‹ Carnet de route d'un officier d'alpinsChapitre 6 sur 17 · COMBAT DE VERQAVILLE REPLI SUR LUNÉVILLE · texte numérisé non relu

COMBAT DE VERQAVILLE REPLI SUR LUNÉVILLE

(20 août 1914)

La nuit du 19 au 20 août compte parmi les plus lugubres que j'aie dû passer pendant celte campagne.

Notre compagnie avait cherché dans une remise un abri contre le froid. Notre commandant était resté avec nous, tandis que son bataillon bivouaquait à Dieuze. J'admirais ce soir-là, pour la première fois, le calme dont il ne s'est pas départi, depuis, un seul instant.

Tandis que les hommes s'étaient endormis, véritablement anéantis par les affres de la journée, nous restions, mon camarade et moi, dans une angoissante insomnie. L'oreille au guet, il nous semblait à tout instant entendre, dans le silence de la nuit, les coups de feu précurseurs de l'attaque inévitable des Allemands. Après nous avoir arrêtés dans notre oflensive, il était trop facile de prévoir que l'ennemi allait essayer de nous repousser sur la frontière.

Pourtant, nous attendîmes en vain cette attaque, cependant que nous comptions avec lassitude les heures

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