Ile de France, I, U arrivée. (Figuière, éditeur
accumule pour leurs sucesseurs des sujets de thèse) analyseront les rythmes de la prose fortienne. (Ils parleront amsi, les agrégés de l'an dix-neuf cent soixante). Ils publieront des éditions in extenso, revues sur les meilleurs manuscrits, avec des disputes sur les sources et des notes au bas de chaque page — même de celles où il ne sera plus resté de place pour le texte.
Si donc je vivais de leur temps et que vous soyez mort, — comme il sied, Paul Fort, à une gloire de la littérature, — j'aurais lu leurs travaux, et je disserterais bien plus expertement de ce qui constitue votre rythme (ou ntme). Rythmes (ou rhitmes), à trois, à quatre, à cinq temps, ritmes (ou rhythmes) prolongés, harmonies parfaites, coupes hardies, rejets insolites qui font penser à une brusquerie de Beethoven au milieu d'un tissu à la Schumann, — complexité savante et savoureuse oîi vous êtes devenu maître ; je me contente aujourd'hui d'en jouir et de vous relire.
On s'est demandé, à ce propos, pourquoi Paul Fort s'était donné le mal d'imaginer une forme d'expression nouvelle. N'était-il pas plus simple d'écrire en vers, libres ou non ? Mime le boiteux a toujours eu une propension à s'étonner que le monde entier ne boite pas.
D'autant plus que sa prose est, le plus souvent, tissue de vieux et bons vers, aussi réguliers que des mètres classiques ou peu s'en faut.
L'admirable poème des Bœufs ^, pourrait, sans inconvénient apparent, s'écrire comme suit :
Tranquilles et leur ombre allongée sur les champs. Les grands bœufs descendaient au profil d'un coteau. Traînant les moissons d'or sous les feux du couchant. Et tout Fêté passait dans les lourds chariots.
L'herbe de la prairie, où glissait l'or de l'air, ~ Soulevait des vapeurs et grisait mon émoi ;
La luzerne et le thym, par flots lissant la terre. Venaient, flots de senteur, s'éperdre jusqu'à moi.