‹ Carnaval est mort: premiers essais pour mieux comprendre mon tempsChapitre 25 sur 56 · ORGUES ET CLAIRONS · texte numérisé non relu

ORGUES ET CLAIRONS

Tambour, voix grêle et enfantine du clairon. Camions, tramways et voitures s'arrêtent ; une école débouche de la via dei Vecchietti, maîtres en tête, maîtres en queue. Molletières, blouse ou chandail, képi, pèlerine sur le bras. Les jambes de toile blanche se portent en avant d'un mouvement unanime qui est un geste, une affirmation, une conquête rythmée de la rue, et par soi-même un plaisir.

Ces écoliers italiens rappellent bien plus nos gamins de la laïque ou des sociétés de gymnastique que les phalanges suisses et allemandes, si épaisses. Même sensation qu'à Maestricht ; nous sortions de la Prusse Rhénane par le chemin des écoliers ; c'était un dimanche ; nous avons rencontré une école qui partait jouer sur les bords de la Meuse : grande joie de retrouver l'individu au cœur du groupe, une discipline construite avec trente libertés, et qui n'en tue aucune, étant préférée par trente consentements.

Cette école italienne me fait donc penser à cette école hollandaise, et toutes deux appartiennent bien à notre Occident d'Europe, c'està-dire à la portion du monde dont la tâche présente est de résoudre le problème suivant : utiliser la liberté nouvelle pour en tirer une loi nouvelle.

Toutefois ces clairons me jettent dans des réflexions. Je ne pense pas que les hommes se passent si tôt de cérémonie. Or, la pompe du culte a perdu bonne part de son effet. Qui en a profité ? Est-ce la conscience isolée ? Camarades libertaires, je voudrais le croire. Mais ces clairons débouchent de la rue et me rappellent à la réalité.

ESSAIS ESTHÉTIQUES

Les Honiais d'arrièrc-boutiquc, qui ont rendu fameuse l'alliance du sabre et du goupillon, ne se sont pas tellement trompés.

Il fut un temps oii le sabre avait besoin du goupillon pour se faire respecter. Le sacre du chevalier était un mystère, celui du roi en était un autre. Que valait la galère que l'évêque n'avait pas bénite, et la victoire que le Te Deum ne sanctifiait pas ?

Aujourd'hui, peu s'en faut que l'évêque n'aille se faire consacrer par le général sur le front des troupes. Passez en Espagne ; vous y verrez un pays où l'armée donne son lustre aux processions. Songez à ce que sont devenues les revues pour le peuple, depuis qu'il ne fête plus la Pentecôte m 1 Ascension. L'apparat militaire a exactement et pleinement remplacé l'apparat ecclésiastique.

Ces laïques, ces esprits forts, ces hommes de science et de libre pensée, ils n'ont pas scrupule à saluer le drapeau. <> Le clairon me fait plus d'impression que le grand orgue ». Qui d'entre nous, ayant entendu de sang-froid le bourdon de Notre-Dame, peut jurer qu'il n'a jamais éprouvé un tressaillement à entendre le son du tambour ?

L'armée est la forme frappante du culte civique. Tout ce que l'idéologie récente de patrie contient en soi de sensuel, de mystique et d'esthétique, est contenté par le faste militaire.

Quand un homme du moyen âge, quand un homme de la Réforme voulait entraîner d'autres hommes à sa suite, il donnait à son idée la forme d'une procession et la musique des psaumes. De mêm.e encore en Russie, en Espagne.

L'homme issu de la Révolution qui veut agir sur ses semblables sonne du clairon et frappe du tambour. Que tout ce que vous créez soit à l'image de l'armée et vous triompherez.

L'homme issu de la Révolution a troqué culte pour culte. Ce serait d'ailleurs une question de savoir si celui de la patrie offre à la conscience le même aliment que celm de la Trinité ; demandez le à ces pauvres diables qui suent sur la rédaction des manuels de morale laïque, et mettez en balance le mouvement d'art que l'un et l'autre culte ont pu nourrir.

Mais la question que je me pose n'est pas là. Car il me vient à l'idée que l'autre Révolution, celle dont on parle, la « prochaine », n'a pour soi ni clairon ni tambour. L'orgue non plus. Ses manifestations hésitent entre la forme du défilé militaire et celle de la procession. Ses chants sont à mi-chemin entre le psaume et le pas redoublé. Ses harangues vscillent de l'homélie à la proclamation.

Je ne leur demande pas de choisir. Je pense qu'il faut laisser l'orgue dans l'église, le clairon dans l'armée.

La première séance des Etats généraux de 89 fut employée à célébrer et entendre la messe. Cela nous prouve que les mouvements tergiversent toujours avec eux-mêmes.

