‹ Cartells et trustsChapitre 27 sur 87 · Gru^ïZEL, op. ciL, p. 242-2c · texte numérisé non relu

Gru^ïZEL, op. ciL, p. 242-2c

du prix du pétrole au-dessus de 18 florins les 100 kilos, le prix du pétrole brut étant de 3 florins les 100 kilos. Les statuts du cartell revisés en 1899 limitaient la production et créaient un bureau de vente. Mais en 1900 la concurrence des raffineries indépendantes qui vendaient moins cher que le cartell et consentaient des escomptes plus forts est devenue redoutable. Le cartell s'est dissous le l'^'' avril 1901, mais sera sans doute reconstitué.

Cartell du sucre K — La concurrence illimitée et la surproduction ont déterminé en octobre 1891 la formation d'un premier cartell du sucre, cartell de partage du marché intérieur qui fut dissous en 1894 en raison d'une baisse subite de 50 7o sur les cours du sucre brut.

Le cartell se reforma en 1895. Le quantum de la consommation probable était évalué et chaque raffinerie pouvait écouler une quantité proportionnelle de sa production dans une zone donnée. Mais l'expérience prouva qu'une entente avec les fabricants de sucre brut était indispensable, car le consommateur autrichien en cas de hausse du raffiné se contentait fort bien de sucre brut.

L'entente fut conclue en 1897. Les fabricants de sucre brut s'engagèrent à ne vendre leur production à Vintèrieur qu'aux raffineries syndiquées ; ils restaient maîtres de leur exportation. De leur côté, les raffineurs garantirent aux fabricants le prix de 30 couronnes (31 fr. 50) les 100 kilos de sucre brut livré sur le marché intérieur. En fait, les raffineurs payaient au jour de l'a-

\. Journal des Economistes de décembre 19(M, p. 351, article de M. de Molinari. — Revue d'Economie politique, mars 1902, article du D*" Hoto^ vetz. — Gau.xzEL, op. cit., p. 275-287. -^ Industrial, Commission t. XVIII, p. 106.

châtie prix fixé parle cours du sucrebrut destiné à Texportation; puis, à la fin du mois, ils remboursaient au cartellla différence entre le prix ainsi fixé (25 couronnes par exemple) et le prix garanti de 30 couronnes. Ces sommes étaient réparties entre les fabriques de sucre brut au prorata de leurs ventes. — Le cartell sucrier autrichien, comme les syndicats français et allemand, est évidemment atteint par la conférence de Bruxelles qui a décidé la suppression de toutes les primes d'exportation. Il ne pourra plus exporter ses produits dans des conditions de bon marché dont le consommateur autrichien ferait tous les frais.

Citons parmi les cartells les plus importants après ceux qui précèdent :

Dans la papeterie. — Celui des papiers peints [Buntpapier), créé en 1893 avec bureau de vente géré par la Landerbank; celui des fabriques de parchemin créé en 1898 pour lutter contre la concurrence — hélas! trop rarement signalée — de Findustrie française.

Le cartell d'exportation de l'émail a été substitué en 1900 à un cartell de vente et de répartition qui s'est dissous.

Le cartell du ciment est un syndicat de répartition. Celui du kaolin (1898) limite la production et se charge de la vente des produits.

Le cartell des engrais chimiques (1898) a procédé à un partage du marché intérieur qu'il dispute péniblement à l'importation allemande.

Le cartell des glaceries a été reconstitué en 1895; c'est un. syndicat de vente de même que le cartell de

soude.

i^lusieurs cartells de fabricants de ficelle ont suc-

isivement échoué. Le plus récent a été dissous en

)2. S'exagérant les chances qu'il pouvait avoir d'ac-

CAnTELLS ET TRUSTS.

i exportations, il avait activé imprudemment tion : d'où surproduction et forte baisse.

ell des allumettes (juin 1901) n'est qu'un synportation.

e enfin des cartells de brasseurs (Vienne, int les membres s'interdisent toute baisse de essous d'un certain minimum et s'engagent à [reprendre sur leur clientèle respective.

trie du zinc offre l'exemple peut-être unique t autrichien. Les principales usines autriont fusionné en 1899 et leur actif a été repris ompagnie anonyme au capital de 6 millions

e économique des cartells autricbiena.

se montre en Autriche plus hostile aux n Allemagne.

m pays, affirme l'Jndustrial Commiision (t. XVIII, t public n'est plus voisin qu'en Autriche de révaut aux États-Unis à l'égard des ententes indusnombre de ces ententes est considérable et dans bien rexemple dans les industries du fer etdu sucre, elles la production d'objeis de consommation courante, de attention du public s'est portée sur elles. ■

;ul américain à Trieste précise davantage ' et ue :

resque tous les cas le cartel! a renchéri les prix de dépens du consommateur. Ainsi le cartel! des glaces nt augmenté de 50 •/„ le prix des vitres de portas, s de prix aussi subites et injustifiables crot souievi^ ves critiques dans les masses populaires. ■

n Europe, p. vt

Il paraît certain en effet qu'une hausse assez marquée a, dans nombre de cas, suivi la formation des cartells autrichiens. Ainsi l'écart entre le prix du sucre brut et celui du raffiné \ c'est-à-dire le coût du raffinage augmenté du bénéfice du raffineur n'était en 1891, lors de la formation du premier cartell, que de 4 florins 75 par 100 kilos. Après la naissance du syndicat, la marge s'élève à 8 florins 75 en 1892, à 9 florins 30 en 1893, à 10 florins 5 en 1894. De nouvelles raflineries indépendantes se fondent alors et la marge s'abaisse aussitôt à 6 et à 4 florins (janvier-octobre 1895) pour se relever, après que le cartell a traité avec ses concurrents, à 8 et jusqu'à 12 florins. Un droit de douane élevé écartait en effet jusqu'en 1902 pour le raffineur tout danger de concurrence étrangère.

Le cartell du pétrole a lui aussi augmenté les prix de vente de ce produit. En 1892, sous le régime de la concurrence, le pétrole raffiné était coté 14 florins 50 à 15 florins les 100 kilos. Après la formation du syndicat, les cours montent à 16 florins 50 (1893), 19,25 (1895) et 18,50 (1896-97). A cette date le cartell se dissout et les prix baissent à 14,50 en 1897, 15,75 en 1898 ^. Mais, le syndicat s'étant reformé en 1898, les cours sont portés de 18 florins 40 à 19,75 en 1899 et jusqu'à 20 florins 25 en 1900. Toutefois et bien qu'il ait abusé du monopole de fait qu'il s'est créé, le cartell n'a pas élevé les prix autant qu'il eût pu le faire en présence du droit de douane formidable qui pèse sur le

1. D'après M. de Molinari {Journal des Economistes, loc. cit.), le cartell autrichien du sucre prélève annuellement un tribut de 58 millions sur le consommateur (35 millions pour la raffinerie et 23 pour la fabrique). Ce calcul ressort, comme en ce qui concerne le cartell allemand, 9. stepra, p. 50, de la comparaison entre le prix du sucre vendu- à l'étranger et à l'intérieur.

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