PLAIDOYER
JDu sieur M. N. RIOUST , sur la nullitS da la saisie de son outrage ay ant pour litre CARNOT , pour ipigtaphe firuitur famk suij et sur Paction contre lui intense par U MinUUre public a Poccasion de cet 4crit.
Messieurs,
J e suis appel^ detant vous au nom d'une ioi , kors des atteintes de laquelle ma conscience me disait que je serais toujours lorsquelle fat tendue. Elle me dit bieft plus haut que je suis k 1'abri de ses coups , depuis qu'au lieu de faits , je suis ici pour mes intentions.
Mes intentions ! dies ont ele dfoites , eftes ont ete plires. En composant cet ouvrage , ma pensee premiere se dirigea vers une fin utile.
Avant d'ecrire, je descendis par le senti-* ment dans le c&ur du Roi , et je cms en
servir les affections en en attirant une portion sur Carnot.
Je songeai beaucoup aux interets de ma patrie et k ceux du trone , et' je crus encoref les servir egalement en appelant par ma voix , toute faible qu'elle est , l'attention de Sa Majeste sur Carnot.
Pour la patrie et son chef, qui sont k mes yeux un tout indivisible , tout bon citoyen a droit de prendre les armes. Mes amies k moi , Messieurs , furent toujours mes peasees et leur emission.
Long-tems il fut pour moi de devoir de dire la verite au Roi; je remplissais aupres de l'infortune Louis XVI un ministere imposant. G'est moi qui , au milieu des dangers de tout genre , ( c'etait a la fin de 1 790 , il etait deja captif dans son palais ) c'est moi qui , sous les voutes sacrees , eus ]e courage de soutenir le sien , de fortifier sa belle ame. Je Pavais connue dans ces momens d'abandon ou le coeur ne sait pas feindre ; et Sa Majeste Louis. XVIII, alors Monsieur, frere du Roi, qui m'accordait une bien flatteuse attention, ae se rappelerait pas sans emotion, j'en suis sur , les moyens oratoires a la faveur desquefe j'ecartais des augustes personnes du Roi y de la Reine, de leur Fille et.de .leur Fils inno-
(30 cens , les coups dont , au nom d'une faction
impie , on cherchait a assurer le succ&s ; et jc n'aurais pas en vain rappele vers moi le souvenir de Sa Majeste , si mon amour pour la sollitude n'avait pris soin de lui derober jusqu'a la pensee de mon existence.
Mais aujoinxl'hui , Messieurs, qu'on m^accuse d'avoir plonge , avec respect il est vrai , le poignard dans le coeur du Roi , par un ouvrage ou tout s'adresse, ou tout parle au coeur du Roi , il faut bien que je rompe le silence; mais il faut bien aussi que je vous prouve , Messieurs , que si , en ecrivant sur Caroot , le • souvenir de l'habitude de dire la verite au Prince s'est reveille en moi , je n'ai ni fraucbi la borne du devoir, ni depasse la limite de ma responsibility
Le moment est venti de repousser uneattaque intempesti ve j dd>rendre a leur veritable acoeption mes expt-essions torturees , a lett* vrai sens mes pensees defigurees , a leur integrate mes phrases tronquees, et au tout dfe mon ecrit sa purete primitive.
J'ai caique, Messieurs, mon plan de defense sur le plan d'attaque de M. le Substitut du Procureur du Roi ; et pour detruire radicalement ^impression que , contre moi , son plaidoyer a pu faire , je vais , pour
(4) ainsi parfer , grefier mes reponsfes sur ses reproches.
If. le Substitut da Procurenr da Roi a avance des points qu'il appelle de droit; je les repousserai par de vrais points de droit.
II a , par des inductions pose des point* de fait ; par des demonstrations , je retablirai les points defait.
Sous la qualification de considerations generates , il a eafin voulu £tablir tin plan de jurisprudence pour la question soumise k voire decision ; en analysant ces considerations generates , je combattrai les prindpes sur ksqueb il a b4ti l'edifice nouvetau d'une jurisprudence nouvelle , et j'en tirerai des consequences diametralement opposees aux siennes.
Je m'imposerais , je le sais bien Messieurs , tine tUche immense , si , aux ressouroes , am moyens de tout genre de M. le Substitut da Procureur du Roi , je n'arais k opposer la force de l'etemelle raison , 1'ascendaut de Pimperscriptible verite.