Mais cela nous prouve aussi que tant qu'un mouvement n'a pas su créer son appareil social, il est encore dans l'extrême enfance. Dès que la Révolution de 89 eut pris conscience de sa fonction qui était de substituer définitivement la patrie bourgeoise à la royauté chrétienne, elle trouva du même coup les deux principes qui caractérisent cette patrie et s'y complètent l'un l'autre : l'armée nationale et le droit de la propriété.

En voyant défiler au son du tambour cette école italienne retour de promenade, en trouvant en moi un esprit consentant à cet aspect de la vie collective, en m'apercevant enfin que nous serions incapables d'y substituer rien, je me suis rendu compte que nous n'étions même pas rendus à cette aube de révolution qu'était la messe du Saint-Esprit, le 4 moi 1789.

(L'EiTor/. février 1914.)

Carnevaîe è morto, me dit le marchand de masques en me vendant une paire de pantoufles. Ce Berlingaccio ^ est funèbre. Quelques

Jeudi-saint.

ESSAIS ESTHÉTIQUES

douzaines de masques circulent à travers la foule, en travestis de satin de coton usagés, et déversent parcimonieusement dans les cous charnus des Florentines des cornets de confettis carrés à un sou. Ils n'arrivent pas à secouer la froide journée. Leurs sifflets stridents animent moins la rue que ne faisaient ceux des coachmen de Londres sur les anciens bus a chevaux.

Pourtant le public ne demanderait pas mieux ; il est venu s'écraser avec application au fond de ces tranchées obscures que les rues florentines ouvrent entre les falaises des palais.

Est-ce la pluie qui en est cause ? Le temps est exécrable, gluant et glacial ; la boue gicle sur les bas de coton blanc des travestis ; elle fait avec les confettis une purée d'une couleur indéfinissable. Mais le mardi-gras s'est récemment déroulé sous un beau soleil précoce de printemps méditerranéen ; et, purée en moins, le spectacle a été le même.

Camevale è morto, ici comme à Pans, dans toute l'Italie comme dans toute la province française. Nice prétend avoir conservé le sien ; je voudrais y aller voir. Et puis Nice n'est pas sur notre plan ; Nice est dans le Grand Monde, et nous n'habitons, nous piétons, que le Vaste Monde ; prenez garde à la différence, elle n'est pas mince.

Dirais-je que j'ai encore connu des carnavals où on s amusait ? Je raconterai à mes enfants que j'ai assisté aux débuts du confetti et à ceux du serpentin, tout comme j'ai assisté aux débuts du téléphone, de la bicyclette, de l'aviation, de la sans-fil, de l'impression directe de la pensée et de l'hydrogène solide. Je leur raconterai Mounet-Sully, Sarah-Bernhardt, Antoine, Guillaume II — vous l'avez vu grand-père? — et mentant à mes souvenirs avec l'impudence que l'âge autorise, je leur dirai : « Ah ! mes enfants, comme on s'amusait, au temps de mes quinze ans. »

Bonnes gens, nous économisions depuis la rentrée de janvier sur nos mensualités de potaches ; le grand problème de la Saint-Charlemagne était de savoir si elle alourdirait notre tire-lire.

Puis venait le mardi-gras ; nous descendions à quatre cent mille sur les boulevards, et notre vie n'avait plus qu'un objectif : vider un kJlo

d'unicolores sous un chignon, entre un dos et un corsage, en essayant de voir le moins possible du petit tricot de flanelle grisâtre. A cinq heures, on s'arrachait à la folle ivresse du confetti, on tâtait ce qui restait au fond du porte-monnaie flasque, on allait prendre un américain ou un whisky and soda a V Anglais ou au Riche. Ah ! mes enfants, comme on s'amusait.

Et puis j'ai vu Carnaval dégénérer. Il y eut l'année où des bandes d'apaches descendirent des hauteurs, bousculèrent les hommes et pincèrent les femmes. Le lendemain, les journaux se plaignirent au préfet de police. Mais, l'année suivante, les « honnêtes femmes » ne vinrent pas, et les étudiants firent connaître que pour éviter de fâcheuses confusions ils resteraient au Quartier.

Ce Carnaval fut très morne. Et puis les amis des arbres s'aperçurent que le serpentin avait le double inconvénient de coûter tous les ans pour son papier une forêt à la France, et venant s'enrouler autour des rameaux, d écraser à l'orée du printemps les bourgeons des promenades parisiennes.

Les amis des eaux s'avisèrent, tout de suite après, que les confettis engorgeaient les égouts, y créaient des débâcles redoutables pour les egoutiers et coûtaient quinze jours de travail inouï aux cantonniers.

