‹ Carpeaux peintre et graveurChapitre 4 sur 9 · T. IV, p · texte numérisé non relu

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3. Elle a bien voulu nous autoriser à reproduire celle qui illustre, en cul-delampe, la fin de cet article.

4° Notre-Dame du Saint-Cordon. En 1008, la Vierge délivra Val enciennes de la peste qui la ravageait, en jetant autour de la cité un immense cordon qui arrêta le fléau. Cet événement est encore célébré, le 8 septembre de chaque année, par une procession et un pèlerinage. L'eau-forte de Carpeaux est inspirée par la légende locale qui a donné son nom à l'église principale de la ville, Notre- Dame du Saint-Cordon. Cette dernière planche ne ligure pas dans l'ancien catalogue du musée, ayant été achetée en 1898 à la vente après décès de l'avocat Foucart, ami et premier protecteur de Carpeaux. Les autres sont inscrites sous les nos 78-81. Les nos 82 et 83 (études de têtes et grotesques) sont sans doute des eaux-forteè du jeune Paul-Émile Foucart, retouchées par Carpeaux, comme l'indique la signature : « Carpeaux et P. Foucart fecerunt, 1860 ».

Enfin, pour compléter jusqu'à plus ample informé le catalogue de l'œuvre gravé, il faut signaler deux pièces dont M. Alfred Beurdeley possède de bonnes épreuves. Sur l'une, qui est une feuille de croquis divers, on voit le profil d'une tête antique, rappelant les belles effigies des monnaies siciliennes : une Louve romaine, et un paysage. L'autre est datée de 1874 et porte une dédicace (« à l'ami Marcellin ») : c'est le portrait d'un vieil homme barbu, avec un foulard autour du cou et un chapeau mou sur la tête. Elle n'a pas la même sûreté; le cuivre semble égratigné d'une main tremblante; la facture, autant que la date, évoque les années de souffrances et de maladie.

Si les planches de Carpeaux ne nous offrent rien de comparable à la rare beauté qu'un autre maître de la sculpture, M. Rodin, a su mettre dans ses précieuses eaux-fortes, elles ont cependant pour nous plus qu'un intérêt de curiosité. Notre-Dame du Saint-Cordon est une composition très curieuse, où la trouvaille du geste, la grâce du sentiment et le charme de l'enveloppe font oublier une certaine mollesse de la technique. Au contraire, Carpeaux semble tout à fait maître de son métier dans la feuille de croquis appartenant à la collection Beurdeley.

Carpeaux ne demande à la gravure qu'une distraction intermittente. Le crayon et le pinceau furent en tout temps pour lui des instruments aussi familiers que l'ébauchoir. Son instinct de coloriste le pousse à rechercher, comme l'avait fait son illustre compatriote Watteau, la chaleur que donne au dessin la combinaison du crayon noir et de la sanguine sur le papier teinté. Dans l'album du Louvre, le même feuillet réunit deux charmants exemples de cette

manière. Ce sont deux profils de femmes : l'une a sur la tête une mantille blanche, l'autre est coiffée d'une toque noire et drapée dans un châle rayé de noii' et de rouge. A côté de cette page, il y a des caricatures, également au crayon noir et à la sanguine, où la ligne en mouvement est saisie par un trait à la fois onduleux et

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