CHAPITRE PREMIER
Cornet, gouverneur cTAnvers.
De grands malheurs mena^aient imminent* ment la France. Les puissances coalisees contre elle , obtenaient , sur tous les points , des a vantages.- Les progres dfe leurs attaques.etaient effrayans , et son envahissement total pouvait etre repute prochain. Carnot, tout fran^ais, devait-il envisager , sans une vehemente emotion , Papproche de la destruction entiere ou de l'asservissement de son pays ? Son inactfvite , • dans d'aussi graves circonstanoes , eut ete contre nature. II n'avait pas ofFert ses services & sa patrie victorieuse ; il offrit son bras & sa patrie defaillante. Le 24 Janvier i8i4 il ecrivit au chef de l'fitat en ces termes :
<c Aussi long-tems que le succ&s a couronn& <c vos entreprises , je me suis abstenu d'ofinr k a Votre Majeste des services que je n'ai pas ere
ft lul 6tnft agi&bles. Aujourd^hui, Sire, que It a m&uvaise fortune tnet votre Constance k una <c grande Sprfcuve , je ne balance pas & vous feim « l'offre des faibleS moyens qui me restent, C*est <c peu de chose , saps doute , que 1'offre d'un « bras sexag&mire ; mais j*ai pense que Pexem-* fr pie d'un soldat, don ties sehtimenS patriotic « ques sont cotinus , pottvait rallier k vos aigles « beaucoup de gens incertains du parti qu'ik « doivent prendre , et qui peuvent se laisser ((persuader que te serait Servir leur pays, que (( de les abandonner.
xc. II est eftcore terns pour Vous , Sire , dd cc cotiqa&ir une paix glorieuse , et de . feire tt que t amour du grand peuple vous soit cc rendu. Je suis , &c. »
Cette offre de service , elevee dans ses termes , precise dans son expression, severe dans sa dignite , rlpond mieux que tout aux detracteurs hargneux , qui toujours poursuiyent Carnot avec le ridicule reprtche d'ambition demesuree.
a Des que Carnot offre ses services, dit <( rEmpereur en lisant cette lettre , il sera fidele <c an poste que je lui aurai confie : je le nomme cc gouverneur KAnvers , et commandant des « forts adjacens. y>
Le ministre de la guerre fut charge de tran&~ mettre k Carnot sa nomination. II ne vit pas
( i64 ) Daemc L'EzBpereiir > parti pendant la nuit pour ses armees.
Carnot ne se dissimula pas la difficufte de s* mission ; le ministre ne la Jui dissimula pas hiimemo ; et son inquietude alia jusqu^ Jbiiie rer. douter k Carnot l'impossibilite d'eatrer (fans 1* place. C'etait pour Carnot un motif de h&ter se* preparatifs/dfc voyage j il partit pour suraumter 9 par son habilete et son patriotisme , les obstacles qu'il ne manquait pas de prevoir, et qn'iL deyait en/core moins manquer de rencontrer.
11 montait en voiture entaure de ses parens et de ses amis ; parmi eux &'etait glis&e u$ de ces hommes qui se trainent dans toutes les ^utichamhres , dont les actions furent toujours en harraonie avec la vilete. Oetait un journalist© aux yeux divergens, un ecrivas&ier qui depuis long-tems se nounit de scandaleqx ddbats. U baisa les botte& de Carnot , se peservant bien surement in petto de l'accabler , en terns op-* portnn , de ses degoutantes diatribes, II n'a pas manque k son abjecte vocation ; depuis le nouvel ordre de choses, Carnot a ete, je np dois pas dire outrage, mais poursuivi avec* fureur par cet impudent Thersite , dont les mu~ fineries ne sont pas meme ofiensantes , paice gu'elles sont converter du m^pris public*
Carnot s'etait dirige vers Anveis^j&ar
( i65 ) [enm et Courtrai; les routes en etoient m- Tceptees. Ii cbangea sa roarche , il suivit par ; Sas-de-Gondy passa PEscaut,'et entm ms h place le s f&vrier.
