‹ Caroline, comédie-vaudeville en un acteChapitre 12 sur 21 · SAINT-GÉRAN , CAROLINE · texte numérisé non relu

SAINT-GÉRAN , CAROLINE

Il s'en va. . . tant mieux! il ne verra pas que j'ai pleuré.

SAINT-GERAN.

Elle est en effet fort bien. . . Approchez, Caroline. . • je voulais vous unir à nion neveu ; mais il refuse votre main.

CAROLINE, à part , douloureusement.

Il estdonc vrai!

SAINT-GERAN.

Je ne puis lui en vouloir, il m'a avoué qu'il en aimait une autre, et les inclinations sont libres? qu'en dites-vous ?

Ce que vous voudrez»

SAINT-GERAN.

Comment? ce que je voudrai ( à part, d'un air approbatif. ) c'est bien. [haut. ) Je vous demandais si cette résolution vous affligeait,

M'afïïiger!...non? rien maintenant ne peut m'affîiger.

SAINT-GERAN, à part.

Voilà parbleu un heureux caractère. ( Haut ) vous êtes donc contente?

Oui.

Et pourquoi?

Je ne sais !...

SAINT-GERAN.

SAINT-GERAN, à part.

C'est bien. (Haut. ) et s'il se présentait un époux qui ne fut plus de la première jeunesse, et qui vous offrit de vous rendre immensément riche?

À quoi bon ?

SAINT-GERAN.

Par exemple, voilà une question.... G'est admirable!

Air : De Doche.

Quoi ! les diatnans , la parure?

Je n'y tiens pas.

SAINT-GERAN.

Mais cependant, Songez y bien , chacun assure Que par leur éclat séduisant, La beauté même est embellie $ S'il se peut, leur secours divin.

Tous rendrait encor plus jolie.

CAROLINE , douloureusement* Que n'en avais-}* et matin ! (bis.)

SAINT-GERÀN.

Ce malin ou ce soir, la différence n'est pas grande, et vous serez satisfaite. .. Mais que diriez vous si cet époux était moimême? si je voulais rendre la fille rie mon ancien ami libre, heureuse et indépendante, et si, en retour, je ne lui demandais qu'un peu d'amilié ?

CAROLINE, avec expression.

Quoi! vous daignez attacher quelque prix ! .. vous , Monsieur; Vous voulez donc bien que Caroline vous aime.

SAl^T-GÉRAN.

Si je le veux !..* Parlez , commandez , disposez de ma fortune et de moi; je suis un peu b:r>jr>y;e . niais bon diable au fond ; et pour devenir le meilleur homme du monde, je n'avais besoin que de trouvei que- qu'un qui voulut bien m'aimerj vous avez celte bonté là , et c'est d'autant plus beau à vous . que vous êtes la première.!. Mais^ ventrebleu ! je ne serai point ingrat, et vous ser^z heureuse. ... ou le diable m'emporte •■} que ça ne vous fasse pa $ peur*

Oh! non, au contraire.... depuis que j'habite ce château, vous êtes la première personne avec qui il me semble que je sois a mon aise.

SAINT-GERAN.

Et; vous ave?; raison.... voyez-vous ; pas de façons , point de cérémonies.... Ils prétendent que vous n'êtes point une femme savante... Tant mieux ! moi , je ne suis pas non plus un académicien.... nous ne débiterons pars de phrases ni de grands mots.... on peut faire bon ménage sans cela.

Air : Ma belle est la belle des belles*

Si par hasard parler vous gène, Je m'efforcerai Je mon mieux, Pour vous en épargner la peine, D'aller au 'levant de vos vœux; Et s'il est maint éooux peu tendre > Toujours prêta à se quereller , Qui parlent sans jamais s'entendre', Nous nous entendrons sans parler.

Je vais envoyer chez le notaire. .• je complais assurer la fortune de mon neveu, s'il vous avait épousé., mais désormais^ cet article-là est rayé , et vous aurez toute mon bien..,,

Et moi, je n'en veux pas,., vous êtes bon, généreux, et pour une personne que vous connaissez depuis quelques instants , vous ne dépouillerez jpoint voire neveu.

SAINT-GÉRAN , stupéfait.

Comment!.... parbleu , je suis trop heureux I pas d'esprit , et un bon cœur! voilà la femme qu'il me fallait. ... Caroline, c'est bien m} c'est très-bien... ordonne/ } je ferai ce que vous voudrez.

Eh bien! donc, donnez lui cette dot, et qu'il épouse ceîie qu'il aime.

SAINT-GÉRAN

Celle qu'il aime !... mais , savez-vous que ce n'est pas proposable.,. Si vous la connaissiez ! c'est la filleule de ma sœur, celte petite Marianne.

Marianne! Marianne.

SAINT-GÉRAN. gjj

Elle a pour parents d'honnêtes fermiers , il est vrai ; mais une FJ5

fille qui n'a rien , qui ne possède rien. ^

CAROLINE. rq <*

Elle n'a rien !... et elle est aimée. ç ■ tJ}

SAINT- GÉR AN. f

D'accord , mais cela ne constitue pas une dot. £

Sa famille est honnête ! votre neveu en est épris ; que vous ££>

faut-il de plus? Je n'ai pas le droit de dicter votre conduite, ^

mais je sais ce que mon cœur me commande , et je ne consentirai g^ oj

jamais à jouir d'un bonheur dont vous priveriez votre neveu.» £<J SJ '

notre mariage suivra le sien. Jl) 'd

SA1NT-GERAN. g 13

Comment ! l'ai-je bien entendu ? W ^

CAROLINE, avec fermeté. Q

Je vous le répète , ma main est à ce prix. Jfj

' SAINT-GÉRAN;e'towié>. d

Parbleu, Mademoiselle... allons, allons! je suis marié, je n'ai plus de volonté... au faiL, elle a raison... qu'est-ce qu'elle medemande? de sacrifier un peu d'orgeuil, de faire la félicite de mon neveu, et par conséquent la mienne.

Air du Petit Corsaire.

Je sais bien que plus uVun époux A ma place craimlrail ic blâme.

Car ces Messieurs rougissent tous D'être ainsi menés par leur femme.

3e n^i pa6 m» tel poi;>t ^honneur j Quand une femme qu'on admire , Veut nous mener vers le bonhenr, Ma foi , je me laisse conduire.

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