To « >* avons eu > ^ moins
cchtiques. Je v *
* . , ^ but, celui de sauver 1*
. ^membrement , et Paris de sa ccmecontr . •
, celui d'assurer rmdependance
, et d'eviter l'effusion du sane.
<C du r >•' , . j o
^usreussi dansces vues, autantque
1 ^ du moment pouvait le permettre ?
> crois, j'en appelle aux ennemis eux-
^es : y ai-je , pour ma part , contribue
iatant qu'il etait en mon pouvoir? Ma
/conscience me le dit 5 et j'invoque sur cela
a le temoignage de ces honorables collegues ,
cc dont j'ai partage les travaux, et dont je ne
cc suis separe que par 1'ordonnance du 24
ccjuillet.
cc * . . •
cc J'affirme que , ni directement , m indireccc tement , je n'ai pris aucune part aux tenta- <c tives qui ont pu etre faites pour le retour <c de Napoleon j que je n'ai entretenu aucune cc correspondance a ce sujet, et que je n'ai eu cc connaissance d'aucune correspondance entrecc nue par d'autres ; que je n'ai assiste k auoc cutifc reunion particuliere , a aucun conci-
M)ule; qu*enfin j'ai portage l'etonnement ersel, lorsque j'ai appris sa descente xes cotes de France. Mais voyant une
rise se preparer, et n'ayant aucune fono- <c tion publique a remplir, j'ai cru necessaire cc k ma surete de me soustraire aux recherches cc de la police qui faisait observer mon logecc merit ? et d'aller m'etablir dans une autre a maison ou des amis-m'ont recueilli, et ou cc j'ai demeure constamment jusqu'a ce que cc Napoleon fut installe au palais des Tuilecc ries , ou je n'ai ete le voir que le lendemain cc a midi.
cc Voila le fait tout entier. Maiiitenant de « quoi suis-je accuse? C'est ce que j'ignore; cc c'est ce, que l'ordonnance du 24 juillet ne <c dit pas. Elle parle d'un attentat sans exemcc pie , mais elle ne particularise aucun fait cc dont soient prevenus ceux qui composentla cc seconde liste ou je me trouve porte. Voici cc done ce que je tache de deviner pour ce qui cc m'e$t personnel. J'imagine que mes ennemis cc auront juge par les persecutions qu'ils m'acc vaient fait essuyer sous le gojivernement cc royal , que je deyais etre mecontent , qu'ainsi cc je devais desirer tm changement ; que , par cc consequent , il etait indubitable que j'eusse cc participe a celui qui avait eu lieu.
a Que je ftisse meqpntent , c'est ce que j'acg corderai volontiers , et ce qui , je crois , est « trcs-pardonnable dans ma situation ; mais <c qu'i cause de cela, j'aie conspire pourfaire « revenir Napoleon , c'est ce que je nie , et ce cc qui est de toute faussete.
<c On me demandera , sans doute , pourquoi «c n'ayant contribue en rien au retablissement «c de PEmpereur , j'ai cependant accepte la cc place qu'il m'a offerte a son retour. Mais «c moi , je demanderai pourquoi suis-je le seul « des ministres auquel on fasse ce reproche. oc Tous les autres n'etaient-ils pas nommes et « en exercice avant moi ? Petals loin de in'at- «c tendre k cette nomination , bien plus loin «c encore de la desirer. Ce fat seulement le knee demain de son arrivee, a onze heuros du « soir , que PEmpereur m'envoya chercher , et « qu'il m'ordonna d'entrer sui^-le-champ en <t fonctions. Fallait-il refuser? Fallait-il s r expo- <c ser & passer dans P opinion pour un mauvais <c citoyen ? Ou bien fallait-il , investi de la con- «; Gartce de celui qui etait de fait le chef de « Petat , travailler a le prccipiter du trone on a: il venait de remonter sans obstacle ?