En possession de son poste, il ftHait en sier maitre : aussi , trampant sa lassitude , ?I ucourfct et visita , avant m&ne de se rendre rhotel da gouverneur, tout ce qu'il hii im- >rtait de connaitre en detail pour assurer la ifense de la place. II donna les ordres concables'; et, sans qu'il se ftt etabli un's*** rvalle remarquable entre son arriyee et le *nal de l'attaque , le bombardement comen$a et dura jnsqu'au six.
Ses troupes bouiHaient de courage , et il let flammait par sa presence sur tons les points, tenta tine sortie : die etait inopmee et jug& r rennemi trop hasardense pour qu'il os&t faiie.Pessai. Elle n'en ftt pas moins heu-* lse. Les ouvrages des assiegeans furent doits; Id perte de kursbommes considerable; notnbre de lews prisonniers important; bandon d'une portion de leur artillerie d&asax , an point que depnis ce jour , ils n\>s&~ t revenir k la charge.
La sollkitude, les precautions de Camot 3nt telles , que toutes les incertitudes sur movens d'exittence ftirent pre venues, les
Vittes assures , les habitans aises dispone* & gecourir la classe indigente , et les dangers d* ]a penurie sagement ecartes.
J'ai sous lesyeux la lettre originate d'unbon Anversois en date du i€fivrier t8i4; en voici
Hn extrait. cc Sa presence ici (de Carnot)
« est un bienfait du ciel ; elle a remonte toutes « les tStes , et on a en lui une confiance sans. a exemple , une veneration sans bornes, Les « bourgeois , sur sa simple invitation , ont « j>r6te k la ville une somme de deux cent « 8oixant$-dix mille francs pour nourrir leg « indigens qui sont restes dans la place. »
Si Carnot n'e&t adopte un autre systeme que celui des sorties frequentes , pratiquees avant lui , la garnison aurait eprouve une perte journalifere d'hommes, II les fit cesser , et pensa. que la place devait trouver en elle-merae sa defense bien plus surement que dans des positions avancees, qui ne pourraient pas meme retarder 1'apprOche de l'ennemi , s'il etait bien decide k fottaque. Aussi , depuis cette tactique nouvelle , la garnison ne perdit-elle y par te feu de l'ennemi , que vingtsept honimes. .
Avant l'arrivee de Carnot k Anvers , le conseil de defense avait arrete qu'un de ses plus iroportans faubourgs serait rase. Ce moyen etait trap des^streux pour que Carnot voulut ^'employer i
& tnoins qu'fl ne lui fut demontre inevitable. Examinee de prfes, la mesure lui parut inutile * et il se contenta de faire mettre ce faubourg en ton etat de defense : c'est celui qui , depuis % a consacre le souvenir du malheur, du bienfeif; et de la reconnaissance, en prenant le'nomde, Carnot > t et le gravant en lettres d'or sur une table de marbre , dans sa principale rue.
Les sommations faites k Carnot de rendre la place furent souvefit renouvelees , et tous les genres de seduction employes pour le conduire k cet acte d'un avantage decisif pour les coalises. Les pieces irrecusables que je vais transcrire , porteront la lurniere la plus eclatante sur 1'instance des tentatives aupr&s de. Carnot * comme de Pinvariabilite de ses principes d'honneur (i3).
