CHAPITRE III
Carnot ventre dans la vie priwfe,
II n'etait pas plus au pouvoir desevenemens que des hommes qui les maitris&ient , de jeter Carnot dans 1 'inoccupation , en le rendant k h vie privee. Son genie n 9 a jamais sommeille; un foyer de luroieres , alimente par la chaleur du patriotisme , ne s'eteint pas , ne se refroidit pas meme. Les anoees que Carnot passa loin des afiaires publiques ne farent pas perdues pour la patrie. Ses ouvrages dej& tennines recurent , sinon une nouvelle forme , au moins de nouveaux deyeloppemens , et le plan de ceux dont il avait con£U Pidee, regie d'abord, fut execute ensuite. Les sujets (ju'i| n'avait peut-etre pas eu la pensfe de traiter j accpiirent sous sa plume , tout k la fois active et reflechie , un tel degre d'interet 3 que le chef de l'fitat , auquel I 'injustice la plus effrenee ne contestera pas , sans doute , de vastes connaissances militaires , fut etonne ( ce mot np lend pas tout-a-fait ce qu'il en £prouva ) dt
ce qu'aussi promptement , et avec tant de lucidite , Carnot avait fait un ouvrage dont les ecoles du genie -dement tirer un si grand avantage.
Lea ouvrages de Gamot, ses distinctions litt^raires et academiques , doivent oCcuper dans ufc «cnt ftit taut expres pour le peindre , une place particulars
J*en r&JKira ta ttffift&ftlatttre date ce cha— pitre. Je VOtftbais biefti pouvtfir faite ^analyse des uns , appf&aar te taerite des dtitres, mais je fiis toiije*f& tofop Soigne de Petude des sciences qtti fb&ftfeft f 'application de Camot ; ina vfccatioii me plfe$adafts une sphere de con^taaissanc& «i dfecdrdahfies dvec les siennes , tjtie je Ha£f>h&n&fe% 9 ou le Serais HaspMmer , -si je tefctafc d'fe&dfyser la moins rtietaphysique At seft prodMtioti&.
A cette fiototocl^ur^ d'bimag* et de distinctions acad&fciques de Cttrnot, je joiftdrrti ceKfe des distinctions tailifeur^s *piHl acquit par ges trfcv&cti;, Rtfiiqtifcment ^our peindre les ravages du Winfc ; dn tfcfcw qtf'H&race a defiiri en deux tfwt* d'tfne pWlos^pfeie proftmde , rerum kdax.
Garnet avak -fait en 1 783 , VJEloge da feotban.
En 1 7#4 , pattrt 'son '25*mw' ator fe* ma*~
( i55 ) chines en gin&raL Ctt ouvrage, tfl&dtfit , de* cette epoqtae , eh di verses Ungues , repaint en 1810 avec de nouveaux d6vetapptmen*.
Efi Pan 4 , 1 796 (il 6tait ators tnetnbre du directoire et de l'institut) , il fit imprinter ses. Reflexions sur la mitaphysique du catcul infinitesimal: il en donna ane secGUde Edition en 1806.
Pendant qn'il 6tait ministre de la guerre , panit une JLettre du citoyen Comet au ti^ toy en Bossutj con tenant quelques vaes noti-» relies sor Ik trigmnjm&rie.
II t*»t i peine sorti de son nrimattae de la guerre , en vendemiaire an 9 , et il pnMia son traifce de 2a Correlation dee figure* de g4o+ me trie j et &a G£om6trie de position.
Eh Pan 11 , i8o5, il fit paraitre les Prin^ cipes fondamentaux de Itequitibre et du mouvement.
Arant Pali 1 2 , seta M^moire eur la Relation qui exists entre les distance* respec* tives de cihq points quelconques pris dans f apace y sum d'un Essai sur la tkSorie des tr&nsvetsaies , fat line preuve aouveU* de Pinsaiiabte amotar de Garnet pour le travail , ct de ssl jxrodfgi&ise fecitite.
En 1809, par cwboe de PEmperetar, son ministre de la guerre , Clarke, chargea Carnot
( »56 ) d'un Outrage qui serait destine k Penseigne-* ment de PEcole du genie et de l'artiHerie ;- et des les premiers mois de 1810, cet ourrage parut; il a pour titre: De la d6fens€ des places fortes , ayec cette epigraphe, la valeur et Pindustrie ne suffisent pas Pune sans V autre ; mais elles peuvent tout itant rSunies.
Une seconde edition parut en 1811 , et Hue troisifcme, in 4°., ayec planches gray ees , en 1812.
Au nomtre des ouvrages de Carnot, on voudra sfirement comprendre, sans contradiotion , ses opinions , ses rapports , ses discouis dans les differens corps politiques auxquels il apparent ; ses reponses aux nombreuses attaques de plumes dont il eut k soutenir le choc ; son M 4 moire au Itoi, en i8ii,etPExpos4 de sa conduite politique j en i8i5. Quant k ses rapports k l'Institut , ils sont inseres aux memoires de ce corps celebre.
Carnot ne fut pas etranger k l'etablissement de l'£cole polytechnique. Son organisation dans ses parties essentielles porte le type de son genie , pour les vues d'ensemble , eonune pour les applications de detail. Les premiers ilbves de cette ecole eurent pour lui les respectueuses affections des enfans pour leur p&e j
et ccs sentimens originaires arrivent encore jusqu'a lui par la plus flatteuse tradition.