« Mais ici , j'irai plus loin , je dirai franche-
<c chement que j'ai accept sans peine cette place
<$ qui m'a ete proposee par PEmpereur , parce
cr que j'ai eu l'espoir d'y faire le bien. J'ai
cc era , et je crois encode , que PEmpereur etait
cc venu avec le desir sincere de conserver la
ccpaix, et de gouverner paternellement. J'ai
cc era que les allies ne voudraient pas rappor-
<c ter de nouveau la desolation dans un pays
<c dont le voeu etait si fortement prononce pour
cc la tranquillite de PEurope. La persuasion
cc generate etait , que PEmpereur n'avait pu
<c quitter Pile d'Elbe qu'avec Passentimen
<c d'une partie des membres du congres de
<c Vienne , et que sous peu de jours nous re-
cc verrions Plmperatrice et son fils. On ne dou-
<c tait pas que les puissances ne nous laissas-
cc sent , comme elles Pavaient tant de fois pro-
cc teste, choisir le gouvernement qui nous
cc convieridrait , pourvu que nous demeuras-
cc sions fideles aiix stipulations du traite de
<c Paris. Au lieu de cela , Napoleon s'est vu
cc tout a coup assailli par les puissances reu~
cc nies , oblige de se preparer en toufce hate k
<£ soutenir une guerre terrible , contraint de
cc lever sur-le-champ des hommes , et de met-*
cc tre en oeuvre toutes les ressources de Petat,
<c De la , ces m^sures extraordinaires et forcees
( 236 ) cc qui ont commence k le faire device de la « ligne qu'il s'etait tracee , de ce systeme de « moderation qu'il avail annonce d'abord , et a que , dans mon opinion , il avait annonce de cc bonne foi.
cc Souvent me trouvant seul avec lui , je lui <r ai entendu deplorer cette manie de conqup— «c tes qui l'avait entraine a de si fa tales erreurs , oc et gemir de voir le sort de la patrie expose ft k de nouvdles chances. II ne pouvait contc cevoir que Marie-Louise et son fils ne fus- <t sent pas des gages assures d'une alliance qui <jc n'avait pu , disait-il , etre rompue que par <sc une exasperation momentanee. Oui , j'en cc conviens , f ai partage ces sentimens ; je me cc suis flatte de voir nos desastres finis , de <c pouvoir faire tourner desormais les ressour- <c ces de i'etat aux progres de l'industrie , au <fc soulagement de la classe indigente , au percc foctionnement de ^instruction publique; j'ai d joui moi-meme, dans la pensee, qu'en ma cc qualite de ministre de Pinterieur , je poucc vais devenir Pun des agens principalis de ces cc heureux changemens.
CC 4
« Pour en revenir k mon objet r pourquoi
ft n T est-ce qu'Jt taoi seul qu'on fait le repro* <t che de n'avoir pas donne ma demission?
<c En est-il d'autres qui aient donne les leurs? « Et s'il l'avaient fait , n'eussent-ils pas et£ «t regardes comme des Mches ?
cc Si c'est la violence qui s'est emparee des <t pouvoirs , si toutes les adresses qui ont et£ <c faites a Napoleon sont des discours de lactic tieux , si l'assembtee du Champ-de-Mai etait tc generalement desavouee par la nation > si « tout n 'etait qu'intrigue , discorde , oppres- « sion , pourquoi vimes-nous figurer parmi les « representans des homines generalement res-* « pectes ? Pourquoi aceeptfcrent-ils un tel man- «cdat? Pourquoi ne protesterent-ils pas contrt cc leurs propres nominations ? Pourquoi ne^u- « rent > ils des missions du gouvernement ?
a Pourquoi sont-ils encore , ayec justice , en oc faveur aujourd'hui ?
cc Cependant tout cela s'explique d'une mace xdhie tres-simple , sans qu'il soft necessaire cc de cherchei 1 des coupahles oil il n'y en a « point C'est que tout le monde a pense, cc c'est que le hons sens dit h tous , qu'il est * du devoir d'un bon citoyen de marcher tou-* « jours dans le sens du gouvernement etabli ; <c dans les crises de I'etat , il peut y avoir pour cc chaque particulier uu moment d'incertitude
( 2 38 ) <jc sur le parti qu'ii doit prendre ; il peut hesU (C ter ou choisir entre les opinions , sans se cc rendre criminel : bientot la grande majoidte cc se prononce ; alors , si la minorite s'obstine cc dans son opposition , ce n'est pllis qu'une cc fiction. C'est ce principe de justice eternelle <sc qui constitue l'essence de toute societe puce blique; sans lui iln'y a plus qu'anarchie et cc guerre intestine dans Punivers entier. Voila cc pourquoi l'on a dit avec raison que > dans cc les discordes civiles , il n'y a point de coucc pables , mais seulement des yainqueurs et cc des vaincus.
cc Inexperience a prouve que , chez toutes cc les nations , le lien le plus fort est celui qui cc nous attache au sol de la patrie. C'est dans cc le pays sterile de Lacedemone > c'est dans cc les marais de la Hollande , c'est dans le sol cc pierreux de l'Helvetie que se sont trouves cc les peuples les plus inseparableraent attaches cc a leur territoire. II est done simple que les cc citoyens ne voient rien de plus juste que le cc bonheur de leur patrie , abstraction faite de <c ceux qui gouvernent ; mais ces idees primicc tives sur le droit naturel qu'ont les peuples « de se choisir un gouvernement , s'effacent cc par degres ; et l'histoire prouve que les gou- $ vememens une fois etablis > changent de
cc doctrine h cet egard suivant leurs interets.