Le general comte de Bulow , commandant l'aifnee prussienne , lui ecrivait du quartiergeneral de Bruxelles , le 1 1 feyrier 1 8 1 4 :
<c Monsieur le G£n£r ai* ,
(( J'avais appris par des lettres interceptees « de Paris , que Votre Excellence devait venir <c remplacer le due de Plaisance dans la ville, <c d'Anvers , et je m'en felicitais d'ayance. La, <c confiance nationale vient done r^parer le tort, « qu'un monarque ambitieux avait commisj
ITifierttn^tteJtune^ltee ittiportamte 11i6itttoe « <pii lie etentit jamais en o<*cuper ttfi autre; <t Voire Excellence coimatt Petat (fc sk patrid « atissf-bien qttfc fcioi; die viCirt de Piuteifettr*, <t ef son rtfl exerc6 atira observe lesHntatrx <fal «: menaeeht to France. LeS grantfes artti&s soiit ct SrquiftzfilieueSdel^risr; le^tt&alWeffiftgtdif cc avanee de Ba^otttte ; les g&ieratl* Bfachef e$ « Vmaiiigerode onf depaSs^ GMfottSetRenhS ; <t Bois-Je-Bac eSt^ reudtt ; ©orttntt vi^nt dfe « capitufer ; de flfotdbreti^ mtfotts tfe troupe* « allemandes et holfondaiaes ffi>arrrv£ftt tottif it les joturs 5 le prima r&yal de Sufede > dVee « Parmee dtr Nwd , arrive an RKin f , et pat« <t tout > au coetir de te Prance tti^itoe , Pesprit ft du peuple nous prouve qtie nons 5omme$ ferf « bienvefcus. II n*est plus dtifuteu* que Perttpirrf « tyrannise du souverain qui a* firit k fttel- * heur de la FrafcCfe et de PEurtrpe* eriti^re f - « tire veils sar flh. Gene soht point leaFran£ait* tct que nous combattofts y Votre Excellence le « isait 5 elle s'en sera perSuadee par Pesprit <£ de moderation qui distingue fe prtteli&ma~ tf tiohs des Sauverains allies; dle^feh afrtf tf CtmvaincuC par P6juit& qfoi a dict6 tea Hie* tf tares de tons le* gfoemu* pour rttftiagef «t tffl peuple mallietoeux dans Ce tttoffifcAti « digour&hui H m * y agit > point de par*
* tnger la France , et cTen forcer lea ha* m bitans a accepter > centre son gri , un « nouveazl souverain; il s'agxt de finir aussi- «c tot (pie possible has maux de vingt annees cc de \guerre et de malheurs : voilh , mon cher cc general , le point de vue d'ou il.faut partir cc pour nous juger > et le seul , peut £tre le cc plus beau qui ait jamais existe* Les peuples cc de PEurope ddivent torus £tre rendus k la (3c paix , au repos et an bonheur.
<C Votre Excellence , dont left tdlens , cothmti it militaire et comme honnne de cabinet , son< cc egalement connus, dont le caractere juste Cc et Icyyal ne s*est jamais dementi , Vdtre cc Eibellehce se trouve aujourd'htti dans un£ cc position & pouvoir effecttrer un bien infini , cc sr elfle le veuf. Quelle se mette a la ttti cc cPttn peuple qui bristi ses firs ; tju'elfe « prepaid fe bien fctur de la Frarfce ; qxtelU cc organise ses rnqyens ; <ru y eBe fassfe lift effort cc courageu* y et qu*etle tfirhtftdrtalise en for* cc matit un parti dieidt} h dSKvrer sa pat tie J a je me ferai un devoir de la souteftir de toute* cc les manieres ; je Jouifai d'une satisfaction cc partictdiere h pouvoir cdntribuer an bien de cc la Prance* par fes Fran^ais eux-rfiem6s.
<r Quelle qufi puisse etre la resolution dfc ct Votre Excellence > elle ne changfra rien auf
( 17* ) x commartdemettt , et dejoindre vos trou*
apes a celles que je mine a la conquSM
cc de la paix , je Umoigne mon dSsir de
<c conserve? a la France un homrne qui
k peut encor*. ltd Stre si utile par see ta~
<c lens distirrgHts ^ et je voiis ddtinela preuve
<c la plus solennelle de l'estime et de la am-
a sideratioft que je vous ai toujour* portfes.
« Sur ee-> je prie Dieu , etc. %
A cette insinuation d'un ci-devant et ardent tninistre de la guerre sous la republique fran^aise, aujourd'htii prince royal y Caroot repondit avec la dignite dont le sentiment ne peut jamais se dementir en lui.