L'Institut le nomma , k la mort de M. Lagrange , pour le remplaoer comme membre de ce corps , dans la commission relative k 1'HScoIe polytechnique. Cette &ole , depuis sou etablissement , a £te remarquable par les con-* naissances , la bravoure , et Imminent patriotisroe de ses eleves. La reconnaissance nationale a dejk consacr£ , et elle consacrera par le souvenir, les services que, par un courage au-dessus de tout 61oge , ces jeunes gens rendirent a la patrie , lors de 1'attaque de Paris » en i8i4. Plusieurs d'entre eux reguient la decoration de la Legion d'honnenr: ce fut ua fcommage royal rendu & leur devouement. Le fils de Carnot appartenait & cette ecole, et cette epoque memorable , fut celle de ses premieres annes.
. Carnot eut une bonne part dans l'organisation de l'lnstitut de France , qui l'elutraem- J)re de la premiere cksse , celle des sciences physiques et mathematiques , en remplacement de M. Vandermotide , le 5 thermidor an 4.
La catastrophe du 18 fructidor le fit 61iminer du tableau de l'Instttut, et il y fut remplace par teginiral Bonaparte. Ne serait- £e pas ici le lieu d'obserar. les bizarres effetl
(i58) de cette bascule rcvolutionnaire qui a condamns les homines faits , ce semble , pour etre en regard et de plain-pied , h ne se consid&er alteniativ^ment que du haut en bas et <h* bas en haut , pour retomber enfin sou; le niveau de Inevitable deatin£e ?
Apres son retour en France , le 5 germinal an 8 , PInstitut reelut Garnet en remplaceraent de M. Le Roy.
Le i er . veadcmiaire an 12, la premiere elas&e em fct fan president
Par suite de Pordounagce da a 1 mars 1816, porta&t nwveUe organisation df PInstitut, Camot disparut de dessus la liste , et eut pour mccesseur , namme par Pautorite , M. Cauchy.
Un souvenir produisit tin decret date de Scfyoenbroeiw, Pan 1 809 ; il accordait a Carnot use pensfen xls 10,000 francs, la ^hef de PEtat ne trouva pas digne de son administration , de hrisser phis long-terns le citoyen qui avait rendu de si eminens services 1 sa patric dans de si hautes fpnctkms et en taut de cirtonstances famenses, trainer line existence miserable et indecente poor le gouvernement.
Cette ressource etiit suffiaante pour Carnot j il n> ut jamais des besonis factices j mais cet acte d'exigue justice etait bors de comparison atec aeqx de-la munificence royale- qui , 4*®*
1 'anrienne monarchic , ne manqua^t jamais d\ surer k chaque ministre remplace , de qpdqqft courte durfe qu'e&t ete sou minist&re, une retraite de quarante mille franc*) eetnune die Vest encore ayec la peqsion d&pingt milk franc* , qu'au milieu de la detresse avou^e, et malheuFeusemept trop re$Ue d$ l'£iqt , It generosite du Roi a accorded k A{. dfi VaujbUmc , sorti du ministare de l'interi^ur x 91* qj^bpiei mois l'ont k peine vu.
Ce souvenir, date de Schaenlpwuifc, %'qtqft pas un retour de bienveilkupty ^Section ; ceHs de l'Empereur pour Carnot ne fut jcpnaic \rksr? remarquable; $t l'on peut en JNger par <Jeq faits* qui , isoles, sont k peine aper^u^, m^jq qui, rtwaaZy foment un ensemtye palpabkv
Camot awt ete present^ conme candldat an $en*t conservateur, par la college dlectofa) de la C6te-d'Or en 181 1 , et l'Emperenr nq fit mention de lui sur aucune <Je $?s Itftei*
A chaque edition nourelle da #oa ouvrage sur la defease des places fortes, ftit et imprime par 1'ordre de I*E*npe*eur, Carnot lui eti adressa un exemplaire , et jamais il ne recut la plus legem marqu e d'ogarda , un aecuse de reception; et 1 stern ministre de la guerre refusa obstinement de failles experiences q\X£
( z6o ) auraieftt fait apprecier le nouveau Systeme de Camot (a).
Depuis sa sortie du ministere de la guerre juSqn'Ji son entree k celui de Pinterieur , Camot avait Vu PEmpereur tiiie setile fois ; c'etait vers la fin de 1 809 , & son retour de Vienne. La pension qu'il lui avait assuree exigeait bien un remerciment ; il s*empressa de le faire ; Sa visite fot courte , et Pentretien reserve.
S'il avait pu s'affliger ou etre all moins coatr&ri£ de cette reserve de PEmpereur, un dedommagement bien senti par Carnot serait Venu k son aide , quand en mai 1811, appele pour 6tre membre des assises de Paris , les jures le choisirent unanimementpourleur chef $ comme par souvenir et par egard national.
Carnot vecut loin des fonctions publiques , depuis la chute du tribune J usqu'au mois de Janvier 181 4.
II etait ent-re le i er . Janvier 1771 h Pficole froyale du gepie; au i cr . Janvier 1791 , ses vingt annees de service expirees, il avait re^u, suivant Pordre etabli dans le corps, la croix de Saint-Louis.
(a) Ces experiences avaient M faites en Ros&ie , des la publication de la premiere Edition, sous la. directum du print* Meaiikoff,
Comma membra du tribunal, Q re$ut cr% Ym n la decoration de simple legionnaim de la Legion d'hqnneur ; il en fut fait officier au mois de mars i8i5, commandant au mois de mai suivant, grand officier au mois de juin; toutes ces decorations se sont fondues devant Pordamwuice 4u roi du 97 juillet i8i5 et la loi du 12 Janvier 1816,
Garnet demeqre en presence de titres moins imaginaires, dfi droits plus reels, ceux que recele sa conscience, II reste ayec la connais- $aoce de luH0a£me« JJn faisceau moral de Salens, d'bouueur et de prabite I'envmmne; 1^ viennent ee briser toutes les preventions inte-r ressees. doat sans relache on a cherche k 1'entourer, avec le^juelle^ on le poursuif; s^ eesse,
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