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Journal d'un sous-offcier de la landwehr 145
au nord-ouest, non loin du village de Gremilly (”). Je dois passer avec huit hommes toute la journée de garde dans la tranchée. Toute la compagnie passe la journée dans les abris souterrains, à environ 200 mètres en arrière, dans le bois, et me relève à 7 heures du soir. Toute la nuit suivante je pus de nouveau dormir avec mon groupe dans l’abri de La compagnie.
19 novembre. — Le jour, je reviens dans la tranchée, la compagnie se retire en arrière. Je trouve, dans la position des mitraïlleuses qui nous ont été attribuées, mon ami, le sous-officier Schmäh, et nous parlons ensemble de Künigsbrück (2), tandis qu’au dehors les canons français bombardent nos positions. Un obus, qui est tombé le soir dans l’abri de ma compagnie, a tué huit hommes, dont trois hommes de mon escouade, et en a blessé trois autres. Si nous n’avions pas été de garde, nous aurions été atteints nous aussi, car très probablement nous nous serions trouvés au moment de la catastrophe avec le reste de notre unité. Je considère cette circonstance que, par exception ce jour-là, je me trouvais encore de garde à la tranchée, comme une grâce spéciale de la Providence et je me promets une fois de plus de ne jamais
(x) Petit village du canton de Damvillers, 4 la lisière ouest de la forêt de Spincourt.
(2) Sans doute s'agit-il ici de la ville de ce nom, située dans le nord de la Saxe, non loin de la Lusace.
146 Carnets de combattants allemands
oublier cela et de penser toujours à la souveraine bonté qu'Elle m’a témoignée jusqu'ici. Un autre homme de mon escouade, nommé Puszko, n’a été préservé de cet obus que par ce fait que, se trouvant un peu malade étant de garde, il était (sur ma proposition à ce moment) resté à Mangiennes auprès des hommes punis ; sans cela, sans doute, ç’en eût été
fait de lui.
20 novembre. — Suis encore de garde à la tranchée, sur ma demande expresse au sergent-major; cependant, nous ne dormons pas la nuit dans les abris du bois, mais bien dans la tranchée ; en outre, cette nuit je suis allé en patrouille avec un homme. Malgré tout, j'ai bon courage, car je sens à chaque pas la main de Dieu qui me protège.
21 novembre. — À 6 heures du matin, départ pour Mangiennes, en position de réserve. L’après-midi, appel de solde ; à part cela repos. Nous avons cette fois de bons abris où il fait chaud.
22 novembre. — Le matin, office divin; l’aprèsmidi, mise en état des affaires (*).
(x) Ici se termine le deuxième carnet du sous-officier. Il s’y trouve en outre un croquis dont on a reproduit le fac-similé page 72. C’est sans doute le plan d’une des positions occupées par la compagnie où servait l’auteur, mais il ne s’y trouve aucune indication de lieu, ni de date.
Journal de campagne d’un Réserviste Saxon
Le journal de campagne de ce réserviste est tracé sur un petit carnet cartonné, relié en toile grise et mesurant 148 X 75m, La couverture, encadrée d'un filet bleu, porte pour titre le mot : Merkbuch, également imprimé en bleu, et en bas dans le coin à droite les mots : Damit ich /} nichts vergesse (2). L'intérieur de la couverture est consacré à la publicité de la maison Messerschmidt & Falk, de Leiprig-Lindenau. De même le premier feuillet du titre. Le carnet comprend : 1 feuillet de titre imprimé, plus 6 feuillets calendrier memento, savoir : les deux premiers blancs, au troisième (mai) un petit po’me au crayon fuchsine, les suivants de juin à novembre portent quelques notes ; viennent ensuite 16 feuillets, quadrillé bleu 4m, et entièrement occupés par le récit. (N. B. Les huit derniers feuillets sont perforés et amovibles.) Il y a ensuite une page de réclame imprimée et $ pages pour Bemerkungen où le récit se poursuit. Un feuillet de notes diverses (3) et 3 feuillets imprimés bleu avec des renseignements divers (statistiques, poste, assurances, premiers soins en cas d’accident et calendrier pour 1915), soit ensemble 30 feuillets n. c. L'écriture est en caractères romains, crayon noir ou fuchsine (#). Le nom et l'adresse détaillée de l’auteur et de sa famille se trouvent au verso de la couverture et au premier feuillet. Le récit commence au troisième jour de la mobilisation (4 août 1914) et va jusqu'au 18 septembre inclus.
(x) Le 179€ régiment d’infanterie, ou 14® saxon, tenait garnison à Wurzen (Saxe). Il formait, avec le 139€ ou 11° saxon Pre la 47° brigade d’infanterie (24€ division, XIXE® corps d’armée).
(2) Voir photographie de cette couverture ci-dessus, page vi.
(3) Il y a notamment la liste des choses dont le soldat avait eu le plus envie dans sa captivité. Ce dernier feuillet a été reproduit ciaprès page 168.
(4) Voir page 160 le fac-similé d’une page de ce carnets On y remarquera la perforation caractéristique des feuillets.
JOURNAL DE CAMPAGNE
D'UN