<t Prince , c 9 e$l au ndifl dti Gouveroemenf <rfrati§Ais q"« je commande dans la place
« d'Antefes. Lui seul a droit de fixer le terme
« de mes fractions. Aussitot que ce Gouver- <t nemeot &m definitivemeirt et incontestable* <r merit efetbli sur ses nouvettes bases , je m'em- <r pressenli d'executer ses ordres. Cette riso- (( tution ne peut manquer tTobtenir Pop** «c probation (Pan prince ni frangais, et <c qui cormatt si bien les lois que Phonneur ttpriscrit.
a Les babitatts de la place ePAnVers nt csouffirent point; la paix r&gne chez eux>
( 173 ) « plus peut-^tre que su* aucun autre point a de PEurope 5 ils seutent tous > comme mbi , «c la necessite d'attendre que 1'ordre politique « ait pris son assiette ; €t sans xioute , nous a ne tarderons pas & recevoir directement les a instructions que nous deviwssujvre. Agreea , « Prince, &c.»
II fallait bien substituer & ces tentatives diteetes mais infructneuses , des moyens tortueux et agitateins ; mais les menees les plus actives ne forent pas long-terns k fore dejouees : uri ordie dn jour de Camot, du 12 avril, les paralysa sans retour. II est ainsi ctm$u : *
«c Ip gouvemeur croit devoir rappeler aux a habitans et aux .mijitaiies les dispositions « suivantes dii d^cret imperial du zi decemabre 1811.
Dans PHat de sj4ge y le gouitemeur ou commandant determine le service dee trou* pes , de la garde nationals et celui de to&e* Us autoritt* civile* et militoites^ saris autre regie qmeses instructions secretes $ les fntouvemens de Vennemi et Us tmvau* de*
fssidgeam.
Tout gQuvernevr ou commandant ? £## nous avons oaqfef Pane de nos places de g&erre, doit sa rswnmftir $u'U 'titoU -dti***
*es mains un des boutevarts de noire EmM pire , ou Pun des points cPappui de naS armies, et que sa reddition> avancie ot& retardSe cPun setil jour * peut 4tre de let plus grande consequence pour la defense de PJ^tat et te salut de Parmie.
En consequence , il sera sourd a tous tern bruits ripandus par Pennemi 1 ou aux now* velles directes ou indirectes qu 9 il lui ferait parvenir * lors me 4 me quHlvoudrait lui persuader que les armies sont battues et la France envahie ; il rd sister a a ses insi~ nuations comme a ses attaques ; il ne laissera point ebranler son courage ni celui de sa garnison*
cc En 4 consequence , comme seul charge iJe K la responsabilite envers le Souveraiu, quel <c qu'ilpuisse etre, le gouvemeur defend qu'il & soit rien innove dans la forme des actes ci- <( vils et militaires , tion plus que dans les uni^ « formes et costumes > jusqu'& ce qu'il en ait « donne lui-meme l'ordre ou l'autorisation : et cc il improuve la conduite de ceux qui se s&+ « raient permis de reconnaitre individuellement cc aucune autorite contraire h. celles qui etaient « en vigueur lors de son arrivee dans cette place : i< e'est k lui seul qu'il app^rtient de donner la « signal des changemens qui pourraient surYeak*
« Les lois antec&lentes sur les deserteurs ou <st sur les provocateurs k la desertion seront « observees dans toute leur rigueur ; la disci- <sl pline la phis exacte sera maintenue dans tous ic les corps ; la police interieure de la ville , et <c principalement celle des portes , s'exercera cc avec une nouvelle surveillance ; tout ce qui « portera le caract&re d'attroupement sera sur- 4 le-charop disperse par la force armee. »
L' abdication de Napoleon une fois officiellement connue de Garnot , il manifesta sa soumission raisonnee au nouveau gouvernement , qui bientot devait &re proclame. Ses principes ne * variferent pas plus dans cette circonstance^ que <3ans toutes celles qui , pendant sa vie politique , Favaient precedee. Cette soumission est consignee dans son ordre du jour du ij avril.