<c Les princes qui rejettent aujourd'bui Napo-
oc leon , ne Pavaient-ils pas n'aguere autken- .
cc tiquement reconnu pour Souverain? ft'a-
«c vaient-ils pas fait avec lui des traites de paix
cc et d'alliance? Ne Pavaient-ils pas associe k
cc leur famille ? Le Pape n'avait-il pas quitte
cc la capitale du monde chretien pour venir le
cc sacrer avec toute la pompe imaginable ? Or ,
cc si les gouvernemens sont si pea fixes eux-
cc xnemes sur les principes qui etablissent leurs
cc droits , qu'elle sera done la boussole qui
cc dirigera les particuliers lorsqu'il s'elevera au
cc milieu d'eux une tempete a ce sujet ; et lors-
cc qu'un des partis aura triompLe f aura-t-il ,
cc je le demande , d'autre droit lui-meme que
cc celui du plus fort , pour traiter de coupable
cc celui qui aura succombe ?
cc Enfin , pourra-t-on me dire , puisque vous cc vous etes regarde comme lie a la cause de cc Napoleon pendant Pexistence de son poucc voir , lorsque ce pouvoir a cesse , lorsque «c Phomme qui en etait revetu a donne son cc abdication > pourquoi ne vous etes-vous pas cc empresse de reconnaitre Louis XVIII ?
cc Pobserve d'abord que Napoleon n'avait cc donne qu'une abdication conditionnelle en cc fayeur de son fik. J 'observe ensuite que lor*:
( 2 4o ) cc que eette abdication a eu lieu , les chambres cc ayant creee utte commission de gouvernement <X dont nous etions membres , nous avons du « nous conformer a leurs intentions , et que la a question politique ne nous regardait pas , <c puisque nous n'etions charges que de Pexe- « cution des lois. Au surplus ? on sait que les
ec allies youlaient prendre Paris pour Ieur pro- «c pre compte , et on les a vus continuer le k siege des places qui avaient arbore le draft peau blanc. Nous ignorons quels etaient les <c projets de ces puissances , qui ne youlaient « entrer dans aucun pourparler , et qui ne s'ar- <t retaient pas dans leur invasion. Leur cause <c paraissait , en quelque sorte , n'avoir rien de « commun avec cdle de Louis XVIII. Nous « avions envoye des plenipotentiaires aupres cc d'eHes , pour savoir sur quelles bases nous <c pouvions traiter. Nous avions besoin de tem- « poriser pour attendre leur reponse , et nous <c proposions inutilement une suspension d'ar* <;< mes aux Anglais et aux Prussiens , qui marcc chaient tou jours vers la capitale , et qui <c annon$aient ne vouloir traiter de cette susa pension d'armes que dans Paris meme.
cc Qu'aurait done servi de reconnaitre prema- <c turement Louis XVIII , sinon h. irriter dace vantage les allies , de ce qu'on aurait voulu
( >4i ) a terminer sans eux ; k lever Petendard de 1a a revolts contre Jes deux cluunhnea ; a jeter la « confusion 4?ns Pardee qui m jmUiait k Pace ris, au nom de NapQ&on* i dwiser les « citoyens p?nni tesquels aucune dissidence oc d'opiqions ne §'etatt encore roanjfestee ? JVocc tre devour efeut done do >m*u*teuir provicc soise&uent l'uwt& , m eca*4*nt ayee aoin la <c question pplitique pour ne £ v eccuper que de * prevenir , par tQUS Jes moyens possibles , les <c affieusep c4%J*U$es que nous vsoyons prfes de <jc foadre sw la qapitale. Or , e'est & quoi nous « avons reussi , j ; ose le dire , aijec un succes oc qu'U ne nous etyut pas permit d'esperer,
<sc
oc tfi fil$ deNppoleoii ayantitedoclaieE nice pereur de droit, il .fat question de savftir <c comment ies actes public^ seraient desormais «c intitules, ha cpmmi$sioB {bi gewvernement «: arr&ta qu'ijs sera lent intitules au mm du & peuple frwftois. Ce fut le sujet d'uue de~ cc nonciation feite a la tribune de la cjiambre cc des representans , parce qu'on pretendit que jf e'etait laisser la porte ouyerte au retour tte 4c Louis XVIIF, et que par consequent les ac-t
« tes devaient etre intitules au nom de Napo**
(c Uon II. On croirait que cette inculpation tc devrait , jusqu'a un certain point , nous faire « trouver grace aux yeux du parti oppose, cc Non ; ils pretendent que nous ne primes cet « arrete, que pour ouvrir, au contraire, de « nouveau la porte au systeme republicain.
