LES MCEURS DE MON VILLAGE
Autrefois, dans mon village, On en usait sans facon; Le bon ton, le bel usage ft'Staient connvs que de nom :
Aujourd'hui dans notre asile Les beaux-arts ont pen&re, Et Ton est , com me a la ville , £l<Sgant et manierd.
Autrefois, dans mon village.
On s'aimait tout bdtemetit, fit d'un joli persiflage Oh ignorait l'agrgihent; Mais dans le talent utile De d^chirer sdn ami, ' JPresfcfu'aussi bien qu*a la ville , On rtussit aujourd'hui.
On avait la bcmfromie Avec peu d'etre content; On passait toute la vie • A rire et chanter gaiment; Mais d'uue joie inutile On est fort Bieh revenu j Et , fcresqu'aritaiit qu'a la ville, Le plaisif est in coon u.
(26 9 > On eut toujours la sottise D'economiser ses biens; El chacun, suivant sa guise 9 Faisait valoir ses moyens :
On n'est plus si malhabile, On mange ce qu'on n'a pas; On jeune comme & la yille, Pour donner de grands repas*
Chacun allait le dimanche
£couter notre cure" :
Tout vieillard a grande manche,
Tout docte etait reverb :
Main tenant sur Ftvangile
On raisonne en avocat;
Et , de m^me qu'a la ville ,
Chacun veut regler l'£tat.
D'un amour de tourterelle On languissait tristement; C'etait assez d'etre belle Pour captiver un araant ; A present c'est inutile.
On calcule beaucoup mieu$; Et For , tout comme a U vtfle,, L'emporte sur les bea,ux.yeu*.
En bibou dans nos menages Chacun faisait ses enfaus; Les femmes e'taient sauvages, Les maris recalcitraos :
Aujourd'hui tout est docile An bon vouloir des amans, Et presqu'autant qu'a la \ille Les epoux sont complabans.
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La timide pastourelle Ignorait le nora d'amour , N'osait lever la prunelle ' Et travaillait tout le jour r Mainfenant elle est subtile , S'enflamme a coramandement »' Et sait, tout com me a la ville, Vous aimer pour votre argent.
Sa chanson Jamais et Pourtant est le portrait d'aprefl nature d'une de ces prudes surannees a qui , sans qu'elles s'en doutent, on arrache des aveux qu'elles voudraient bien rattraper ; mais qui suffisent, meW au plus etourdi, pour abandonner 1'antique belle a sa confusion*