‹ CarnotChapitre 25 sur 42 · LES MCEURS DE MON VILLAGE · texte numérisé non relu

LES MCEURS DE MON VILLAGE

Autrefois, dans mon village, On en usait sans facon; Le bon ton, le bel usage ft'Staient connvs que de nom :

Aujourd'hui dans notre asile Les beaux-arts ont pen&re, Et Ton est , com me a la ville , £l<Sgant et manierd.

Autrefois, dans mon village.

On s'aimait tout bdtemetit, fit d'un joli persiflage Oh ignorait l'agrgihent; Mais dans le talent utile De d^chirer sdn ami, ' JPresfcfu'aussi bien qu*a la ville , On rtussit aujourd'hui.

On avait la bcmfromie Avec peu d'etre content; On passait toute la vie • A rire et chanter gaiment; Mais d'uue joie inutile On est fort Bieh revenu j Et , fcresqu'aritaiit qu'a la ville, Le plaisif est in coon u.

(26 9 > On eut toujours la sottise D'economiser ses biens; El chacun, suivant sa guise 9 Faisait valoir ses moyens :

On n'est plus si malhabile, On mange ce qu'on n'a pas; On jeune comme & la yille, Pour donner de grands repas*

Chacun allait le dimanche

£couter notre cure" :

Tout vieillard a grande manche,

Tout docte etait reverb :

Main tenant sur Ftvangile

On raisonne en avocat;

Et , de m^me qu'a la ville ,

Chacun veut regler l'£tat.

D'un amour de tourterelle On languissait tristement; C'etait assez d'etre belle Pour captiver un araant ; A present c'est inutile.

On calcule beaucoup mieu$; Et For , tout comme a U vtfle,, L'emporte sur les bea,ux.yeu*.

En bibou dans nos menages Chacun faisait ses enfaus; Les femmes e'taient sauvages, Les maris recalcitraos :

Aujourd'hui tout est docile An bon vouloir des amans, Et presqu'autant qu'a la \ille Les epoux sont complabans.

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La timide pastourelle Ignorait le nora d'amour , N'osait lever la prunelle ' Et travaillait tout le jour r Mainfenant elle est subtile , S'enflamme a coramandement »' Et sait, tout com me a la ville, Vous aimer pour votre argent.

Sa chanson Jamais et Pourtant est le portrait d'aprefl nature d'une de ces prudes surannees a qui , sans qu'elles s'en doutent, on arrache des aveux qu'elles voudraient bien rattraper ; mais qui suffisent, meW au plus etourdi, pour abandonner 1'antique belle a sa confusion*

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