cc Cette derniere accusation n'est que ridicule , <c puisque Pon sait qu'en France le systeme « republicain n'est plus qu'une theorie rejetee <c parmi les abstractions philosophiques. Mais <c la denonciation faite & la charabre etait beau- <c coup plus grave ; cependant elle n'eut point <c de suite , parce qu'il y eut k ce sujet une <c explication benevole entre des membres de a la chambre et ceux de la commission du <c gouvernement Les motifs de l'arrete etaient , a que la souverajgete du peuple etant reconcc nue par tous, il ne pouyait etre, dans tout « etat de cause , inconvenant d'intituler les ac- « tes en son nom : qu'avant d'intituler les actes « au nom de Napoleon II , il fallait savoir si (c la nation confirmerait sa succession au trone ; cc et qu'enfin , les puissances etrangeres parais- <c sant avoir resolu ^exclusion de toute la dy- «c nastie de Napoleon , quoiqu'elles eussent <c reconnu le droit des Fran^ais de se choisir <c leur gouvernement, le nom de Napoleon II cc mis en tete des actes publics , aurait pu les .
tic blesser. Les representans furent satisfaits de xc cette explication , et il semble que le parti cc contraire aurait du Petre & plus forte raison ; « car il fallait evidemment que nous optassions cc entre le peuple frangais et Napoleon II.
CC «
« Mais tandis que les uns nous reprochent de cc ne pas nous etre empresses d'envoyer notre « soumission au roi , d'autres nous impntent le cc tort de ne pas avoir suffisamment defendu cc Paris. Je reponds aux derniers que nous avons cc defendu Paris aussi long- terns qu'il a ete cc possible de le faire sans compromettre le sort cc des habitans. Toute autre place que Paris eut cc certainement pu tenir encore ; mais une capicc tale qui renferme une population de six cent c< mille individus , qui aurait jamais pu nous « justifier de Pavoir exposee k un massacre cc general , a toutes les horreurs d'une ville prise <c d'assaut? Bonaparte n'avait fait fortifier que <sc la rive droite de la Seine , qui est dejk force tifiee naturellement par les hauteurs de Bel- «c leville et de Montmartre : le cote gauche de cc la riviere etait reste sans defense. A peine y cc apercevait-on Pehauche de quelques lignes.
( 244 ) cc Pavais fait sur cela mes observations a l'cma pereiir ; raais il etait persuade qu'on ne viencc drait jamais l'attaquer par la plaine de Montcc Rouge. Cependant les ennemis s'etent rendu cc maitres de Saint-Germain , avaient porte sur cc la rive gauche la majeure partie de leurs « forces ; et la riviere etant devenue gueable oc persque partout , k cause des basses eaux , il cc etait impossible d'intercepter leurs commute nications. lis pouvaient , par une attaque de "ft vive force , se rendre en un instant maitres ec de la capitate ; et k supposer qu'ils eussent cc echoue une premiere , une seconde fois , re- « revenir jusqu'i ce qu'ils Peussent emportee. cc lis avaient leurs derri&res libres ; pouvaient cc toujours recommencer leurs attaques avec des <£ troupes fratches , et choisir les momens les cc plus favorables. 11 fallait , au contraire , que cc nous ftissions constamment sur nos gardes k cc toutes les avenues de 1 'enceinte immense que cc nous avions k defendre , et toujours avec les cc memes troupes excedees de fatigue par les a marches forcees qu'elles venaient de faire cc depuis la funeste bataille de Waterloo. Qu'on cc se figure l'impression qu'aurait du faire sur cc les habitans , la rentree continuelle d'un nomcc bre considerable de soldats blesses qui auc< raient bientot rempli les hopitaux et les mai-
( 245 ) cc sons particuliercs , sans autre espoir que a d'eloigner de quelques jours seulement une <c catastrophe inevitable ; qui sait meme si la cc rumeur que cela aurait occasionne ne Paurait <c point hite ? Qui sait encore si les troupes <c elles - memes , dont le moral etait encore cc ebranle , auraient pu dans ce tutnulte conserve ver Pensemble qui leur etait si necessaire?
