‹ Carpeaux, 1827-1875Chapitre 4 sur 90 · VAN, LL · texte numérisé non relu

VAN, LL

comme une précieuse relique par les enfants du maître, jusqu’au jour où il prendra place dans les glorieuses archives qui intéressent la mémoire de leur père.

Dès 1860, Carpeaux écrivait : « Mon rêve a toujours été de déposer, «soit au Musée, soit aux Académies de Valenciennes, un exemplaire de «chacune des œuvres que je produirai désormais ».

Tout au long de sa glorieuse carrière, il dotera Valenciennes des productions de son génie, autant que les difficultés de la vie le lui permettront ; enfin, aux portes du tombeau, lorsque ses forces le trahissent, son vœu suprême est que toute son oeuvre : sculpture, dessin, peinture, gravure, carnets d’études, etc., soit recueillie au même sanctuaire.

C’est donc J.-B. Carpeaux lui-même qui commença la collection du Musée de sa chère ville natale ; il eût souhaité que son œuvre, largement reproduite et répandue, vînt transmettre à la jeunesse son culte pour les grands maîtres du passé, l’acceptation d’une discipline dans Peffort, la volonté qui réalise les plus hautes conceptions de la pensée.

Les dispositions testamentaires de J.-B. Carpeaux ne purent être strictement accomplies, les tortures de l’illustre agonisant ayant oblitéré son esprit au point de causer un dommage trop complet à ses trois jeunes enfants.

Cependant Madame veuve Carpeaux tint à exécuter, autant que possible, le vœu de son mari et ses dons personnels vinrent s’ajouter à ceux déjà faits par le maître.

Dans sa séance du 8 Février 1881, le Conseil municipal de Valenciennes, voulant répondre aux vues du grand artiste, nommait une Commission composée d’anciens amis de Carpeaux : MM. Julien Dècle, Edmond Fromentin, François Nicolle, chargée de grouper, en originaux ou copies, toutes les œuvres de l’illustre statuaire. Madame Carpeaux facilita largement les acquisitions de la Commission.

Ce premier embryon de Musée attira par la suite des dons généreux et fort précieux. Dès le 24 Septembre 1882, le Musée J.-B. Carpeaux était inauguré. Les collections prirent rapidement une importance très considérable grâce aux libéralités de nombreux amis du célèbre artiste, et de riches amateurs. Parmi les premiers, il faut citer MM. J.-B. Foucart ; Bruno Chérier et sa famille ; les architectes Charles Garnier, Moyaux, Ed. Guillaume ; les peintres Vollon, Alphonse Chigot, Eugène Giraud. Puis vinrent les nombreux envois du marquis de Piennes, ami si fidèle du maître ; ceux du baron Alphonse de Rothschild ; de la duchesse de Mouchy ; du Président Grévy ; de l'Etat ; de la Société d’Agriculture, Sciences et Arts ; de la Société des Incas. etc. M. Carpeaux père offrit le portrait de son fils aîné, Charles Carpeaux.

Parmi tous ces généreux donateurs, le prince Georges Stirbey mérite une

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