‹ Carnets de route de combattants allemands, traduction intégrale, introduction et notesChapitre 10 sur 27 · NET · texte numérisé non relu

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lices de Capoue. Au bout de 26 kilomètres de marche, je me trouve, pour avoir mangé la moitié d’une poire pas mûre, aux prises avec une terrible diarrhée. Le soir, fièvre, vomissements; mon estomac n'accepte même pas une gorgée de vin rouge. Heureusement je peux coucher au château de Pontfaverger.

$ septembre. — Je me sens remis et bon pour la marche. Avec un verre de vin rouge dans le corps, nous continuons notre route par Nauroy, Wez, Beaumont, les Petites-Loges, Ambonnay, jusqu’à Tourssur-Marne (environ 35 kilomètres) (‘). Là, nous retrouvons le régiment. Voilà des marches forcées que je n’aimerais pas refaire. Le soir, cela n'allait plus. Comme toute la journée je n’avais rien mangé, il m'a fallu, pour les quatre derniers kilomètres, me laisser secouer sur le caisson de munitions, avec vomissements à la clé. Le soir, pain blanc, un œut et vin rouge. Enroulé dans une couverture de laine et un couvre-pieds ouaté, j’ai bien dormi.

6 septembre. — Nous sommes revenus sur les hauteurs. Le paysage d’hier matin était vraiment désolé. C'était, jusqu’à l’horizon, une lande de genèêts brûlés,

(x) Nauroy, arrondissement de Reims, canton de Beine, à 17 kilomètres à l’est de Reims. — Wez, arrondissement de Reims, canton de Verzy, à 14 kilomètres au sud-ouest de Reims. — Beaumont, à 4 kilomètres au sud-ouest de Wez. — Les Petites-Loges, Aube, commune de Chaource, à environ $ kilomètres au sud-est de Beaumont. — Ambonnay, Marne, arrondissement de Reims, canton de Ay.

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avec de petits bouquets de pins, alternée de parties marécageuses et couvertes de roseaux, le tout véritablement déprimant. Devant Ambonnay, apparurent les premiers vignobles. Mais on était si éreinté, que l’on n’éprouvait guère la poésie de ces étendues de fraîches verdures. A Tours, nous passons le canal latéral à la Marne, puis la Marne elle-même. On dirait l’Elster à Markkleeberg (*). Le 6 septembre, nous avons le plaisir de reprendre tout de suite l’avant-garde avec le 3° bataillon pour marcher par Athis vers Jâlons(?). À notre gauche, le XIX:® corps marche directement sur Châlons. À notre droite, le corps de la Garde par Champigneul vers Germinon (5), but primitif de notre marche (environ 28 kilomètres).

Là, nous apprenons que le XIX® corps et la Garde sont engagés devant nous. La division doit faire un mouvement tournant. Par suite, il nous faut effectuer avec le régiment une marche d’enveloppement insensée. Derrière Villeseneux (#), nous apprenons que le corps de la Garde a repoussé l’ennemi ; nous avons maintenant à le poursuivre. C’est notre quatrième

(x) Petite ville au sud de Leipzig, sur la Pleisse, et non sur l’Elster.

(2) Marne, sur la route de Chälons à Épernay, à 13 kilomètres à l’est de cette ville. — Jâlons est située sur la même route, à 4 kilomêtres à l’est d’Athis.

(3) Champigneul-Champagne, sur la Sommesous, à 4 kilomètres au sud de Jälons. — Germinon est situé sur la même rivière à 17 kilomêtres, au sud-ouest de Châlons-sur-Marne.

(4) Villeseneux sur la route de Châlons à Fère-Champenoise, à 4 kilométres au sud de Germinon.

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dimanche de poussière (Leffe-Dinant, Launoiïs, Auboncourt, Germinon). Le 2° bataillon est réduit à la force d’une compagnie sur le pied de paix (par suite des trainards)! Ce qu'il y a de surprenant, c’est que nos hussards ne prennent aucune part à la poursuite et l’on ne voit jamais que notre 18°(*). Ils passent sur une hauteur pour assurer notre flanc gauche, et c’est un superbe tableau que cette immense ligne, sous laquelle se découpe le piétinement des fines jambes de chevaux (*). À l'horizon, crèvent sans interruption nos shrapnells. Espérons qu’ils atteignent l’ennemi en fuite!

L’intermède sensationnel de cet après-midi du dimanche est un tir sur avion de nos obusiers (toujours beaucoup trop court). Merveilleux ciel de nuages, au soir tombant. Je me sens tout à fait remis, bien que je n’aie jamais été aussi sale qu'aujourd'hui. La poussière de cette journée était quelque chose de fabuleux. Le soir, bu une bouteille de champagne. Nous restons près de l’artillerie en soutien et passons la nuit sous des pins, par un splendide clair de lune.

7 septembre. — À 6 heures du matin, reprise du combat, que nous croyions déjà terminé. Feu de shrapnells meurtrier des Français, qui seraient forts

(x) Le texte porte: U. immer sieht man nur unsere 1800, Il s’agit évidemment des hussards de Grossenhain demeurès en flanc-garde et par conséquent ne prenant pas « part à la poursuite ».

(2) Textuellement: diese ungeheure, auf schlanken Pferdefüssen rapadinde Linie.

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de deux corps d’armée. Tout le combat se déroule dans des bois de pins, coupés de clairières et de touffes de genévriers et couvrant une large cuvette plate d'environ 3 kilomètres d’étendue. L’ennemi balaie méthodiquement les bois avec des shrapnells ; nous ne faisons que nous déplacer tout autour. Le commandant est légèrement blessé. C’est miracle que les shrapnells ne nous fassent pas plus de mal. À ma droite et à ma gauche, grêle la pluie des balles. Celle qui m'est destinée n’y était évidemment pas encore. Des balles d'infanterie sifflent aussi à travers le bois, quand nous nous portons en avant. Il y a là une vive mousqueterie, accompagnée du tic-tac rapide de nos mitrailleuses. Là-dessus vient par intervalle s’ajouter un feu d’enfer de l'artillerie. Par-dessus nos têtes, bourdonnent au passage nos shrapnells et ceux de l'ennemi. Au début, notre artillerie a encore tiré trop court. Nous n’avançons pas, l’ennemi est trop fort. Alors à notre gauche le XIX® corps attaque, pour nous donner de l'air. C’est la reprise d’une canonnade endiablée. Une soif terrible nous tourmente. On fume une cigarette. Un verre de pilsen serait avec cela le bienvenu !

Vers midi, nous sommes couchés dans un doux sommeil au milieu d’un bois, tandis qu’à droite et à gauche de nous les shrapnells crépitent au passage. Tout à coup il y en a un qui vient balayer notre coin de bois, avec un point d’éclatement très bas. Sept hommes de ma section sont atteints, un mort, un

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