<c Soldats. • • Nous sommeS restes fiddles k <c PEmpereur Napoleon , jusqu'k ce qu'il nous « ait lui - meme abandonnes. II vient erifm <( d'abdiquer un empire dont il ne pouvait.
(( plus tenir les r£nes. Nous sbmmes , k son « egard , delies du serment de fidelite. *
<c Dans ces circonstances importantes , la <t garnison ne doit point perdre devuequ'elld «n'a aucun voeu & emettre: la force armee cc ne delibere pas ; elle ob&t aux lois , elle les a fait executer. Elle serait coupabk si efle se
orpoBon^ait spontanement ou individneUe-r
« ment .,* parce que c'est l'unit^ qiu fait s*
cc force , et qu'elle ne doit jamais s'e$poser &
«c une divergence d'opiaion.
cc Le moment appracke, sans doute, ou
a nous devrons pretty* un iiouveau serment &
cc celui <ju'aura designe pour son roi 1'assen*-
cc timent general de la nation ; jnais nous de*
cc vons prevenir tq\tt desordre, editor ioutfl
a secoasse , obeir UBanimemettt. JWnsfomt pre-
c cis sera done <£xeppur nous; il earn con~
cc sacre par una solej*m&e> J^squ'aWrs , nons
« ne nous penpetb^ns auo*m e£r#3ge**ae&i j
«t aucun acte partial; nous serons lepmfis ^
cc nos postes , nous gardarons *oreligieu£$£Wi$
<x le "depot <jui eat «ntre 90s mains, €t npitf
cc $$te»dr<ons^ £oAd#s fidetes et i^oijruptitles A
« V\qwe 4e Je w^tfcre & s<m. MiOTiifr 1&*
<%t ord^e du jour &e prpduisit qu*&. tfemj ^^^.cp'en attead*it Garnet; Joutes les agi-* ta&ons n^toiwt pa? c&lmees ; 4*s soldate d* la gatnispn oon^sFvai^nt^ #vec uap tenacity ^pnjgejpeu^e pow Ja traiwjuillil^ ' piblafii&j >des pieces onraciafe* par una iopg^e haiajtode, L^pproshe d'im ^nnmtf; > pour, en* tout #iWH yefcui appel^ Jes precautions de la sagesae ;*t>
( *77 ) Tt Soldats*... . Aareun d'outo uaisonnable ne
<c pouvantplus s'elever sm ]& voaucfc la nation
cc fran$aise en> faveur dfo lar dynastie dbs Bour-
cc bom y ce serait nous mettre en re volte contref
<& Vautorite legitime, que* die difierer plus long-
cc tan* a la uecounaitre. Nous; avons; pu , nou£
<c arons d& Reus assurer que le peuple fran<jai£
«c M*eee*att.cette grandefoiquedeliu^
<c TJfl' gauwesnement etablv dan& une ville oc-
<c cupee par des amuses etrangeces , arec tes-
« quelfes il afexiste encore ancnn traits de
« pak > a du quekpie tems* nous inqrirer des:
« craiBtes sur ia hberte de ses delifeesations*
cc Ces emotes sent dissipees, pair le voeu una-
<c wime <fea yiUes ehagnees du the&tre de la)
« gaevre, Banneor a ceux qui out su reprimer ,
<c dans feur elan , un zefe indiscret qui e&t pu
<£ coTopFOwettre la discipline et la surety du
a depot qui nous, est confie. L'av&nement di+
«t n&uvemi roi au trdne<> serra-plb&glQrieuv
<c appeUpvr Pamawr des peuples, que regit
& pur t& terveur des armes. »
La sagesse de Garnot avait heureusement
conduit sa. garnison a la soumission au nou-»
wees* gouTOmement ; son exactitude a Pen- in-
focmer, dans la personne du ministry de la
guens., alia jusqufa, un louable empressement.
