‹ Carnet de route d'un officier d'alpinsChapitre 12 sur 17 · HOMMAGE AUX ALPINS · texte numérisé non relu

HOMMAGE AUX ALPINS

Nous ne devions pas, pour cette fois-là encore, aller dans les Vosges. Pour nous consoler, un camarade nous dit : « Les Vosges ! Vous appelez cela de la montagne ?... »

Mon bataillon, après de longs mois de lutte dans les plaines de l'Est ou du Nord, mène enfin aujourd'hui le bon combat sur les flancs alsaciens des forêts vosgiennes. Précisément, le destin a voulu que je sois contraint de l'abandonner au moment oii il s'y rendait. Mais non, ce n'est pas un abandon ! Car je suis sans cesse en pensée avec mes chasseurs alpins, avec mes vaillants camarades, avec mon commandant devenu colonel, dont l'audace et le sang-froid permettent d'écrire sans cesse de nouveaux épisodes de gloire aux pages de notre Carnet de camr pagne. Et quand un écho de leurs prouesses parvient jusqu'à moi, je me sens tout confus.

Henri IV écrivait à Crillon : « Pends-toi, brave Grillon : nous avons combattu à Arques, et tu n'y étais point ! »

Pour me consoler, bien que je ne sois pas Henri IV, je parodie son reproche en me disant : ft Sois honteux, mauvais Alpin ils ont combattu dans les Vosges, et tu n'y étais pas. »

Pourtant, ce n'est pas ma faute !...

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