<c Neanmoins Pennemi s'avangait toujours ; tc il continuait k nous envelopper ; Parrivage cc des subsistences commen^ait k devenir diffi- <c cile ; on annon^ait un corps de quarante mille cc Bavarois k Meaux , qui devait achever le blocc cus entre la Seine et la Marne. L'ennemi cc garnissait les hauteurs de Meudon. Une fois cc retranche autour de nous , il ne nous etait plus <c possible de deboucher, ni d'executer aucune cc retraite. II fallait que Paris se rendit k disce cretion ; et que Parmee passat sous les fourcc ches Caudines , ou quelle se fit exterminer. cc On sent bien qu'entre Phonneur et Pexistence , cc eUe n'aurait pas hesite. La resolution etait cc prise de forcer le passage , a quelque prix que cc ce fut , et de se retirer derriere la Loire , si <c Pennemi continuait a refuser une suspension cc d'armes ; et cependant , le general Bliicher cc avait annonce qu'il ne traiterait d'une suscc pension d'armes que dans Paris meme ; il
( 246 ) cc voulait , pour premiere condition , que Parcc mee toute entiere se rendit prisonniere.
cc Dans cet etat de choses , la commission de <c gouvernement convoqua , le premier juillet , cc une reunion extraordinaire k laquelle furent cc appeles trois marechaux de France ( non comcc pris le ministre de la guerre , prince d'Eckcc miilil , qui ne put s'y trouver , parce qu'il ccfallait qu'il fit tete k Pennemi ), plusieurs o£cc ficiers generaux , tant de la ligne que de Parce tillerie et du genie , les quatre ministres d'etat, cc et enfin les membres composant les bureaux « de la chambre des Pairs et de celle des Re~ <c presentans. L'expose de la situation des chocc ses ayant ete fait k peu pres tei qu'on vient cc de le voir , et ce fut moi-meme qui fit cet cc expose , MM. les marechaux de France furent cc invites k donner leurs opinions ; tous decla- <c rerent qu'ils ne croyaient pas que la ville de cc Paris fiit susceptible d'une plus longue decc fense. M. le marechal due de Dalmatie dit cc que du cote de Sainfr-Denis , Pennemi , maicc tre du village d'Aubervilliers , il etait trescc hasardeux de tenir derriere la digue le long cc du canal qui joint Saint-Denis a la Viletto ; cc que si Pennemi venait k forcer cette digue , <c il pourrait , sans difficulty , se porter k Pinscc tant sur le village de la Chapelle, et entrer
( *4 7 ) « p£le-mele , avec nos troupes , par la barri&re
<c de Saint-Denis : que rien , au surplus , ne a pouvant l'empecher de communique? d'un cc cote de la riviere k l'autre , il n'y avaitplus « de resistance praticable a opposer. M. le mace rechal prince d'Esling dit que sa defense de cc Genes pouyait donncr quelque idee de sa cc tenacite a soutenir les postes qui lui etaient « confies ; roais que dans la situation ou se a trouvait Paris , il lui paraissait impossible de cc le defendre plus long-tems, et qu'il ne croyait cc pas qu'il y eut d'autre parti a prendre , que cc celui de renouveler les demarches dejk faites cc pour obtenir une suspension d'armes. M. le cc mareclial due de Dantzick opina a peu pres tic de la meme maniere ; ajoutant neanmoins cc qu'il ne croyait pas impossible de prolonger cc la defense , si l'on pouvait achever rapidecc ment les travaux de fortification commences cc dans Ja plaine de Mont-Rouge, et qu'il falcc lait se hater de mettre tout en oeuvre pour cc cela, Des membres de la reunion , qui n'a T cc vaient pas cru que la situation de Paris fut cc aussi alarmante, firent des observations, et cc demanderent qu'avant de prononcer definicc tivement onTecueillit de nouveaux renseigne- <c mens ; et il fut enfin resolu que dans la nuit c< suivante, il y aurait au quartier-general de
( 248 ) cc la Villette , un conseil d£ defense , preside « paf le marechal pfirice d'Ecimiiih , auquel « seraient invites tbus les mar&9iatix &fe France cc qui se trbuvaierit & Paris , St ltetf lietiteftans- « generaux cbjntftriahdans less diflfcrfens cdrps dfe cc Parmee. Lfcs idbnfehisidntf <4e e$ feonseil furent cc les m&ties, ^iioiqii'anfidhc^fe^ dans lie prcM- <c ces-verb*i d'ttiic mdnterfc titii ffeti mbins afcc Urinative.
