‹ Carmina sacraChapitre 34 sur 36 · ASCENSION · texte numérisé non relu

ASCENSION

Puisque, vainqueur du monde et vainqueur de l'Enfer, Après la mort atroce et l'infâme huée, Sous vos blancs vêtements, brillants comme l'éclair, Vous avez fui dans la nuée.

Puisque, pour demeurer le soleil des parvis, Où l'ardent Séraphin se voile de son aile, Il est vrai, mon Sauveur, que vous êtes assis Dans la Sion sempiternelle.

MÉDITATIONS ET CANTIQUES 18o

Et puisque les Élus, parmi de clairs accords, Vers le Trône pressant leurs foules adorantes, Y verront luire, avec de bienheureux transports, Vos cinq Blessures fulgurantes I

Mon Dieu, que peut nous être encor, sinon l'exil, Cette terre, pour nous toujours ingrate et nue : Et, dans ce grand désert désolé, que faut-il, Sinon espérer votre vue?

Vivre d'amour, les yeux tournés vers l'Orient, Où vous reparaîtrez dans une gloire immense : Être une âme vouée au silence et priant, Être un cœur fervent qui s'élance.

Un cœur brûlant, un cœur fort, virginal et doux, A qui tout ici-bas paraît vaine fumée.

Et qui, de sa prison douloureuse, vers Vous Fait monter sa plainte enflammée.

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