Le L^awii, it lui cendait compte, eaces
termes, da bon eflet de ses ordres, et du Sttcces de ses moyens de persuasion.
a Cen'est pas sans peine que j'aienfinamene a ma barque k bon port ; il m'a fallu traverser « bien des ecueils; il m'a fallu faire de grands cc detours pour arriver an but que nous toua. chions dhs le premier moment Les difficultes <c sont venues , i°. de ce que nous avons vu cc votre aide-de-camp , tombe comme desnues, tc avec une cocarde blanche ; 2°. de ce que cc vous m'avez annonce positivement Pabdicaa tion de Bonaparte , tandis que , par les jourcc naux , on voyait qu'elle n'etait pas connue j cc 3°. de Parrete du gouvernement provisoire ,• a qui permet : aux consents de s*en aller ; cc 4°. d'une cabale qui , tenant fortement a* cc Bonaparte , a fait , en sa faveur , une resist cc taiice inattendue , telle que je ne pouvaist cc plus ordonner Padhesion des troupes de la cc garnison et de la marine , sans courir les ris-» cc ques les plus evidens d'une scission.
cc Lorsque cette merae cabale a vu qu'il n'y cc avait plus pour ,elle de subterfuge ; eUe a cc voulu se faire un merite d'aller plus vite que cc les autres ; elle a violemment presse la mecc sure ; mais les tetes etaient trop echauffees : cc j'ai voulu, k mon tour, marcher prudemcc ment, aller pas k pas j et je suis enfin par-
( l 79 ) * yenu , sans secousse , k obtenir le resultat «c desire. On n'a pas &e aussi heureux a Lille «c et a Ostende.
cc J'ait fait uto precis de tout ce qui s'est ~*c passe k ce sajetj je vous Pen voie, et vous cc invite k le lire , pour peu que vous en ayez ^«le terns. Pai tache de ne compromettre per- « sonne 7 quoi qu'il y eut des gens bien cou- « pables, ou au moins bien egares. Le precis .« a ete inscrit au registre des deliberations du cc conseil de defense , aprfes avoir ete lu , encc tendu <et reconnu vrai par tous les membres. ic L'union la plus parfaite avait regne jus- «c qu'alors ; il a fallu cet evenement pour nous «c diviser. Heureusement , nous n'avons plus <c rien k craindre. Les ennemis, qui nous ob- <c servaient , et qui auraient volontiers profit6 «c de notre zizanie , n'ont pu s'empecher de me «c rendre justice. Void la lettre que je re§us <c hier du general Graham , qui commande « l'armee anglaise.
cc // est des circonstances qui permettent «c a peine cPoffrir Vhommage des sentimens <c qiCon Sprouve. J'espere pourtant , gdnd~ « ral<> que vous me permettrez de vous «c faire parvenir le tSmoignage de monad'* « miration sincere pour voire ordre du Kjour {celui du 18 april), que le hasard
< *8b J <c m*a procurS : il est tellement sage etju&fe* a dans ses principes r qu?U vous assure Vap— cc probation de chacun des soldats de tou& m Us pays. Agrdez 9 -etc. »
Le minisire de la guerre re$*oadit k Camot ay^c une gFande ponctuaiite.
<<i J ? ai re§u , lui disait-il , fes differe&tespiea «es que vous m'avez transmises le 19 de ce* xc tarns. Ce& pieces contiennent les adhesions cc des autorites eiviles «t railitaires de la a {dace d'Anvers aux actes du gouvernemenfc <( provisoire. Je les ai mises sous les yeust de <c son altesse royate , Monsieur, lieutenant- -general du royaume, qui a vu avee satis- « faction la conduite prudenfce A ferme one' a vou6 avez tenue dans cette cireonstanee dif- « ficile. Recevez &c
I& devait se terminer 1$ mission deCarnot.
Des que la convention du 24 a^vril i8r4 lui veut ate communiguee officiellement^il fit prendre la cocarde blanche k la garnisofi,, it lui At prater serment de fidelite au kmu £ette ceremonie fut calme T malgre tons les elernens .jde discorde qui agitaient les esprits.
