PAGE DU CARNET DU RÉSERVISTE SAXON
Journal d'un réserviste saxon 161
et deux nuits je n’ai rien dans l’estomac que deux carottes.
1°" septembre. — Le matin du 1“ (le combat avait eu lieu le 31 août à.....)("), à 11 heures, nous rejoignons notre troupe. Beaucoup de vin nous a été donné à boire par des camarades campés. Pour le moment nous sommes en plein champ et faisons plusieurs prisonniers français. Plus loin, derrière, il y a une centaine de morts français. L’après-midi, à s heures, nous repartons. Nous avions dû reculer un peu dans la campagne, parce que les Français menaçaient de bombarder cet endroit.
2 septembre. — Nous traversons maintenant cette localité (*) qui brûle de toutes parts. Nous avons une bonne marche à faire et arrivons enfin, après une courte alerte, au village de Machault (5). Là nous avons deux heures d’arrêt; puis l’on repart.
3 septembre. — Après une marche fatigante, où le soleil fait de son mieux, nous arrivons à Mourme-
(x) Lecture douteuse. Probablement Lametz, village des Ardennes, arrondissement de Vouziers, à 21 kilomètres à l’est de Rethel. C’est du moins ce qui ressort d’autres documents du même régiment.
(2) Tout ce passage est fort obscur. Il n’a pas été possible d'identifier exactement le village dont il s’agit.
(3) Chef-lieu de canton des Ardennes, à une quinzaine de kilomètres à l’ouest-sud-ouest de Vouziers.
162 Carnets de combattants allemands
lon (*). Là nous nous reposons pendant quatre heures et nous nous lavons bien à fond pour la première fois depuis huit jours dans un ruisseau, quand tout à coup on nous dit : « En route! L’ennemi arrive sur nous! » Il est 7 heures du soir; il y avait là des fruits, des pommes, des prunes. Il est défendu d'en manger et cependant il en a été beaucoup consommé. C’est là justement qu’est le grand champ de manœuvres des Français.
4 septembre. — Nous passons toute la nuit dans l'herbe mouillée. C’est une nuit terrible. L’ennemi est rejeté. Il vient d’arriver l’avis que l’ennemi se retire par chemin de fer sur Paris. Cette nouvelle est reçue avec des hourras. Nous marchons environ 45 kilomètres pour aller faire la halte de midi en plein champ pendant à peu près une heure et demie derrière le village de... (2).
$ septembre. — C’est le s septembre. Comme nous traversons, au plus fort du soleil et trempés de sueur, le village (3), qui fourmille de soldats allemands, voilà qu’à droite une voix m'appelle par mon nom. Je me retourne, c’est Curt! Je l’appelle, notre troupe continue, nous nous souhaitons le bonjour et nous
(x) Il s’agit de Mourmelon-le-Grand, camp de Chälons. (2) Lecture douteuse.
(3) Textuellement : das Dorf, sans autre précision.
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