<c II n'&ait done plu^ pbssSte de difiSrtir k <c prendre uri parti decfelf, et le' 2 juffle!,£dii cc heures du sbir ; il firti r&oK d'env&yer iux ct generaux anglais et prtt&ieniry ttaS Coiftftis- <c sion speciale cMirgfe de feu* propose* nne cc convention piiremerit tnilfta&e , jifflir tk reft mise de la viile de PaJrfi" £htFe lefrrs InaifiS , <c en ecartant toute qtiestibn pdUttfjtle , puiscc qu'on ne pouvait prejuger qttefies sferaient cc les intentions des allied 5 IbYS'qh'ils Sferaient cc reunis. Cette coittmissioti filt cotiipcis&e de cc M. Bignon , chargie par iritd'rbrt du pdrtecc feuille des affaires 6trdng&r& , du general cc Guilleminot , chef de Pet&t-niajor general cc de Parmee , et de M. le comte <fc Bohdy , cc prefet du departcment de la Seine.
cc Danfc Pintervalle , et en attteAdaftt le r&ut- <c tat de cette mission , aucunes precautions ne « furcnt negligees pour la surete de Paris. Les
( a4g ) • «t troupes qntii etaient stir l« rive droite , filferent cc toutela rriiitp&r tes pdhts pour prendre poste <c sur la rivfc gauche. Le fcftdettiain 3 juillet, <c dhs h fiiatin , elles se trbuverteftt en bataille cc dans la plfrine de Mont-Rouge , couvrant '€ Paris , et occupant une position avantageuse , cc avec la resolution de soutenir vaillamment cc le choc de 1'eftflemi et merae avec une sorte <c d'itnpatteftce d'en venir aux mains.
cc Les Prussiens occupaierit le village d'Issy, cc h Pentnee du quel nous avions un poste , et cc ou II s'etait &abli utte esp&ce de suspension cc tacite d'hostilites. Efisuite leur ligne s'eloicc ghait de la notre en ffefiiSant sa droite , leur cc pf ojet etait vraisemblabtetnent dfe porter leur cc effort principal strr Vaugirard.
cc L'armee ehnemie flait beaucoup plus forte cc que la notre J cependant nous pouvions especc rer , par nbtre position , de lui resister avec cc avantage en cas d'attaqne de sa part, mais cc non je crois , de l'atttfquei- nous-memes avec cc un succfcs deciiif ; eft partil cas ii faut une cc victoire complete. II faflait pouvoir itaettre cc lartnfe ennemie datis une deroute absolue , cc ou ne rien entreprendre ; autrement , comme cc nous 6tions obliges de rester apres Paction cc pour couvrir Paris contre ses nouveaux rencc forts et ses corps de reserve , elle nous aurait
( 25o ) cc toujours tenus dans la meme peiplexite , pri- « yes , par une premifere affaire , d'une grande cc partie de nos moyens ; il rfurait fallu que nous cc eussions assez de troupes pour former un corps <c d'observations qui eut agi sur les flancsde <c Pennemi , afin de Pinquieter et de le pour- <c suivre apreslui avoir faitessuyer un premier cc revers. Mais nous etions loin de pouvbir nous <c detacher d'une partie de nos forces , et c'eut <c ete une grande impradence de nous eloigner <c du point qu'il fallait couvrir avant tout L'en- <c nemi , comme je l'ai dejk dit , avait refuse cc sa droite sur laquelle nous aurions pu avoir cc Pavantage, et il aurait fallu Pallerchercher: cc elle avait sa retraite sur les hauteurs de CMcc tillon et de Meudon ; et pendant que nous cc nous serions trouves engages de ce cote pour cc obtenir un succes qui ne pouvait decider de cc rien , Pennemi aurait dirige son attaque sur cc Vaugirard , ou nous n'aurions plus ete en cc mesure de lui resister.
cc Tel eut ete le resultat , plus que probable , cc d'une attaque inconsideree j et cependant il cc aurait bien fallu s'y decider , si Pennemi se cc fut obstine plus long-tems k refuser la concc vention qui lui etait proposee ; car nous avions cc h. craindre surtout que , sans nous livrer ba- «c taille , il continuat de nous cerner > de nous
( a5i ) «c resserrer de plus en plus , de nous couper le cc reste de nos communications , et enfin de se «c retrancher tout autour de la place , au point cc de nous empecher de faire une trouee pour cc gagner la Loire.
cc Je crois que la defense a ete poussee aussi cc loin qu'elle pouyait aller, et qu'il a fallu <c meme autant de bonheur que de circonspeccc tion, pour eviter l'affreuse catastrophe que cc nous ayions i* redouter. Notre objet principal cc a ete rempli; nous avons sauve la capitale: cc nous avons reussi a temporiser suffisamment , cc pour que les debris dissemines de notre arcc Jnee pussent se rallier sous ses murs , pour cc qu'elle fut reorgamsee , et qu'elle fit craincc dre k Pennemi le resultat d'une affaire decicc sive. Nous avons constamment maintenu le cc calme dans la ville , et la securite parmi les cc ha bi tans ; en quoi la garde nationale > et son cc digne commandant , M. le marechal prince cc d'Esling , ont rendu des services inapprecia- <£ bles. Enfin , les deliberations des Ghambres cc ont ete libres , et nous ne leur avons remis cc nos pouvoirs que lorsque les ennemis ont cc occupe le lieu de nos seances , et que nous cc ayant intime Pordre de leur faire payer 100 cc millions de francs , et fourhir une prodia gieuse quantite d'effets pour Pbabiliement
<st et Pequlpement de leur armee , nous avons <c reconnu que , dans notre position , nous ne « pouvions plus £tre que des instramens d'opcc p res si on pour nos concitoyens.
