‹ Carmel [microforme]Chapitre 3 sur 5 · PE · texte numérisé non relu

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misération et nous diraient : Malheureux vous-même d'avoir : vivre dans un monde où le bonheur n’est qu'un rêve, le plaisir souvent un remords, où toute jouissance est incomplète et toujours traversée par la pensée qu'elle doit finir bientôt.

Le bonheur même ici bas, ajoutent-elles, il est à nous. Ont-elles raison ? J'ouvre l'Evangile et je lis « Si quelqu'un quitte sa maison, son père, sa mère, ses frères, ses sœurs à cayse de moi, il recevra le centuple, et il possèdera la vie éternelle. » Math. XIX. Il recevra le centuple, c’est à-dire, il sera cent fois plus heureux qu'il l'aurait été par la jouissance de ce à quoi il renonce.

De qui est cette assertion ? Du Verbe Divin, de celui qui est toute vérité. C’est une parole qui demande votre foi, quand même vous ne la comprendriez pas.— Malgré vous, il faut que vous le croyiez ; ces religieuses, elles seront sur la terre cent fois plus heureuses que vous. |

En quoi consistera cette félicité ? Dans l'exemption des passions qui déchirent si cruellement le cœur, des sollicitudes de tout genre dont la vie séculière est remplie, des déceptions, des revers, des ruptures d’affections qui se rencontrent si souvent dans le monde.

Elle se trouvera dans cette paix de l’âme que n’altèrent pas le remords de la conscience et la crainte de la justice divine ; dans une tendre et sainte affection fratcrnelle entretenue par l'estime que produit une mutuelle édification, et surtout dans les rapports intimes avec celui que ces Vierges ont pris pour Epoux.—Selon la langue de l'Eglise, l'alliance de la religieuse avec le Christ est un mariage. Ce nom d'Epoux que prend Jésus à l'égard de celle qui s’unit à lui, n’est pas un vaintitre. Il s'engage à aimer spécialement celle qui pour lui renonce à toute affection humain même légitime, et ordinairement à l’âge ou le cœur en est le plus avide.

Ex croyez-vous que celui qui fait la félicité des élus dans le Ciel ne peut donner sur la terre le bonheur à une âme qui l’attend de lui seul ?

Oh ! si vous saviez quelles jouissances il lui fait goûter en s'entretenant avec lui dans l’oraison, de quelles délices il l’inonde dans l’union eucharistique, de quelles douces émotions il fait

battre son cœur dans cette sainte exaltation de sentiments qu'elle éprouve sous l'influence des idées surnaturelles qui l'animent saucesse. Une immolation est pour elle une jouissance, parcequ'ell: lui permet de témoigner son amour au Dieu dont elle se sent si tendrement, si efficacement aimée. Vous voyez des iarmes à ses veux. Oh! ce n’est pas une affection trahie, un désir contrarié, un de ces mille chagrins de la vie si sensibles au cœur de la femme. ‘qui les font couler. Elle pleure d'une compassion pleine ue dou ceur sur les souffrances de Jésus, d'une vive gratitude pour toutes ces grâces qu'elle sent tomber sur elle avec tant d'abondance. d'une tendresse délicieuse produite en cile par l'affection que lui exprime son époux divin.

Et ce qui mit le comble à son bouheur, c'est l'espérance, ou plutôt la certitude du Ciel, où elle sait qu'il n'y aura pas un de ses soupirs, un de ses sentiments, une de ses immolations qui n'ait sa récompense, où elle pressent la grandeur de sa félicité par le rassasiement complet de l'amour dans la possession de la beauté infinie goutée pendant l'éteruité toute entière.

Entendez-vous ce eri sublime de Thérèse : « Je me meurs de ne pouvoir mourir. » Ah ! si elle était en proie à un si ardent désir du Ciel, c'est qu'elle en avait senti ici-bas un avant-goût, dans ses rapports avec celui qui en fait la félicité suprême.

Oh! vous qui avez la gloire d'être les prémices de cette langue génération de filles du Carmel qui feront l'édification de notre pays, entrez avec une vive allégresse dans cette enceinte Sacrée. Par cet acte vous allez rendre à Dieu un bien glorieux hommage, vous préparer à devenir des instruments de sanctification pour un grand nombre d'âmes, et prendre pour vous-mêmes cette part que le Christ a déclarée être la meilleure.

Entrez ; cette porte en se renfermant sur vous va vous séparer des malheurs que le monde fait éprouver dans le temps, des dangers auxqu2ls il expose pour l'éternité. Entrez, c'est la demeur: de celui qui a dit que + vie pussée avec lui ne connait point l'ennui ni l'amertume, mais goûte la joie et l'ullégresse. Sap. VTIT. Cette porte, oh ! franchissez-là avec un joyeux empressenment. car elle doit être pour vous la porte du Ciel.

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Le sermon terminé, Mer, le coadjuteur donna la bénédiction solennelle du très-saint sacrement, Nous voudrions pouvoir raconter ce que nous avous éprouvé d'indicibles et douces émotions en entendant le chant des Carmélites. Ces voix qui nous arrivent du cloître, comme d'un tombeau, sont véritablement l'écho de la vie du Carmel. Pour nous redire les hyimmes, les proses, les psaumes, ete. elles ne parcourent que deux notes : ais deux notes pleines d'espérance et d'amour. Deux notes ! Sans doute, ce n'est pas toute la gamme, mais c'est assez pour jeter aux pieds des autels ce eri suprême de Thérèse : souffrir OI INOUrEr.

Après le salut, le clergé se forma en procession et conduisit les postulantes à la porte du eloître où les attendaient la Mère Prieure et la communauté. En apercevant les Carmélites, chacun fut saisit d'un attendrissement subit. Elles étaient. on peut le dire. parées dans toute la majesté de leur ensevelissement volontaire : robe et scapulaire de bure, manteau blanc, grand voile qui leur couvre tout le buste.

Mgr. Fabre adressa quelques paroles d’édification et d'encouragement aux jeunes filles qui allaient s'abimer dans la solitude profonde du Carmel. Puis chacune d'elles S'avenouillant aux pieds de la Prieure, demanda son entrée par ectte simple formule: « Ma mère, je vous supplie très-humblement de m'ouvrir les portes de Votre Sainte Maison, quoique j'en sois très-indigne, » Pour toute réponse, la Mère Prieure donna le baiser de paix aux postulantes et les introduisit dans le cloître.

Le elerzé franchit ensuite le seuil du monastère, en parcourut tous les appartements, pendant que Monssigneur le coadjuteur en faisait la bénédiction.

Voici maintenant les noms des sept premières postulantes du Carmel : Melle. Dorion : sœur Marie de la Trinité ; Melle. Charbonneau : sœur Marie des anges : Melle, Legris : sœur Victoire de Jésus ; Melle. Desmarchais : sœur Marie St. Joseph : Melle. Crevicr : sœur Thérèse de Jésus ; Melle. Cinq-mars : sœur Marie de l'enfant Jésus ; Melle. Gauthier: sœur Anne de $t. Barthélemi.

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Nous publions bien volontiers, dans ces pages, la poésie suivante: Cette Voix du * Precieur Sang ‘, par ses nobles et presque divins aceonts s'harmonise si bien avec les grandes et généreuses aspirations du Carmel ‘ue nous nous faisons un véritable bonheur de la réproduire jei

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