Carnevale è morto ! Mais suis-je bien sûr que les apaches, les amis des arbres et les amis des eaux en soient seuls la cause ? Car il n'est pas mort qu'à Paris. Et surtout, il n'est pas mort seul. Noël est mort avec lui, j entends le Noël populaire, qui chante, s'émeut, s'égaye, et ne va pas, en habit, casser le col des Jéroboam dans les tavernes de Montmartre. Capodanno ^ est mort, les pieds dans la boue, devant ses mornes étalages, Pâques fleuries sont mortes, morte la Saint- Jean d'été avec ses feux, morte la Pentecôte...

Remontons donc à des raisons plus générales qu'à l'intervention des apaches, des jardiniers ou des egoutiers parisiens. Et nous rappelant que ce n'est pas toujours de front que la raison aborde l'obscurité des grands phénomènes, demandons-nous à quoi est due cette vague de tristesse qui emporte nos pauvres joies publiques.

Sommes-nous condamnés à les voir disparaître toutes, les unes à la suite des autres ? Sommes-nous destinés à devenir des peuples ennuyés ? Est-ce notre décadence ou quelque réveil qui se lie à cette éclipse ?

I , Tête d'an, — premier de l'an.

ESSAIS ESTHÉTIQUES

Carnevale è morto l Mais qui fit Carnaval, si ce n'est Girême ? Et n'est-ce pas de la mort même de Carême que meurt Carnaval ?

Je le crains. Faisons un pas de plus : je l'espère ; et toute la sève de curiosité qui saisit le spectateur d'un drame théâtral monte en moi quand je vois se dérouler sous nos yeux une si belle tranche du drame humain.

L'homme de l'Europe occidentale {VHomo europaéus occidentalis communis Darw. de la nomenclature) subit devant nous une crise profonde. Il cesse d'être un homme catholique. Je ne veux pas dire qu'il n'y a plus de fidèles croyants de l'Eglise en Europe occidentale ; je dis que l'Occidental cesse d'être, socialement parlant, un homme catholique. La collectivité occidentale échappe à la règle des mœurs catholiques.

Ce qu'elle devient, ce n'est pas ici le lieu de le rechercher ; mais à coup sûr le calendrier de l'Eglise n'est plus le sien, et ses pénitences ne sont plus les siennes.

Si nous nous demandons à présent ce qu'est une réjouissance publique, — non pas à la façon sociologique, qui a ses mérites, mais va trop souvent regarder à la queue comment la tête est faite, — nous constatons que dans la plupart des cas une fête est la réaction d'une pénitence.

Les cultes modernes, en ce qu'ils ont de moins fétichistes, ont tendu à développer le caractère moral des religions, et par suite leur caractère pénitentiel. Une fête était une respiration entre deux, coulpes, une parenthèse ouverte pour la liberté humaine entre deux tentatives de restriction morale.

Or, plus grande aura été la restriction qui aura pesé sur l'instinct, plus violente sera la revanche licite de l'instinct.

Et quand la fête se borne à être — comme la Pentecôte, l'Assomption, la Toussaint, — un écho des vieux rites naturistes, une étape des anciennes solennités agricoles, son origine peut changer, son caractère ne se modifie pas. Fête du printemps, fête de l'été, fête de la vendange, — Noël, feu au cœur de l'hiver campagnard — qu'est-

ce cela, sinon la célébration des rythmes principaux du travail rural, une halte au seuil ou au lendemain des grandes peines, une parenthèse ouverte pour la liberté entre deux ères de restriction physique ?

Or, non seulement l'homme occidental a cessé d'être un homme catholique, mais il aura bientôt cessé d'être un homme rural. Qu'importent la vendange aux chauffeurs des transatlantiques, et les fleurs de l'amandier aux mineurs des pays noirs? Savent-ils encore les dates des labours, les tisserands de Manchester ou les trente mille ouvriers de Krupp ?

Que venez-vous donc requérir leur joie pour un Carnaval que nul Carême ne fait plus souhaiter, pour une Pentecôte qui ne parle plus ni au souvenir ni aux sens ?

CarneVale è morto ! Est-ce même là tout ce que nous enseigne le spectacle du monde moderne ? Il est une dure vérité que nous n'avons pas fini de répéter : la liberté n'a pas de fêtes.

Pensiez-vous devenir ce que vous appelez des hommes libres sans rien laisser entre les mains du péager?

Il est beau pour l'enfant de devenir un homme, mais il faut alors qu'il se résigne à l'abandon sans retour des joies intenses et dévorantes. Apprenez ce que vous perdez, le jour où vous cessez de vous consumer de passion sur la promesse d'une locomotive mécanique ou d'une soirée au Châtelet.

Apprenez non moins ce que vous aurez perdu, — et sachez endurer votre perte comme il convient, — quand, ayant délié du joug le monde où vous vivez, vous cessez de pouvoir demander à la Règle la licence du dérèglement.

Et ne vous plaignez plus que Carnaval soit mort, du moment que vous avez tué Carême.