H eut ete trop partible <pour Gamot de xendre lui -me me a l'ennemi 1q place qu*il avait si glorieusement de&ndue : aussi laissa- Aril ce soia k oeu* qui Pa^aient commaadee
sous ses ordres ; msris les habitans cPAnvers ^avaient raerite, de sa part, des senthnens ^k'estime efc d'affection particuli&res ; il leur en devait le temoignage public : il le leur rendit clans des adieux nobles et touclians.
<c Le general de division gouverneur d'An- <c vers amnoncc aux habitans qu'il touche aii «c terme de sa mission.
« II ne sanrait s'eloigner d'eux , sans leur «c adresser ses voeux pour la prosperite de leur <sc ville, Ses felicitations sur leur conduite ferme «c et courageuse, et sa gratitude pour les martic ques de confiance dont ils n'ont cesse de <c Thonorer.
<c II les remercie , avec sensibib'te , des res- «c sources qu'ils lui ont offertes pour I'entre- <c tien dc ses troupes , et des secours genereux <c qu'ils ont prodigues , dans toutes les occa- «r sicms , aux soldats blesses,
<c II s'estime heureux d'emporter Passurance' « que tous ont rendu justice & la purete de «: ses intentions ; que les mesures de rigucur «s qu'il s'est vu quelquefois oblige de prendre , <c lui etaient commandees par des circonstan- « ces imperieuses ; et qu'enfin , pendant son t<L sejour , grace au bon esprit dont chacun 6tait « anime , Anvers est devenu un asile pour 1 4t ceux qui fayaient les malheurs inseparables
( i8a ) « d'une guerre terrible r plutot qu^une ville e» cc proie aux privations et aux devastations <c qu'entrainent ordinairement un bombardecc ment ou un blocus prolonge.
Une adresse fut faite a Carnot, de la pari des bons Anversois ; elle doit trouver ici sa place; je la recueille dans la gazette du Bra-^ bant, du 3 mai i8i4, n°. G.
cc Les habitans de cette grande cite, (ainsi
<c s'exprimaient ceux d'Anvers) voient avec
cc plaisir et reconnaissance le temoignage d'es-
cc time que leur donne son excellence le general
cc Carnot , gouverneur de cette ville. Us ont
cc su juger la difference qui existait entre un
« homme affable , instruit , impartial , severe ,
cc a la verite , mais juste , et les hommes qui ,
cc jugeant au gre de leurs passions ou de leurs
cc caprices , ignoraient ou voulaient ignorer les
cc causes qui font adopter telles ou telles opi-
<c nions , frondaient a tort et a travers les*
cc usages et les habitudes qui ne sont pas les
cc leurs , ne voyaient dans un peuple paisible
cc et bon , que des ennemis prets k se soulever ,
« et n'eprouvaient que le besoin de la vexa-
' cc tion ou de la destitution sans necessite. Ces
<c hommes ne laissent rien dans notre ville >
cc comme ils n'en emportent rien.
cc Mais vous , general gouverneur , vous noits
' ( »83 ) cc laissez de grands souvenirs , et vous em- «c portez Pestime , la reconnaissance de presque cc tous les habitans de cette grande ville. Puisse cc cet hommage simple et vrai les rappeler «c encore long-tems a votre souvenir !
cc Oui y le nom de Carnot s'associe h celui ec d'Anvers , et le burin de Phistoire les reunira. «c Tout autre eloge serait superflu (i4). »
Carnot revint directement k Paris ; il s'empressa d'aller presenter ses hommages au Roi , ainsi qu'aux princes. L'accueil qu'il en re§ut Pavertit assez qu'il devait se tenir desonnais a Pecart. II perdit son traitement de lieutenantgeneral , fat reduit k sa pension de retraite , qui , elle-meme , s'est evanouie entierement en presence de la loi du 12 Janvier 1816.
vm/v**A*A* A* **i*nAAn*