FI^ D'AUTOMNE
A Pierre Ferrez,
Un bel automne, encor, dans l'abîme se couche : La vendange est finie, et l'arrière-saison, A. travers les champs nus, que bat le vent farouche. Nous ramène attristés vers la triste maison.
Sans gloire à l'occident, lui-même le jour tombe. Sur les coteaux blêmis pèse le firmament : L'espace qui frissonne est froid comme une tombe ; Fout n'est que monotone évanouissement.
Ah 1 comme en leur déclin les choses sont amères I. Dans la campagne vide, oii l'Autan noir se plaint, Nous sentons la nature et la vie éphémères : Le pénétrant dégoût du créé nous étreint.
De sévères pensers, avec le soir descendent ; Et toi seule, 6 clarté de l'éternel Amour, Immuable, malgré ces ombres qui s'étendent, Tu brilles dans la mort de l'automne et du jour.
CflANTS D OMËRIE ET DE TOSCANE i\