En vérité, c'était une étrange gageure que de convier, une fois par an, à se distraire publiquement avec des confettis autour d'un bœuf enflé, une démocratie à qui le télégraphe, la photographie et les rotatives apportent tous les matins une distraction d'un ordre cent fois plus aigu et plus raffiné.

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La liberté, disais-je, n'a pas de fêtes périodiques, parce qu'elle a sa fête perpétuelle. Qu'est-ce pour l'imagination que les lampions de Noël quand la moindre exposition d'automobiles accable Pans de lumières ?

Une fête n'est pas seulement un espace blanc entre deux traits noirs ; l'imagination exige encore qu'elle soit une outrance, l'exaltation de la vie quotidienne jusqu'à son renversement, une crise de sensualité, de poésie et d'héroïsme.

J'assistais dernièrement aux offices du Vendredi-Saint au fond de la prodigieuse crypte franciscaine d'Assise. Dix bougies clignotaient dans la mousse, au pied de l'autel, derrière dix bocaux de verre pleins d'eaux de couleur ; mais le reste de l'Eglise était éclairé au tungstène, à moins que ce ne fût à l'osmium, et la fête de nos yeux n'était plus ici, elle était là.

Je supplie, du reste, qu'on ne s'abuse pas sur ma pensée. Je ne prétends pas qu'une lampe électrique soit un symbole capable de lutter dans nos esprits avec le symbole de la Passion. Mais il n'est pas question de cela. Il s'agit des fêtes publiques, c'est-à-dire de représentations destinées à frapper vivement non pas l'intelligence et le cœur, mais l'imagination et les sens. La fête est le domaine de l'instinct. Et la fête liturgique, la fête catholique, n'est plus en état de parler à l'imagination ni d'intéresser les sens de l'homme occidental.

Une fête représente une manière de sommet de l'activité publique, qui permet à un peuple de prendre conscience de sa direction. Elle résume sa civilisation et symbolise les dominantes de sa pensée.

Voilà pourquoi Carnevale è morto.

La sensualité, la poésie, l'héroïsme nous sont fournis par une semaine d'aviation, par un meeting de grève, par un scrutin politique. Je me souviendrai toute ma vie du jour où de Lambert sur son Wright et Paulhan sur son biplan volaient à Juvisy, où je fus un cœur entre cinq cent mille à défaillir d'émotion, et où le trafic resta désorganisé pour vingt-quatre heures entre Pans et le sud-ouest de l'Europe,

Et lorsqu'un militant nous parle de grèves, quand l'Italie entière

veille dans l'attente d'un mouvement des ferrovieri, j'éprouve cette commotion de l'unanime, pour emprunter ce mot à Jules Romains, qui est la marque nécessaire de la fête publique, et qui fait d'elle la sœur cadette, mais consanguine, de la Révolution.

Dites-moi si, dans la province française, la réunion publique et contradictoire n'a pas supplanté d'une façon irrémédiable les vieilles solennités canoniques, et si l'attente des élections municipales et législatives ne rythme pas, de deux années en deux années, la distraction essentielle des citoyens ?

Je disais plus haut^ que la civilisation à laquelle nous aspirons n'a pas encore trouvé son symbole, et l'emprunte soit au vieux culte des orgues, soit au culte moins vieux des clairons.

Elle n'a pcis non plus trouvé ses fêtes encore. Nous vivons en partie sur des débris de fêtes catholiques, dont la suggestion physique apparaît mesquine auprès des ressources quotidiennes de notre civilisation matérielle. Et nous vivons en partie aussi dans un échafaudage provisoire de cérémonies de combat, — meetings, scrutins, grèves et records sportifs.

Les unes et les autres ont en commun un même caractère de mélancolie et d'accablement.

Les premières, les fêtes de la liturgie catholique, n'éveillent plus d'écho populaire ; elles ne répondent plus à des besoins de l'instinct ou de l'imagination. Camavele è morto, et sa mort empuantit, ces jours-là, notre joie de vivre.

Les secondes, les fêtes de la démocratie politique, sont tristes parce qu elles n ont aucun caractère individuel ; elles sont par définition des mouvements de masse, des actions centralisées et bureaucratiques, où l'homme reste spectateur, reste auditeur, et n'est admis au rôle d'acteur que pour quelque rare geste emphatique et faux.

Elles sont tristes parce qu'elles sont hiérarchisées. Elles manquent de liberté et de fantaisie. Les préliminaires de toute réunion démocratique consistent à élire un président et à subir des injonctions. Les fêtes sportives elles-mêmes confinent l'individu dans un rôle épuisant de spectateur exalté.

Politique ou sport ont donc pour effet de déchaîner les passions de l'homme intérieur en refrénant les mouvements de l'homme extérieur. Le résultat ne peut manquer d'être un découragement d'une extrême

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