gémissements se font entendre... Is semblent venir d'une demeure souterraine. Quelles pénibles -ouffrances 1ls expriment ! Ayez pitié de nous, vous au moins qui êtes nos amis, parce que la main de Din nous a touchés (Job 19.) Qui de vous ne se sent porté à soulager ces âmes infortunées ? Et par quels moyens ? Par la prière, l'aumône et les mortifications de toute espèce, Vous le sentez, plus il y aura de mérites en vous, plus votre prière sera propre à soulager, à délivrer ceux que la justice divine retient au séjour des expira tions.

Tout ee que je viens de vous dire vous prouve le dogme de la reversibilité des mérites Comprenez-vous maintenant à quoi peuvent servir aux autres les religieuses du Carmel? L'Apôtre la dit: la prière assidue du juste a beaucoup de pouvoir. Wu tum valet deprecaitio justi assidua. (Jae. V.)

Oh ! qu'elle est efficace la supplication des âmes agréables à Dieu ! Vous rappelez-vous ces villes abominables consumées par le feu du ciel? N'il s'était trouvé seulement dix justes dans Sodome et Gomorre, leurs prières et leurs mérites auraient soustrait ces eités coupables aux terribles coups des venyeances divines.- Et la prière de Moïse seul n'a-telle pas sauvé tout le peuple de Dieu ?

La voyez-vous la victime du eloître ? La componction du cœur, les mortifications l'ont purifiée : les grâces dont elle à été comblée et auxquelles elle a correspond, lui ont fait acquérir de nombreux mérites : ses vertus l'ont rendue belle aux yeux du Seigneur. La voici exténuée par le jeûne, elle porte sur son corps la trace de la discipline qu'elie vient de s'infliger ; elle est à veiliant au milieu de la nuit, au pied de l'autel, l'œil fixé sur le tubernacle de Celui qu'elle à choisi pour Epoux. Ecoutez sa prière... Mon Jésus, grâce et miséricorde pour ma famille dont j'ai fait le sacrifice pour votre amour, répandez sur elle les bénédictious les plus abondantes ; que ceux que j'ai quittés goûtent la paix sur la terre, reçoivent la gloire au ciel.=Une autre voix s'écrie : Pardon pour le pécheur qui vous offense ; je me fais réparatrice de ses fautes ; au nom de vos souffrances auxquelles j'ai voulu participer et quelque chose, sauvez son âme de l'enfer.

—dJ’enteuds encore une victime, elle dit : Pitié pour ce moribond qui va bientôt paraître devant votre justice ; au nom de la mort que je fais subir à tous mes sens, donnez lui l'éternelle vie,

Et souvent, avec un accent commun, leur cœur s'écrie : À nous les privations et les sacrifices, à tous ceux qui souffrent du corps où de l'âme, la consolation de leurs peines, et la grâce qui entire pour eux un fruit de salut,

La reconnaissance les porte aussi à prier fréquemment pour leurs bienfait-urs, dont la libéralité, excitée par la vivacité de leur foi, leur vient en aide dans leur œuvre de la gloritication de Dieu et de la sanctification des âmes.

Eh bien ! eroyez-vous que ces supplications touchantes vont laisser insensible le Cœur de Jésus, qu'il va entendre sans exaucer leurs prières, ces épouses chéries qui se sont faites victimes pour son amour ? Oh ! que de grâces de toutes sortes tomberont des mains diviues par suite de telle prière, de telle mortification des religieuses que doivent renfermer ces murs ?

Et ce ne sera pas seulement à l'égard de leurs familles, ou des personnes recommandées à leurs prières, que leur intercession sera efficace, ce sera pour notre pays tout entier.

La glorieuse sainte, qu'elles reconnaissent pour leur Mère, Ste Thérèse, a préservé l'Espagne sa patrie de l'envahissement de l'hérésie protestante. Quelle preuve éclatante de la valeur de la prière et du sacrifice !

Sans doute la foi brille encore d’un vif élat dans notre pays : mais, on le sent, l'enfer doit tendre à l'y affaiblir par les fausses doctrines et même par la persécution. Dans ces dernières années des accents impies se sont fait entendre avec audace ; l'incrédulité naissante s'organise : un attentat sacrilège contre les droits de l'Eglise à été commis : dans une province voisine la liberté du culte catholique a subi une atteinte violente. Et ce qu'il y a de plus déplorable, ia pureté, la pobité, la charité de nos mœurs. dont la renommée était si glorieuse pour nous, ne s’altèrent-t. elles pas d'une manière sensible ? Déjà cet affaiblissement moral 4 pu enlever bien des âmes à Dieu, et s’il prenait des accroissements, il amènerait tôt ou tard une déchéance de la foi.