cc Je terminerai cet expose par une inflexion (( qui , sans doute , a de}& frappee toutes les « personnes impartiales : c'est que nous n'avons cc rien neglige pour sauver la ville de Paris des (( desastres dont elle etait roenacee, et pour cc obtenir une suspension d'armes , qui ne ponce vait evidemment avoir d'autre but que de la cc faire rentrer , sans effusion de sang , sous cc Pobeissance du Roi , tandis que les allies , cc qui etaient censes Passi6ger en son nom , cc nous poussaient au desespoir par leur refos cc obstin£ , en nous placant entre le deshoncc neur de nous rendre & discretion , avec Parcc mee prisonnifere , et la n6cessit6 de nous encc setelir sous les mines de cette capitale. Dans cc cette affreuse alternative , ou nous nous somcc mes vus plusieurs jours , nous primes la cc resolution de proposer un uUitnMum , qui cc assur&t la conservation de Paris et la rcJraite cc de Parmee , ou de nous faiite jtf&r Peipee k cc la main , si cette convention eftait rtfusee. cc Hcureusement elle ne le fat poibt , et les cc alarnies cessferent. Ainsi , en tetnporisant « comme nous Pavons fait , jusqu'k ce que no*
a troupes fussent ralliees , en emp£chant les
<c partis de se prononcer , en contenant Pim-
<c patience du soldat , nous sommes jparvenus
cc k conserver intact le noble et precieux depot
cc qui nous eta it confie. II me semble done,
cc que le fils d'Henri IV ne peut nous sayoir
cc mauvais gre , de ce que nous lui avons
cc epargne k douleur de ne retrouver k la place
cc de sa bonne ville de Paris , que des d^com-
cc bres et un deuil universe 1 (17). »
La publicite de cet ecrit de Carnot ftit , pour les ecrivains a gages le signal d'une nouvelle attaque. lis furent si effrenes dans leurs farouches productions , que 1'indignation qu'ils exciterent dans l'dme des railitaires etrangers, alia jusqu'au courroux. lis firent prier Carnot de leur transmettre le nom de ces pamphletaires forcenes , qui , comme les reptiles qui se nourrissent de venin , cherchent dans le fiel qui decoule de leur plume , une ressource k leur misfere ou un soulagement k leur bile. La justice qu'ils en auraient faite cut ete une sorte d'execution militaire.
Carnot, on le presume bien, n'accueillit point les offres de cette indignation excessive. Les militaires s'adresserent alors k des personnes qu'ils savjuent tenir k Carnot , par des liens puissans: leur moderation fut la meme;
( 254 ) ils auraient afflige Carnot , et demerite aupres de lui , s'ils ayaient cede k des instances extremes.
Les Chambres s'avan^aient ; leur composition etait connue : personne n'a ete trompe dans ses conjectures sur les produits de cette reunion. Depuis long-tems Carnot avait acquis en detail la connaissance d'un grand nombre de deputes qui devaient avoir une influence directe sur ie sort de la France et des Fran- $ais; et.il n'hesita pas k accepter les passeports dont les puissances du Nord lui ayaient ftitl'offre. lis etaient revetus d'avance del'autorisation que les Souverains ayaient eux-memes pris le soin de demander au ministre de la police generate de France, munie du sceau royal, elle porte la date du 8 octobre i8i5.
Carnot faisait k sa campagne ses apprets de depart , lorsque , le 1 2 , le sous-prefet de son. arrondissement lui notifia Pordre de se rendre k la sous-prefecture pour y recevoir un passeport. Porteur de l'autorisation du ministre de la police , datee du 8 , il aurait bien pu ne pas faire cas de l'ordre portant la date du 1 2 ," emane d'un fonctionnaire subalterne ; il se mit neanmoins en voyage le 1 3 : il brava le danger d'une arrestation , dont il courait la chance sur la route j et le sous-prefet lui presenta ua
( 255 ) passe-port , sur lequel , h cote de sa signature , il devait s'obliger h se rendre de suite a Blois , pour y rester sous la surveillance des • autorites locales.
