‹ Carpeaux, 1827-1875Chapitre 78 sur 90 · CID · texte numérisé non relu

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peaux ait pénétré dans certaines intimités au sommet du rang social et les ait conservées jusqu’à sa mort ? Comment concevoir que l’Empereur lui ait confié l’éducation artistique de son propre fils ? » (1). En voulant rendre Carpeaux populaire, on l’a souvent ridiculisé ; il semble que le temps soit venu d'évoquer cette grande mémoire avec plus de respect et de vérité.

C’est de cette époque que date le beau dessin du Quadrille Impérial à Compiègne, que le Musée du Louvre possède aujourd’hui. A peine libéré du Pavillon de Flore, Carpeaux s’adonne aux grands travaux de l’Opéra.

En 1867, il crée le fier portrait de la Duchesse de Mouchy, dont les beaux bras retiennent une lourde draperie—un marbre figurait au Salon de l’année suivante — ; puis le portrait de M. Rainbeaux, Ecuyer de l'Empereur, daté de 1867 «souvenir du 6 juin » (Allusion à l’attentat de Bérézowski). Le maître fait une étude particulière pour réaliser une tête d’expression L’ Espérance : il établit d’abord un beau torse nu, avec les bras, afin de décider plus sûrement du mouvement de la tête et de la composition décorative, qui existe en deux états. L’un donne un visage couronné de lys ; l’autre le même masque, coiffé de tresses qui l’auréolent de façon imprévue. Le buste de la Candeur est de cette époque.

L’Exposition Universelle de 1867 est pour Carpeaux l’occasion de manifester la force et la souplesse de son talent ; il réunit un ensemble incomparable de ses œuvres. Les marbres d’'Ugsolin, de la Jeune fille à la coquille, (acquis par l'Empereur) (2), le buste et la statue du Prince Impérial, voisinent avec les beaux bronzes des portraits de Me Beauvois, Vaudremer, Eugène Giraud. Une commande importante est faite alors à Carpeaux par la Préfecture de la Seine, qui lui demande un projet de fontaine pour l'Observatoire : au mois de novembre, la maquette était soumise à la Commission des Beaux-Arts et acceptée.

Les années 1867 et 1868 sont particulièrement brillantes à la Cour : elles marquent une ère de prospérité. C’est celle des grandes réceptions officielles. Carpeaux laissera les plus précieuses notations sur cette époque, qui revit étrangement sous son crayon et son pinceau. Le Musée du Louvre a recueilli des esquisses fort intéressantes au point de vue historique : maquettes de Napoléon ITT ; groupe de l’Impératrice et du Prince Impérial ; des toiles pleines d’esprit, Bals aux Tuileries, écho des fêtes éclatantes des Tuileries, sur lesquelles défilent les personnages les plus importants de la Cour, et les hôtes des souverains : le roi de Prusse, le roi des Belges, l'Empereur de Russie, M. de Bismarck, le comte de Metternich etc... La grande composition de l’attentat de Bérézowski s’ajoute à ces

(1) Ernest Chesneau, Le statuaire J.-B. Carpeaux, sa vie, son œuvre (1880). (2) L’'Impératrice acquiert le premier marbre du Pécheur napolitain qui figure à la même exposition.

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