Sans doute la sollicitude si éclairée et si pleine de zèle de nos

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pontites, l'influence du clergé dans l'éducation qu'il donne, et le ministère qu'il exerce, l'édification que produisent, par leurs verts, et les œuvres adimirables qu'accomplissent de toutes parts, nos diverses communautés religieuses, la vivacité de la foi et d: la piété qui dominent encore dans notre population, tout cela doit faire espérer le maintien de la religion dans notre patrie. Mais peut-être le danger est-il plus grard encore qu'il ne parait jour un avenir plus où moins prochain, et voilà pourquoi la Providence, par une nouvelle démonstration de sa bienveillance si éclatante et si constante envers ce pays, amène un renfort pour la conservation de notre foi et de nos mœurs.—Cette ville dont l'importance s'accroit de jour en jour d'une manière si extraordinaire, est destinée à exercer la plus grande influence sur le pays tout entier. Or, voyez la pensée que Dieu à inspirée au pieux et vénéré pontife de ce diocèse, déjà l'instrument de tant de «râces pour son troupeau. À chaque extrémité de cette grande cité, il place une communauté religieuse, vonée exclusivement à la prière et au sacrifice, comme deux châteaux forts qui la protèwent contre l'ennemi.

L'une d: ces communautés est une fleur sortie du sol de notre pays ; elle est bien petite par son humble orisine, le peu d'éclat qu'elle jette, les imperfections inhérentes à toute institution naissante ; elle n’a encore à montrer qu'une volonté généreuse exprimée par le genre de vie austère qu'elle a embrasée, Toutefois ses développements rapides semblent indiquer qu'elle a été appclée par la Providence ; mais elle bâse l'efficacité de sa mission pour elle-même et pour notre société sur ee qui est l’objet spécial de son culte. C'est le Sang du Verbe Incarné qui a racheté le monde, envers lequel le Vicaire du Christ vient d'encourager la dévotion en disant qu'elle rendrait la foi plus vive, l'espérance plus ferme, la charité plus ardente, et que 1à ou l'on mettrait une voutte de ce Sang, il n’y aurait rien à craindre ; ainsi l'hommage que cette institution rendrait et ferait rendre au Précieux Sang serait une sauvegarde contre les atteintes qui menacent la conservation de notre foi, et par là même, celle de notre bonheur national, comme le Sang, qui a été la figure de celui du Christ. a préservé du glaive exterminateur les enfants d’Israël qui en avait mis l'empreinte sur leurs demeures.

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L'autre communauté, objet de la fête qui nous rassemble. présente à la confiance de notre pays outre le mérite personnel, déjà apprécié de celles qui habitent cette maison. le culte spécial qu'elle rend à la Mère du Christ, dispensatrice des grâces qui sont le fruit du Sang divin, le rejaillissement qui se fait sur elle du mérite des prières, des vertus, des sacrifices accumulés depuis des siècles par les membres de son ordre, le droit tout particulier qu'elle a de réclamer l'intercession si puissante auprès de Diêu. des Saints et des Saintes que le Carmel a donnés au Ciel, surtout celle de la glorieuse Ste, Thérèse, l'un des plus efficaces instruments de sa grâce que Dieu ait employés dans son Eglise, et enfin l'attestation de l'estime et de la confiance dont cet Institut est l’objet par ses maisons en si grand nombre répandues dans le monde catholique.

À la considération de toutes les grâces que cette communauté doit faire descendre sur cette ville et sur ce diocèse, regardez, vous aussi, avec un vif sentiment d'allégresse, ces vierges qui se consacrent au Neigneur.— Adducentur reyt virgines in ltitia et cœultitione. En même temps élevez l'accent de la reconnaissance vers le vénérable pontife qui vous wouverne, pour cette nouvelle preuve de son dévouement à son troupeau qu'il a donnée, en appelant ici ces dignes filles de Ste. Thérèse. Kt qu'elles mêmes daignent entendre le témoinage de notre gratitude, de ce qu'elles ont joint à leurs autres sacri‘ices celui de quitter leur patrie et une maison chère à leurs cœurs, de traverser l'océan, de subir tous les inconvénients d'une fondation nouvelle, afin de nous faire jouir des mérites de leurs prières, de leurs travaux, et de leur immolation continuelle.

Après tout ce qui vient d'être dit, il y a, je me flatte, un sentiment d’admiration pour ces âmes généreuses qui se font victimes pour le salut des autres Mais il me semble que l'on jette un regard de compassion sur celles qui vout être renfermées dans ces murs, et qu'on leur adresse cette parole de pitié : Pauvres malheureuses, que vous allez souffrir! Ah! s'il leur était permis

de répondre, elles se lèveraient avec une sorte de fierté blessée et avec un accent plein d'énergie, elle vous rendraient notre com-

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