Retranche derriere l'autorisation du ministre de la police generate , datee du 8 , Caniot argumenta contre la mise en surveillance resultant d'un acte du 6 , consequemment anterieur a celui du ministre,et consequemment encore annulepar celui-ci: lesous-prefetn'entendit a aucun calcul , a aucun rapprochement de dates. Carnot se resigna ; il accepta le passe-pprt que lui remit le sous-prefet j et pour la premiere fois de sa vie, il rusa.
Pour se soustraire k ce qu'offraient d'equivoque deux actes contradictoires , malgre leurs dates si rapprochees , des le i5 , il s'achemina , non vers Blois , mais vers l'etranger ; et le 1 7 , il avait franchi la frontiere.
En quittant sa campagne , Carnot avait feint de se diriger vers Paris , pour , a l'aide d'une contre-marche , faire perdre sa trace. On l'y crut cache ; sa maison et celles de ses amis furent des-lors les points d'une rigoureuso surveillance. Les investigateurs , les agens de la police n'abandonnerent les postes auxquels , pendant plusieurs jours , ils s'etaient releves ,
( 2 56 ) gne quand en eut appris presqu'officiellement qu'il etait Uois de Fraace (i8),
Le 12 Janvier 181 6 ? Pordonnauce du Roi •du 24 juilletfut convertieen loi pas les Chambres. Cette loi n'aggrava nin'adoucit lesortde Caraot. II est reste assujeti a la rigueur et aux dispositions de Particle 2 de Pordonnance.
II est doux de penser que cette rigueur a emu des coeqxs gencreux ? et les a eleves audessus des considerations 4q circonstances.
L'opinion 4p M- fe tfroglie , pair de France , sur Paronistic, est une soxte de rafraichissement pour }e^ kayos franchises, touchees ies malheurs dps Franjaj^, k (juelque titre que l'infortune les frappe. Je dois , pour bien finir ce chapitre, extraire ici quelque phrases du discours de oet honorable pair.
cc La seconde liste (du 24 juillet) est le cc point delicat. A Dieu ne plaise qu'il entre cc dans ma pensee d'insulter k qui que ce soit : cc le malheur a ses droits ; et e'est un grand cc malheur d'attacher son ndm aux plus funescc tes epoques de nos annates. Tel est le sort cc de plusieurs de ceux qui figurent sur la (C deuxieme liste ; mais si Popinion leur est rice goureuse, le droit commun, la loi du pays cc ne doit pas les abandonner. Bien loin de <jc croire que la patrie soit quitte de tout soin
< *5 7 ) «: envers eux , et puisse se jouer de leurs droits
xc et de leurs personnes , j'estime , au contraire ,
«c que c'est elle qui leur doit , entre tous les
cc pays une genereuse protection. C'est parrai
ic nous seulement qu'ils peuvent trouver des
m appreciateurs equitables de nos terns malheu-
<C reux , une juste indulgence , et un repos dont
<c nous avons tous besoin. Hors de France ,
<c proscrits apres vingt annees , on ne les ac-
c< cueillera plus que comme les auteurs de nos
cc miseres et de nos desastres ; partout ils seront
cc retutes : on leur imputera des crimes qui ne
cc leur appartiennent pas.
cc Nul en cela ne sera injuste que nous-me-
<c mes. C'est nous qui egarons le jugement de
cc nos yoisins , puisque nous frappons le pre-
cc sent pour le passe , puisque nous reunissons ,
cc pour en faire un crime , une faute qui n'existe
<c pas , avec des fautes qui sont pardonnees.
<c Car , vous le savez , les noms de ceux que
cc je d£signe ne furent pas meme prononces
cc dans les evenemens du 20 mars. On peut
cc croire qu'ils ne sont places sur la liste , que
cc pour rehausser par leur eclat l'obscurite de
cc quelques autres. *
cc J'ouvrirais Phistoire d'Angleteire , et je cc chercherais dans le proces de Strafford , tout cc ce qu'a inspire des reflexions eloquentes , <c l'injustice de rassembler des feits epars, de cc cumuler des actions qui ne sont pas puniscc sables , ayec d'autres qui sont innocentes , cc pour en composer un nouyeau crime , et ea cc ecraser un enneini. Nul n'est poursuivi ea cc France , pour avoir signe l'acte additionnel ; cc tous les votes de la revolution sont k l'abii cc de Particle XI de la Charte. Qu'on n'argucc mente pas de la nature de celui-ci; c'est cc precisement Ik ou Particle est indispensa— cc ble ; qu'il est sacre. S'il tombe aujourd'bui , cc vingt-cinq ans de revolution demeurent k cc decouvert, et ce n'est plus au 20 mars qu'il cc faut songer. »