C.VRNET DE ROUTK
ihédrale de Reims causé par les obus allemands, j'ai souhaité vivement d'être à la batterie de tir, pour n'avoir plus cette sensation de recevoir des coups de canon sans pouvoir répondre, très pénible pour un artilleur, à ce qu'assure le lieutenant Bâillon.
Lundi 21 septembre.
Cela dure depuis dix jours et va peutêtre durer encore; cela s'appellera sans doute la bataille de Reims. Il y a deux millions d'hommes d'engagés de part et d'autre; c'est ce qu'on a vu de plus formidable dans l'histoire, et je me vois forcé encore de consigner ici cette seule note : Rien de neuf.
Oui, car je préfère ne pas enregistrer tous les bruits contraires et quelquefois absurdes qui circulent. Tout ce. qui s'en dégage est que la situation générale serait très bonne pour nous, et Mangin aurait dit ceci : « Chaque quart d'heure de plus que nous tenons ici équivaut à une victoire. »
CARNET DE HOUTE 101
Mardi 22 septembre.
Ça y est; ma nomination est officielle. Je suis brigadier de tir. Mon retour à la batterie et mon entrée en fonctions viennent d'être salués par une furieuse canonnade allemande, que nous avons essuyée durant une demi-heure. Elle a été terrible et nos chevaux qui étaient moins bien abrités que nous autres, ont durement écopé. C'est la première fois que je me suis dit que je pourrais bien y rester... Mais je n'y suis pas resté.